Le Maghreb dans les conflits armés de la Libye

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En signant une convention-cadre de coopération militaire avec la Tunisie, le Maroc concrétise son implication économique et militaire dans la nouvelle carte des pays arabes qui, elle, se profile en filigrane à la faveur des protestations pacifiques et des révoltes armées qui secouent de plein fouet bon nombre de pays arabes.

Cette convention-cadre de coopération militaire avait été signée, jeudi 26 mai 2011, par  l’ambassadeur du Maroc en Tunisie, M. Najib Zerouali Ouarithi, et le ministre de la défense tunisien, M.  Abdelkrim Zbidi. Dans leur échange de propos à cette occasion, le ministre de la défense tunisien s’est félicité du soutien apporté par le royaume du Maroc aux réfugiés libyens en leur fournissant des services sanitaires et sociaux et en appuyant la Tunisie dans son action humanitaire. 

De son côté, l’ambassadeur du Maroc a réitéré les félicitations et l’appui de son pays à la révolution tunisienne et il a salué le rôle de l’armée au cours de cette étape délicate ainsi que son action humanitaire en faveur des réfugiés fuyant les combats qui se déroulent en Libye. En décortiquant les propos des responsables lors de la signature de ladite convention, nous comprenons bien que les réfugiés libyens sont non loin derrière cette convention et que l’armée marocaine et son homologue tunisienne avaient collaboré pour venir ensemble au secours des réfugiés libyens sachant bien évidement que le Maroc n’a de frontière ni avec la Libye ni avec la Tunisie. 

Ceci signifie que la signature de ladite convention-cadre de coopération militaire vient juste pour couronner et entériner une collaboration de fait entre les deux pays signataires. Dans ce contexte, il y a lieu de se demander si l’action humanitaire en faveur des réfugiés fuyant les combats qui se déroulent en Libye nécessite le déploiement de l’armée. 

La réponse affirmative signifierait que les réfugiés ne sont pas forcément des civils. Elle pourrait aussi signifier que les réfugiés sont des civils menacés par des forces militaires ou paramilitaires, probablement, à la solde de Kadhafi. Ce qui est plausible dans ce cas de figure, c’est que l’Algérie a été absente dans cette coopération militaire en faveur des réfugiés libyens sachant bien que, contrairement au Maroc, l’Algérie est bel et bien un pays limitrophe de la Tunisie. Ce serait dire que l’Algérie a été sciemment écartée de cette coopération militaire en faveur des réfugiés libyens.

 Ce fond de toile montre que l’Union du Maghreb Arabe est déjà dans l’œil du cyclone et que le torchon brûlerait en sourdine entre l’Algérie, d’un côté, et le Maroc etla Tunisie d’un autre côté. Le torchon devrait brûler aussi entre la Libye de Kadhafi et ses deux pays au chevet des réfugiés libyens. 

Le Maghreb n’est ni l’objet ni l’espace de collaboration entre les pays signataires de l’Union du Maghreb Arabe fondé le 17 février 1989 à Marrakech. C’est probablement un espace en recomposition. Les pays du Golfe devraient bien être au parfum de la délicatesse de la situation pour s’empresser d’inviter le Maroc à s’associer à leur Conseil de coopération du Golfe malgré les distances géographiques qui séparent le Maroc des pays du Golfe. 

Le Maroc semble donc bien s’impliquer économiquement et militairement dans la nouvelle carte des pays arabes. L’accord de vente en cours des armes américaines au Maroc d’une valeur de 50 millions de dollars dévoilé, mardi 17 mai 2011, par l’Agence américaine de coopération en matière de défense et de sécurité pourrait en être une autre preuve. Il en serait de même des pourparlers engagés, mercredi 25 mai 2011, entre le général Abdelaziz Bennani et une délégation militaire américaine en visite au Maroc dans le cadre de la coopération militaire entre les deux pays. 

L’Algérie qui avait exprimé précédemment son étonnement, et probablement sa jalousie, au lendemain de l’annonce de l’invitation du Maroc à s’associer au Conseil consultatif des pays du Golfe, n’a pas tardé à réagir aux derniers accords militaires du Maroc. Son premier ministre, M. Ahmed Ouyahya, avait annoncé, dimanche 29 mai, que le Maroc se trouve derrière les allégations américaines accusant l’Algérie d’être derrière les mercenaires et les armes envoyés au secours de Kadhafi. 

Cette déclaration explique donc bien le pourquoi de la coopération militaire maroco-tunisienne en faveur des réfugiés libyens. Elle explique aussi la raison pour laquelle les pays du golfe avaient demandé au Maroc de s’associer à leur Conseil de coopération du Golfe à la place de l’Union du Maghreb arabe. L’Algérie et la Libye sont communément connues comme les ennemies jurées du Maroc en raison de leur soutien inconditionnel au POLISARIO.

Et il semble d’après les rapports de presse que Kadhafi a perdu confiance en les mercenaires africains qui déguerpissent devant les rebelles ou s’évaporent après avoir touché les largesses pour lesquelles ils sont venus au secours de Kadhafi. Celui-ci semble avoir placé sa confiance en POLISARIO et qu’il était temps pour ce dernier de rendre service à son maître argentier. Il aurait aidé Kadhafi à reconquérir l’Est de la Libye. 

De leur côté, les insurgés libyens accusaient ouvertement l’Algérie d’envoyer des mercenaires combattre aux côtés de Kadhafi.  Mais celle-ci rejette les accusations. Cependant, l’adage dit qu’il n’y aurait pas de fumée sans feu. 

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