Le Monde arabe à la recherche de sa dignité spoliée

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Les arabes auront-ils un jour l’audace de boycotter la Mecque? 

J’ai été dans une voiture d’une collègue de retour à la maison lorsque la radio annonça la fuite du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali vers la France à la suite de plusieurs jours de larges protestations des tunisiens et des tunisiennes. C’était  une bonne nouvelle. Zine El Abidine Ben Ali constitue pour moi un des symboles la dictature moderne dans les pays du monde arabe. 

De tels dirigeants grisés par le pouvoir appauvrissent le peuple, engraissent leur poches, acculent les gens au désespoir et les réduisent à la servilité. Ils répriment l’intelligence et la créativité, protègent leurs complices les plus effrontés, récompensent leurs sbires les plus féroces et servent généreusement leurs oulémas obséquieux, leur intellectuels et leurs  journalistes les plus corrompus sans oublier de jeter d’innombrables miettes dans leur basses-cours emplies de castrés, de prostituées, de lèche-bottes et des masochistes affirmés. 

En arrivant chez moi, j’ai immédiatement mis mon ordinateur en marche et commencé à chercher les dernières nouvelles de Zine El Abidine Ben Ali sur l’Internet. Les dépêches du moment notaient que les responsables de la France étaient en réunion pour délibérer sur le cas de Zine El Abidine Ben Ali et que ce dernier se trouverait à Malte en route vers la France. J’en ai immédiatement conclu que la France ne serait pas heureuse en recevant un hôte aussi encombrant, en proie de devenir une « brebis galeuse ». 

Le lendemain, j’ai appris par un ami tunisien que Zine El Abidine Ben Ali s’est installé en Arabie Saoudite. Quelle connivence peut-t-il y avoir entre le Serviteur proclamé des Lieux Saints et le lauréat de l’école militaire française de Saint-Cyr ??!! J’aurais aimé entendre que Zine El Abidine Ben Ali s’est refugié en Israël plutôt qu’en Arabie Saoudite. Je crois aussi qu’il est temps de remettre en question le statut de Serviteur des Lieux Saints de l’Islam que le roi de l’Arabie s’attribue. Mieux encore, les musulmans auront-ils un jour l’audace de boycotter la Mecque (Pèlerinage et Oumra) pour manifester leur colère contre le roi de l’Arabie et ses homologues arabes?

A mon humble avis, cette arme là devrait être utilisée depuis que les dirigeants arabes avaient accepté la présence des bases militaires américaines (http://www.dailymotion.com/video/x4tv3b_sommet-arabe-du-caire-1990_news) destinées à la destruction de l’Irak afin de ramener ce pays à l’âge de la pierre comme l’avait annoncé Bush le Senior. Présentement, ce sont les dirigeants arabes qui sont l’ennemi numéro Un des peuples arabes. Zine El Abidine Ben Ali et ses homologues arabes avaient tout fait pour se moquer de leurs peuples et de leur aspiration à la démocratie et à la modernité. Ils ont sapé la fierté d’appartenance au monde arabe et conduit tous les arabes au désespoir. Ils ont transformé les républiques arabes en dynasties présidentielles héréditaires absolues au nom de la démocratie. Ils ont abandonné l’Irak en pâture aux américains sans scrupules. Ils ont retourné l’arsenal de l’armée contre leurs peuples sans défense au lieu de l »exploiter dans des causes plus nobles (http://videos.tf1.fr/jt-13h/le-13-heures-du-23-fevrier-2011-6287803.html). Ils ont réduit la population à la pauvreté totale. Ils ont donné raison aux islamistes kamikazes qui s’érigeaient par moment en héros de la révolte contre les tyrans des mondes arabe et musulman. 

A l’instar de nombreux crédules arabes, j’ai été fier de Zine El Abidine Ben Ali lorsqu’il avait donné une très belle promesse après avoir destitué son prédécesseur Lahbib Bourguiba. Il avait ainsi promis que le mandat du septennat présidentiel tunisien ne sera renouvelé qu’une seule fois à l’instar des démocraties occidentales. Cette belle promesse a été bel et bien oubliée car elle n’était pour le président putschiste qu’un subterfuge pour gagner du temps en attendant de faire asseoir et raffermir son autorité pour resserrer par la suite l’étau jusqu’au bout autour de la démocratie sous les yeux des Etats-Unis qui, eux, s’efforcent en vain à prendre la place du peuple irakien pour renverser Saddam Hussein et instaurer une démocratie à l’occidentale.

Depuis la chute de Saddam Hussein, c’est souvent Al Qaida qui se vit annoncée le redoutable ennemi des Etats-Unis en Irak, en Afghanistan et un peu par tout à travers le monde. La voix armée d’Al Qaida est devenue largement audible et redoutée que la voix de a Ligue arabe. Al Qaida avait menacé la stabilité interne de l’Arabie Saoudite à travers ses épisodiques attaques meurtrières et ses affrontements hollywoodiens avec des éléments de forces saoudiennes. C’est dans ce contexte que de nombreuses voix se sont élevées réclamant des réformes au serviteur des Lieux Saints de l’Islam. Contre toute attente et dans une résolution qui outrepasse tout entendement, la famille royale de l’Arabie Saoudite décida non seulement d’anéantir l’opposition armée se réclamant d’Al Qaida mais également et surtout d’étouffer les réclamations de reformes politiques. En agissant ainsi, la famille royale avait donnée un message clair. L’opposition armée est à la fois plus audible et crédible que l’opposition pacifique. Une fois encore, les Etats-Unis ont préféré fermer les yeux et laisser la famille serrer davantage l’étau autour de toute les formes de contestation et contre toutes les demandes de reforme. Les pacifistes avaient reçu un traitement non moins infligeant que le traitement réservé à Al Qaida.

Au fond, la situation est la même dans les pays arabes qu’ils soient riches comme l’Arabie saoudite ou pauvres comme la Mauritanie. Les peuples souffrent et s’étouffent sous l’autorité infernale de leurs rois et présidents. La révolte populaire de la Tunisie n’est que le résultat du désespoir absolu d’une jeunesse qui n’en peut plus. La Tunisie avait ainsi ouvert le Ball de la révolte populaire dans le monde arabe. La vague des révoltes avait ainsi gagné l’Egypte et fait tomber Hosni Moubarak sans épargner dèautres pays.(http://www.dailymotion.com/video/xgl1is_arabie-saoudite-pays-d-accueil-des-dictateurs-arabes_news). Les autres rois et présidents continuent de résister contre la volonté de leurs peuples. Kaddafi est le symbole de cette résistance. Il a n’a pas hésité à utiliser son armée et ses sbires pour mater les manifestants. Il a même osé utiliser les éléments issus de l’Afrique subsaharienne contre ses propres concitoyens protestataires.

Ces rois et présidents qui semblent s’accrocher aveuglement au pouvoir malgré les manifestations ne sont pas dupes en fin de compte. Ils savent très bien que les vrais changements dans le monde arabes sont difficiles à réaliser par les protestations populaires sans le concours d’autres éléments incontournables. Ces éléments sont à mon humble avis au nombre de cinq: 

  1. Il faudra tout d’abord une forte prise de conscience de la population des causes et des raisons de son exploitation et de sa servilité par les régimes en place et, enfin et surtout, la détermination à faire aboutir ses revendications.
  2. Il faudra ensuite un organisateur ou d’un leader de référence qui peut jouer le rôle de fédérateur de l’ensemble des courants en place. C’est exactement ce que les régimes ont place ont toujours tenté de juguler et de tuer dans l’œuf.
  3. Il faudra aussi le financement disponible pour sustenter les protestations soutenues; chose qui n’est pas évidente dans nombre de cas de pays arabes.
  4. Il faudra aussi un appui étranger provenant d’autres puissances régionales ou internationales. 
  5. Enfin, il faudra la neutralité de l’Armée.

Or, tout un chacun sait bien que c’est l’armée qui appuie ces régimes. Il ne faut pas se leurrer là dessus. Il convient bien de se demander qui a couvert le transfuge de Zine el Abidine Benali ?? N’était-ce pas l’armée? Hosni Moubarak et son armée ont bien compris la leçon et ses conséquences. C’est bien pourquoi Housni Moubarak avait dit aux protestataires : « Je suis né en Egypte, je vais rester en Egypte et je vais mourir en Egypte». Lorsqu’il a dû se résigner, l’Armée l’avait mis en résidence surveillée à Charam Cheikh, une localité qui satisfait les égyptiens par ce qu’elle évoque dans l’imaginaire des arabes de connivences entre Hosni Moubarak et ses voisins IsraéliensL’Armée égyptienne avait ainsi ménagé les autres puissances en évitant le transfuge de Hosni Moubarak vers un autre pays comme l’Arabie Saoudite. Le roi Abdellah lui-même aurait réalisé l’ampleur de son erreur de jugement en abritant Zine Ekl abidine Ben Ali surtout que larmée tunisienne, qui avait couvert le transfuge, est maintenant entrain de demander lextradition du fugitif vers la Tunisie afin d’apaiser la colère populaire tunisienne.

En somme, les peuples arabes n’ont pas encore réalisé leurs aspirations car les tentacules des régimes sont toujours en place. Il s’agit juste de révoltes populaires à l’affût de la dignité arabe spoliée durant de longues décennies de souffrance et de désespoir. La bataille n’est pas encore gagnée. Mais c’est tout de même un bon départ vers la reconquête de la dignité spoliée. J’en suis très fier en tant qu’originaire d’un pays arabe. Je demande à tout un chacun de mes lecteurs de s’incliner avec moi humblement, avec révérence, devant les protestataires pacifiques et les martyres de la révolte qui ont réalisé ces exploits sans précédent. (http://www.france24.com/fr/20110208-egypte-caire-moubarak-mouvement-place-tahrir-manifestation-revolte-live-blogging-souleimane-constitution). 

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