Calvaire du symbole des jeunes athées égyptiens

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La figure de proue des jeunes athées égyptiens, Ahmad Harakan, fut l’auguste victime d’une exténuante partie de torture psychique en prélude d’un interrogatoire dans des locaux de la police égyptienne au moment où devait se tenir, du 4 au 10 novembre 2017, un Congrès International de la Jeunesse à Charam el-Cheikh, en Égypte, sous l’égide du président égyptien Abdelfattah Sissi.

En sus de la torture psychologique et de l’interrogatoire, Ahmad Harakan, la croupe clouée au sol, fut placé face à des interlocuteurs, confortablement installés dans leurs chaises, pour éprouver les connaissances et la sagesse de ce fameux trentenaire égyptien qui polarise l’attention des jeunes athées du monde arabe depuis qu’il a décidé de renier sa foi de musulman en 2010.

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Ahmad Harakan était un salafiste et il a grandi dans une ambiance salafiste. Né en 1982 en Alexandrie, en Égypte, il réussit, dès son jeune âge, à apprendre le Coran par cœur et à approfondir son savoir en matière des sciences religieuses en Arabie Saoudite. Au cours de son apprentissage, il s’est imprégné de la pensée des salafistes les plus notoires de la trompe des cheikhs Saleh Al-Fawzan (1933) et Muhammad Ibn Al-Uthaymeen (1925-2001). Son parcours lui a permis de connaitre l’esprit salafiste qui nourrit le terrorisme d’inspiration musulmane. Outillé d’une telle expérience, Ahmad Harakan devrait avoir eu la chance de participer aux travaux du Congrès International de la Jeunesse à Charam el-Cheikh, en Égypte, au lieu de subir les supplices de la police de son propre pays

La première scène du drame débuta, dans un appartement à peine garni de quelques meubles, à un moment où le jeune Ahmad Harakan était en train de communiquer avec son public d’amateurs à travers une vidéo en live. Soudainement, une escouade actionna fermement la cloche forçant ainsi le jeune youtubeur à s’excuser auprès de ses auditeurs pour aller ouvrir la porte de son appartement.

Après quelques instants passés loin de sa caméra, Ahmad Harakan rejoignit son audience. Il se mit sur son banc, en face de l’œil magique de la caméra, affichant une face rassurante à son auditoire comme s’il ne s’agissait pas d’une visite de mauvais augure. Néanmoins, il avoua à son public qu’il s’agissait d’une visite d’une escouade ; il semblait espérer que la visite serait courte comme un feu de paille et qu’elle ne ferait pas long feu.

Mais au grand dam d’Ahmad Harakan et à la surprise de ses amateurs, les membres de l’escouade sortirent de leurs gants et se révélèrent intransigeants et insoucieux de la caméra qui pourrait mettre le public au parfum de ce qui se tramait dans l’appartement du jeune Ahmad Harakan. L’auditoire aurait indubitablement compris que ceux qui ont fait irruption dans l’appartement avaient réquisitionné le téléphone mobile d’Ahamad Harakan et intimé à ce dernier l’ordre de fermer la caméra.

Tournée en live, la vidéo d’Ahmad Harakan aurait servi de témoin à charge d’une scène déconcertante qui laissa la porte ouverte aux conjectures et aux spéculations : s’agissait-il d’une séquestration ou d’un enlèvement d’Ahmad Harakan!? S’agissait-il d’une escouade de la police ou bien s’agissait-il d’un groupe de malfaiteurs ou de terroristes !? Est-il vivant ou bien est-il mort ce pauvre Ahmad Harakan !?

Les youtubeurs et les animateurs des chaines de diffusion sur Internet s’inquiétèrent alors et improvisèrent des vidéos et des débats sous des sigles du genre : « Où est Ahmad Harakan ? » et « La liberté pour Ahmad Harakan ». Nous y décelons, à titre d’illustration, Youssef Khalaf, Shuja3 Albeghdady [شجاع البغدادي], la Chaîne Bridges [قناة جسور](émission 314) et la Chaîne Ajhar [اجهر]( émission 461).

Les craintes des amis et supporteurs d’Ahmad Harakan ne commencèrent à s’estamper que lorsque, deux ou trois jours après, l’auguste victime de l’exténuante partie de torture psychique dans les locaux de la police, décida de sortir de son silence et de raconter les affres de son calvaire à son auguste auditoire de sympathisants.

Au terme de son séjour dans les locaux de la police, Ahmad Harakan a été exhorté à ne rien divulguer au public au sujet de ce qui s’est passé afin de « ne pas souiller l’image de l’Égypte ». Néanmoins, Ahmad Harakan trouve que ceux qui souillent l’image de l’Égypte auraient raté leur cible en s’occupant de lui au lieu de s’occuper des terroristes qui pullulent dans le pays. Il estime qu’il a été humilié et torturé psychologiquement; il a l’impression qu’il a été filmé les yeux bandés et, semble-t-il, il serait difficile pour lui d’oublier qu’il avait été forcé à faire ses besoins dans des conditions indécentes.

Il s’avère que le jeune athée Ahmad Harakan n’est pas seul dans le pétrin égyptien. Outre les coptes, il y a également les coranistes qui sont dans la ligne de mire. La justice égyptienne avait condamné des coranistes qui prônent un Islam pacifique et tolérant et rejettent les textes de la tradition islamiste qui prônent la haine et la violence. Il s’agit, entre autres, d’Islam Labhiri et du Cheikh Muhammad Abdellah Naçr qui ont été mis derrière les barreaux.

À contrario, les leaders Islamistes arabes qui prônent la haine et la violence dans les mosquées et sur les ondes des chaînes satellitaires emportent l’adhédion d’une masse colossale de la population du monde arabe. Ces leaders religieux sont condidérés comme étant les grands gardiens de l’Islam et de la tradition musulmane. L’État se doit de les soutenir et de les protéger car ils sont les templiers de la religion de l’État. Drôle de partage de rôles entre l’État et les templiers de l’Islam de l’État surtout lorsqu’on remarque qu’un État comme l’Égypte est victime du terrorisme islamiste s’inspirant de la religion de l’État qui n’est rien d’autre que l’Islam !

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