Kadhafi, le Templier de l’Unionisme Arabe

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Kadhafi, le Templier de l’Unionisme Arabe

Le rêve renverse le rêveur ? 

Dans son livre intitulé « Kadhafi, le Templier d’Allah », la journaliste Anne-Marie Cazalis (1920-1988) affirme que Sadate peut décider un jour du destin du Kadhafi. Il peut provoquer sa chute ou sa mort  parce que les égyptiens ont la haute main sur la Libye. Cette affirmation a particulièrement retenu mon attention en ces moments augurant la chute, voire même la fin du Colonel Kadhafi.  Est-ce que Kadhafi est renversé par l’Egypte? La journaliste et actrice Anne-Marie Cazalis devait en savoir un peu trop pour le faire savoir dans son livre édité en 1974 chez les Éditions Gallimard, en France . Elle n’est présentement pas de ce monde pour répondre à la question suivante : « Est-ce que Kadhafi pourrait être renversé par l’Egypte? » Toutefois, la question posée me renvoie à une suite de questions qui ne cessent de me tarauder depuis l’éclatement inattendu de la révolte des insurgés libyiens dotés de blindés et d’armes lourdes à même de déloger le colonel Kadhafi de son fief. Il faudra dire que l’insurrection armée jusqu’aux dents qui a surgi en Libye est une énigme.  Cette insurrection est l’antithèse des mouvements de protestations civiles massives et pacifiques qui ont charmé l’opinion internationale, conquis l’assentiment des grandes puissances pelotées par les Etats-Unis et réussi à déloger pacifiquement le président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali et son homologue égyptien Housni Moubarak. 

L’énigme libyenne devient plus intrigante lorsqu’on constate que les protestations populaires pacifistes n’ont pas réussi à faire aboutir leurs causes dans d’autres pays arabes qui ont utilisé les moyens musclés pour réprimer les mouvements de protestations comme le Yémen et le Bahreïn. Les protestatyions n’ont pas abouti, non plus, dans des pays arabes où la pauvreté et l’exclusion sociale sont plus déplorables q’en Libye et en Tunisie. Je fais allusion à l’Algérie, au Maroc et à la Mauritanie qui sont les voisins liés à la Tunisie et à la Libye par le traité de l’Union du Maghreb Arabe signé le 17 février 1989 à Marrakech. 

L’énigme libyenne devient plus suspecte si l’on compare le cas de la Libye à celui du Bahreïn. Dans le cas de la Libye, le Conseil de Sécurité a promptement réagi et L’OTAN a vite déployé son  arsenal militaire pour venir au secours des insurgés que Kadhafi tentait d’anéantir dans les limites de la souveraineté nationale libyenne. 

En revanche, l’ONU et L’OTAN n’ont pas été loquace dans le cas du Bahreïn où une majorité shiite proteste désespérément contre une minorité sunnite qui détient tous les pouvoirs. Mieux encore, les pays du Golf ont décidé d’envoyer des troupes pour soutenir le roi de Bahrayne contre ses sujets shiites qui protestent pacifiquement. Les Nations Unies et L’OTAN n’ont pas déploré cette situation  anachronique. Pourtant, le philosophe Bernard-Henri Lévy avait bien affirmé dans une interview sur la chaine anglophone Al-Jazeera qu’il sera désormais très difficile de faire des fellations aux dictateurs dans le monde arabe. Est-ce dire que le roi de Bahrein n’est pas un dictateur ?   

Deux autres questions majeures s’imposent à ce niveau. La première question consiste à savoir pourquoi la révolution armée n’a surgi que dans la Libye et non pas dans d’autres pays arabes dont en particulier le Yémen qui avait connu la guerre civile et où Al-Qaida a une présence incontestable. La seconde question consiste à savoir pourquoi les mouvements de protestations civiles massives et pacifiques n’ont réussi à déloger les régimes en place que dans deux pays ; à savoir la Tunisie et la Lybie. Les éléments de réponses plausibles que tout un chacun pourrait fournir à chacune de ces deux questions nous amèneront à deux constats de fait que personne ne peut nier jusqu’à date. D’abord, les mouvements de protestations, qu’ils soient armés ou pacifiques, n’ont  réussi à changer les régimes en place que dans trois pays arabes : à savoir la Tunisie, l’Egypte et la Lybie. Ensuite, il se trouve que ces pays arabes sont limitrophes et que les changements effectués des régimes arabes en place a tout d’abord touché  la Tunisie, un pays limitrophe à l’ouest de la Libye, puis L’Egypte, un pays limitrophe à l’ouest de la Libye. L’analyse de ces données suggère que les contestations dans les pays arabes ont été tolérées et que les changements de régimes en Tunisie et en Egypte sous la pression de la rue n’ont été qu’une diversion et une manipulation de l’opinion publique internationale pour favoriser un complot contre Kadhafi et soutenir les insurgés contre un dirigeant d’un pays très riche en pétrole et qui est demeuré épris de la foi en Islam et de l’unionisme arabe au point que la journaliste et actrice Anne-Marie Cazalis (lien) l’avait qualité de Templier d’Allah.  Savez-vous ce que signifie un templier?Surpris par l’ampleur de l’insurrection armée dans son propre pays, le président Libyen qui ne cessait de rêver de l’unionisation des pays arabes n’a même pas réalisé l’unionisation des factions de son propre pays. Pis encore, il est tombé victime de son rêve et, au lieu de crier au complot interne ou externe, il a tenté de crier haro sur Al-Qaida dans l’espoir d’amadouer l’hostilité de l’opinion internationale à son égard. 

A ma connaissance, Al-Qaida n’a pas d’antécédents notoires en Libye. Il n’y avait pas d’attentats, de procès ou d’arrestations d’envergure des prétendus adeptes d’Al-Qaida comme il en était le cas dans d’autres pays arabes comme l’Arabie Séoudite, le Yémen, l’Algérie ou le Maroc.  Or, Kadhafi ne devrait pas être sans savoir qu’Al-Qaida ne saurait être gênée de proclamer la paternité de l’insurrection armée si celle-ci était vraiment l’œuvre de ses adeptes. Kadhafi, de son côté, avait donné raison à l’ingérence de l’ONU et de L’OTAN dans son pays en recourant uniquement aux armes et en promettant l’usage de la force pour écraser sans merci les insurgées au lieu de recourir au dialogue et à la réconciliation ; voire même à sa propre démission pour le bien du pays. Ne prétendait-il pas qu’il ne gouvernait pas la Libye et qu’il n’était que le guide de la révolution ? Étant en désespoir de cause et ayant réalisé plus tard que l’épouvantail d’Al-Qaida ne lui servirait à rien, Kadhafi a fait montre de son amertume en affirmant qu’il a été trahi par Israël. Est-ce Israël l’eternel épouvantail ou est-ce le rêve qui renverse le rêveur au sein même de sa dynastie présidentielle? 

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