Prophétie: concubines et sexe sur le toit

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[« On dressa donc pour Absalom une tente sur le toit, et Absalom eut alors des relations avec les concubines de son père, sous les yeux de tout Israël. »] [2 Samuel: XVI, 22]

Imaginez une scène de rapports sexuels publiquement accomplis entre un prince et dix concubines de son père ! Imaginez que la scène se déroule publiquement, en plein jour, dans une tente sciemment dressée sur le toit du palais ! Imaginez que cette scène soit l’accomplissement d’une prophétie divine que l’on peut retrouver dans les récits bibliques !

En effet, les lecteurs de la Bible savent pertinemment qu’ils peuvent fréquemment tomber sur des scènes de sexe où il est question de prostitution, d’adultère, et de relations incestueuses. L’histoire de Ruben est bien connue dans le cas d’espèce. Il s’agit du récit biblique que l’on trouve dans le verset 22 du chapitre XXXV de la Genèse où il est dit:

[ » Pendant qu’Israël [Jacob] campait dans le pays, une fois, Ruben alla coucher avec Bilha la concubine de son père, et Israël [Jacob] l’apprit.« ] [Genèse: XXXV, 22]

Absalom eut alors des relations avec les concubines de son père David !

À vrai dire, l’histoire de la relation sexuelle entre Ruben et Bilha n’est qu’une scène miniaturisée qui prélude une partie de sexe dans laquelle le prince Absalom va publiquement accomplir des rapports sexuels non pas avec une seule concubine mais avec dix concubines de son père. L’usage du sexe et des passions des personnages bibliques jouent un rôle très important dans le montage des scènes et la confection des liens entre nombre de personnages du roman biblique.

Dans les cas de Ruben et d’Absalom, la vengeance devient un motif qui pousse l’un et l’autre à commettre des actes qui transgressent la pudicité et le civisme. En effet, la tradition israélite laisse entendre que Ruben voulait venger sa mère qui fut délaissée par son père Jacob car elle était louche. De l’autre côté, la Bible nous laisse savoir qu’Absalom avait la rage de venger sa soeur Tamar qui fut humiliée par son frère Amon. Celui-ci était tombé amoureux de la jeune belle Tamar et il avait usé de la ruse dans le dessein de disposer de sa belle bien-aimée.

Comme on peut déjà le constater, la Bible relate des histoires de « l’amour impossible » et des relations sexuelles pour faire passer ses messages à travers l’émotivité du lecteur. Celui-ci, étant sous l’effet de l’émotion, a tendance à ne pas s’interroger sur le rôle du Dieu dans ces histoires qui enfreignent non seulement la pudicité et le civisme mais également et surtout les dix commandements de Moïse que Dieu lui-même avait écrit de sa propre main.

Dans le cas de la famille de Jacob, Il y a lieu de constater que Ruben avait impunément couché avec la concubine de son père Jacob. Contre toute attente, la Bible ne consigne aucune opposition à cette acte sexuel qui transgresse la pudicité et le civisme. Elle ne fait allusion à aucune plainte de la concubine Bilha et elle ne fait aucune allusion à une quelconque sanction ou désapprobation de la part du père cocu. Et, pour comble de malheur, Dieu lui-même prend le silence dans cette affaire alors qu’il est intervenu de force, auparavant, dans une histoire d’amour en détruisant les villes du prince de Shékèm pour s’opposer au mariage du prince avec Dina, la fille de Jacob.

Dans le cas de la famille du roi David, le récit biblique consigné dans le deuxuème livre biblique de Samuel nous apprend que David avait commis un acte d’adultère en convoitant la femme de son soldat Urie le Hittite qui figurait parmi les soldats engagés dans les batailles que du royaume d’Israël livraient simultanément aux syriens et aux Ammonites. [Voir : Les Guerres Bibliques ]

Se baladant sur la terrasse de de son palais, le regard de David est tombé par hasard sur Bethsabée, la femme d’Urie le Hittite, en train de se baigner. Comme il la trouvait belle et séduisante, il finit par la demander chez lui et il coucha alors avec elle. En d’autres termes, David était en train de se divertir alors que ses soldats risquaient leurs vies pour le royaume et il se permit même de convoiter la femme d’autrui sans aucun respect des dix commandements de Moïse qui sont explicites à cet effet.

En apprenant, plus tard, que Bethsabée était tombée enceinte de lui, David commettra un meurtre prémédité transgressant ainsi les lois des dix commandements de Moïse qu’il était lui-même censé appliquer et faire respecter dans le royaume d’Israël. Et, pour comble de malheur, il écrit une lettre à son général Yoab pour lui ordonner de causer la mort d’Urie et il l’envoya par la main du soldat cocu.

[Dans la lettre il écrivait en ces termes:  » Placez Urie face aux assauts les plus violents, puis vous devrez vous retirer de derrière lui ; il faut qu’il soit abattu et qu’il meurt. »] [2Samuel:XI, 15]

Comme vous pouvez le constater, le Dieu des ancêtres de David se donne le loisir d’autoriser ce qu’il veut, à qui il veut, quand il veut. Il a ainsi autorisé le mariage entre les fils d’Adam; il a autorisé le mariage des anges avec les filles de l’homme ; il a accepté le mariage d’Abraham avec sa demi-sœur Sarah; il a toléré les rapports incestueux entre Lot et ses deux filles; et il a permis à Jacob d’avoir concomitamment pour femmes deux sœurs; Léa et Rachel, sans compter leurs servantes Bilha et Zilpa. Qu’en est-il maintenant du cas de David ?

Après la période de deuil de la veuve d’Urie, David persiste et signe. Cette fois-ci, il fit chercher Bethsabée, l’accueillit dans son palais et la prit pour femme comme si rien n’en était. L’enfant adultérin que Bethsabée accoucha était le seul souci qui perturbait la quiétude de David et celle de son Dieu dans toute cette affaire d’adultère qui aboutit à l’assassinat du soldat cocu.

Contre toute attente, le Dieu de Moïse s’abstiendra de faire appliquer le règlement qu’il avait lui-même écrit de sa propre main sur les tablettes de Moïse. En tournant ainsi le dos à ses propres lois, Dieu va plutôt chercher à offrir une porte de sortie à son serviteur David. Se rendant compte de la gravité de la situation, Dieu va faire des reproches à David en lui demandant pourquoi il avait  » méprisé sa parole divine en faisant ce qui est mauvais à ses yeux  » alors qu’il lui avait donné la royauté d’Israël de même qu’il était disposé à lui donner les femmes du roi Saul et de lui en ajouter bien d’autres.

Pour sauver la face devant cette situation embarrassante, Dieu va recourir à une prophétie dans laquelle Dieu promet le malheur à David en lui causant des conflits armés au sein de la famille et en offrant ses femmes à l’un des membres de sa famille pour  » qu’il couche avec elles sous ses yeux et sous les yeux du soleil« . Cette prophétie est consignée dans les versets 11 et 12 du chapitre XII du livre 2 Samuel que nous reproduisons ci-après pour illustration:

[Voici ce qu’avait dit Dieu:  » Voici que, de ta maison, je suscite contre toi le malheur ; oui, je prendrai tes femmes sous tes yeux et je les donnerai à ton semblable, et il couchera bel et bien avec tes femmes sous les yeux de ce soleil. Alors que toi, tu as agi en secret, moi je ferai cette chose face à tout Israël et face au soleil. »] [2 Samuel: XII, 11-12]

Pour accomplir cette prophétie, la Bible va se servir de l’histoire du conflit qui avait opposé Absalom à son frère Amon au sujet de sa soeur Tamar dans le dessein divin visant à créer une mutinerie au sein de la famille de David. Dans les péripéties de cette histoire, Absalom va se dresser par les armes contre son père David. Celui-ci sera alors contraint à quitter Jérusalem en y laissant dix de ses concubines s’occuper de sa maison.

[Le roi David sorti donc avec sa maisonnée à sa suite, mais le roi laissa dix femmes, des concubines, pour s’occuper de la maison] [2 Samuel: XV, 16]

Il semble que David avait oublié la prophétie de son Dieu lorsqu’il décida de laisser ses dix concubines à Jérusalem. Il semble aussi que Dieu s’est servi de l’oubli de David pour pouvoir le sanctionner en offrant ses dix concubines à son fils Absalom au vu et au su de tout le monde. Dans ce contexte, l’exercice de l’adultère sous les yeux du public pourrait bien être considéré comme étant une sanction divine spécifiquement choisie pour mieux glorifier l’épopée de David et valoriser la teneur romanesque de la Bible.

En fin de compte, il n’y a pas de mieux qu’une scène de sexe prophètisée par Dieu lui-même pour rendre la Bible plus attrayante tant pour le prêche que pour la lecture. De même, il n’y a pas de mieux pour Absalom et ses hommes qu’une scène de sexe sur le toit avec les concubines du roi pour démontrer le pouvoir des insurgés et claironner leur prise de Jérusalem et avec elle les femmes du roi.

[« On dressa donc pour Absalom une tente sur le toit, et Absalom eut alors des relations avec les concubines de son père, sous les yeux de tout Israël. »] [2 Samuel: XVI, 22]

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