Un suicide qui relance l’égalité des sexes au Maroc

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Qui ne peut être attristé par la nouvelle de suicide d’une adolescente marocaine de 16 ans qui avait été forcée de se marier à l’homme qui l’avait violé auparavant? Le suicide de la jeune Amina Filali était vraiment un évènement sensationnel que des chaines de télévision arabes, comme 2M, Al-Jajeera et MBC, avaient mis en relief à une échelle qui dépasse largement les frontières du Maroc.

Plusieurs millions de personnes à travers le monde ont été touchées par cette nouvelle qui avait surgi dans le sillage d’un printemps arabe qui, lui, devient de plus en plus sanguinaire et chaotique. Personnellement, je suis habitué à lire dans la presse qui, sporadiquement, rapporte les nouvelles de suicides et tentatives de suicide au Maroc. L’opinion publique ne s’y arrête même pas pour en connaître les causes et les effets. A priori, ce n’est pas une priorité de la société.

Le suicide de l’adolescente Amina Filali est sorti des sentiers battus et a fait l’objet d’une large médiatisation. C’était une information de qualité qui pouvait mettre à l’épreuve le nouveau gouvernement d’obédience islamique qui venait juste d’accéder au pouvoir dans l’aura islamiste du printemps arabe en Tunisie, en Égypte et en Libye.

Ce suicide était visiblement une occasion d’or pour les détracteurs des islamistes à l’intérieur comme à l’extérieur du Maroc. Pourtant le mariage vraisemblablement forcé de l’adolescente Amina Filali était conclu sur la base de l’article 475 du code pénal marocain qui n’a jamais été abrogé sous la gouvernance des socialistes. Ce n’était fort probablement pas une priorité. Où est donc le hic?

Des questions s’imposent pour mieux appréhender l’ampleur médiatique donnée au suicide de l’adolescente Amina Filali:
Qui, en fait, avait empêché les partis socialistes d’agir et d’abroger l’article 475 du code pénal? Que faisaient les associations féministes du temps du Premier ministre socialiste Abderrahmane El-Yousfi?
Étaient-elles entrain de manifester pour mettre l’homme et la femme dos à dos dans le chimérique plan de développement de la femme au lieu de s’occuper de la question de la famille face à l’injustice et à l’exclusion sociale et des hommes et des femmes?
Est-ce que ces associations féministes croient vraiment aux droits de l’homme et à l’égalité des sexes à l’occidentale?
L’affaire du suicide de l’adolescente Amina Filali interpelle toute la société. Il n’est pas commode pour une société de tenter d’esquiver les vrai questions. Une crise d’identité entre le traditionalisme et le modernisme, entre l’adolescence et la maturité, ne peut être surmontée en se mettant la tête dans le sable. Il faut que chacun apporte son grain de sel. Je laisse la chance à tout un chacun de méditer sur les questions suivantes :
Pourquoi des hommes se permettent de violer les femmes dans ce pays arabo-islamique?
Pourquoi des personnes du sexe féminin font du mariage une promotion sociale et non pas un mariage pour le bien et pour le pire?
Pourquoi le juge et le tribunal de la famille avaient-ils autorisé ce mariage?
Est-ce que le juge avait un intérêt dans le contrat ou a-t-il tout simplement appliqué la loi? Qu’aurait fait le juge si l’adolescente en question était sa propre fille?
Pourquoi les parents de l’adolescente étaient impuissants tout au long du processus?
Quels droits ont les enfants mineurs sur leurs parents?
Est-ce que les parents sont responsables de leur acte de procréer?
Les femmes et les associations féministes sont-elles prêtes à affirmer l’égalité des sexes en renonçant au droit à la dot que leur confère la loi islamique par exemple pour être plus crédibles?
Est-ce que les associations féministes sont prêtes à demander la participation et de l’homme et de la femme aux charges familiales ou préfèrent-elles, au contraire, s’attacher à la loi islamique qui leur permet de conserver leurs salaires et dépenser les salaires de leurs maris?
Est-ce que les associations féministes croient vraiment à l’égalité des sexes quel que soit le statut social de l’individu?

Personnellement, j’ai été vivement choqué en apprenant la nouvelle de cette adolescente et je n’ai pas pu avaler comment une fille adolescente fut mariée à l’homme qui l’avait violé auparavant. Cette une incitation au viol des adolescentes car, au sens universel de la loi, les filles mineures sont des mineures même si elles consentent.
Je n’ai pas pu avaler comment un tel acte de mariage aurait été conclu à la faveur de l’article dit 475 du code pénal marocain, sous l’égide d’un dit-tribunal de la famille et la bénédiction des parents de la victime? Il devrait y avoir dans cette affaire trop de confusion tant que la société n’est pas prête à se regarder dans le miroir.

C’est une société composite où les ambigüités et les contrastes coexistent. Des femmes sont devenues policières, Caïds d’arrondissements, juges, parlementaires, ministres et ambassadrices au moment où une adolescente qui avait été violé fût mariée à l’homme qui l’avait violé. Le contrat du mariage a été, de surcroit, conclu en application de l’article 475 du code pénal marocain avec l’assentiment des parents de la victime et la bénédiction du tribunal de famille. De quelle famille parle-t-on?!

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