CNN dévoile la résurrection de la traite en Libye

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Après les crimes de réduction des femmes captives à l’esclavage sexuel sous l’égide de l’État Islamique de l’Irak et de la Syrie, le tour échoit maintenant à la Libye délabrée où des groupes ressuscitent les ignobles traditions ancestrales de la traite des noirs et de la vente des esclaves aux enchères publiques. C’est un reportage de la chaîne américaine CNN du 14 novembre 2017 qui a réveillé le monde entier en lui révélant la vente des africains noires dans des enchères dans la périphérie de Tripoli, en Libye.

Les africains en ont été profondément indignés et ils en ont fait appel à la communauté internationale. Le président français a, de son côté, qualifié la pratique de la traite en Libye de crime contre l’humanité. La France, pour sa part, entend saisir le conseil de sécurité des Nations Unies pour statuer sur cette pratique illégale que le monde entier croyait avoir enterrée à jamais depuis belle lurette. Dans la foulée du tollé international, le gouvernement de la Libye se contente d’annoncer l’ouverture d’une enquête alors que cela suppose, pour le moins dire, l’ouverture d’une enquête internationale sous l’égide de l’article 7 du conseil de sécurité des Nations Unies.

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Sans l’intervention du conseil de sécurité, certains musulmans pourraient être enclins à aller un peu plus loin dans l’accomplissement de leurs rêves esclavagistes à la faveur de la léthargie internationale. Dans un pareil cas, l’ouverture de l’enquête libyenne ne peut être prise au sérieux par les groupes libyens qui se nourrissent de la traite des africains subsahariens en l’absence d’un pouvoir central de bonne facture. La communauté internationale ne peut trop espérer ni du gouvernement libyen ni de la communauté arabe. Celle-ci s’est révélée peu efficace en face de l’État Islamiste en Irak et en Syrie [ISIS] laissant ce dernier élargir ses territoires sans coup férir. Il fallait l’intervention musclées d’autres puissances comme la Russie et les États-Unis pour déloger l’ISIS qui réduisait les femmes captives à l’esclavage sexuel. Le monde arabe a tendance à se complaire dans des attitudes maniant le silence, l’expectative, le déni de la réalité et le cri au complot contre l’Islam et les musulmans. Concurremment, des musulmans ont tendance à ressusciter la traite et la vente des esclaves dès qu’ils ont en l’occasion. C’est ce que ce produisaient sous la houlette de l’État Islamique ISIS et des groupuscules libyens.

Qu’est-ce qu’on pouvait espérer des instances politiques comme la Ligue Arabe et l’Organisation de la Conférence Islamique? Qu’est-ce qu’on pouvait espérer des instances religieuses comme Al-Azhar de l’Égypte, le conseil des grands oulémas de l’Arabie Saoudite et le Conseil International des Oulémas sous l’égide de Qatar en passant par les muftis et les conseils des   oulémas dans les différents pays islamiques? Quelles étaient leurs positions vis-à-vis de l’État Islamiste ISIS et ses atrocités? Il faut se poser ses questions pour en arriver à des conclusions.

Les musulmans, fous de colère, descendent en marrées dans les rues pour protester contre une caricature faisant allusion au prophète de l’Islam mais, à contrario, ils n’agissent pas de la même façon lorsqu’il s’agit des atrocités de l’État Islamiste ISIS. Les mauritaniens, par exemple, ne protestent pas contre les séquelles de l’esclavage en Mauritanie, mais ils envahissent les rues en masse pour réclamer la condamnation à mort du blogueur Mohamed Ould Cheikh M’kheitir qui avait écrit, en 2014, un article intitulé « Religion, religiosité et forgerons », dévoilant la discrimination raciale au temps du prophète de l’Islam.

C’est la Bible qui a ouvert le bal dans le domaine de la traite au nom de la religion. L’esclavage a été, théologiquement parlant, institué par la Bible à travers la légende de Noé. Dans une scène décrite dans le neuvième chapitre de la Genèse, il est dit que Noé est devenu agriculteur et qu’il s’est soulé en buvant le vin d’une vigne qu’il avait lui-même plantée. Subséquemment, il s’est endormi nu, à plein le sol, au milieu de sa tente. Par mal chance, Cham, le fils benjamin de Noé, est entré dans la tente et il a buté sur son père dans cette situation de nudité de mauvais augure. Il est sorti sur le coup pour rapporter ce qu’il venait de voir à ses deux frères Sem et Japhet. Ces derniers avaient alors pris un manteau et ils sont entrés à reculons dans la tente, les visages détournés, pour ne pas voir la partie du corps du dormeur enivré par laquelle le malheur arrive. Ils ont alors fini par couvrir leur père sans voir sa nudité.

La Bible ne nous dit pas en quoi consiste la gravité de voir la nudité du père énivré, couché nu par terre. Elle ne nous dit pas si Cham était conscient ou non du risque qu’il encourrait si, par malheur, la nudité de son père s’exposait à sa vue. Elle ne nous dit pas, non plus, si Noé avait honte ou non de ce qu’il avait fait de lui-même en se laissant enivrer et s’effondre nu, dans un état d’inconscience, à même le sol. Elle se contente juste de nous raconter que Noé s’est réveillé de son ivresse et, en apprenant ce qui s’est passé, il avait prononcé une malédiction monumentale, non pas contre son fils Cham, mais, plutôt, contre Canaan, le fis benjamin de Cham. Voici ci-après l’énoncé de cette malédiction biblique.

Alors Noé dit : « Maudit soit Canaan. Qu’il devienne le dernier esclave de ses frères. ».

Et il ajoute : Béni soit le Dieu de Sem et que Canaan devienne son esclave. »

Que Dieu accorde un ample espace à Japhet et qu’il réside dans les tentes de Sem. Que Canaan devient aussi son esclave. » (Genèse: IX, 25-27)

Dans cette malédiction prophétique lourde de conséquences, nous constatons tout d’abord que la Bible établit une supériorité et un rapport de domination qui est généreusement à l’avantage de Sem et ostentatoirement au détriment de Canaan. Celui-ci est condamné à une situation d’esclave de dernière classe. Il est condamné à demeurer le dernier esclave de ses frères. Quant à Japhet, il y est placé dans une situation d’homme libre mais résident dans les tentes de son frère Sem. Projeté dans le futur, cette prophétie va profiter aux sémitiques et, tout particulièrement, au patriarche Abraham en sa qualité de sémitique et fondateur du monothéisme hébraïque. En revanche, la Bible va user de subterfuges pour légitimer l’extermination des Cananéens [descendant de Canaan] et la colonisation de leur pays. La prophétie de Noé qui prélude à l’occupation de la terre de Canaan [la Palestine] par la diaspora des israélites joue le même rôle que celui de la déclaration de Balfour qui prélude, elle aussi, à l’occupation de la Palestine par la diaspora des fils d’Israël.

L’imprécation de Noé contre le fils benjamin de Cham soulève plusieurs questions du genre :  pourquoi la Bible avait-elle rendu Canaan responsable de la soi-disant faute de son père Cham à travers l’imprécation de Noé ? Pourquoi la Bible avait-elle obstinément choisi de faire en sorte que l’imprécation de Noé soit exclusivement prononcée contre Canaan épargnant ainsi les trois autres fils de Cham? Il importe de rappeler que les enfants de Cham sont assimilés à des noirs dans l’imaginaire des biblistes. Le prophète Jérémie, n’a-t-il pas dit dans le verset 23 du chapitre XIII de son livre que : « Un kushite [descendant de Koush] peut-il changer sa peau ? ou un léopard ses tâche ? », sachant que Koush est le fils aîné de Cham et le frère aîné de Canaan ?

La condamnation des fils de Canaan à la servitude des sémitiques proclamée dans la Bible n’était clairement pas limitée dans le temps. Tout au contraire, elle a été proclamée pour des temps indéfinis. Ainsi, les Cananéens survivants au génocide commis contre eux au temps de la conquête de leur terre par les fils d’Israël au temps de Josué, le lieutenant de Moïse, ont continué à subir le joug de la servitude sous le règne de Salomon comme en témoigne le chapitre IX du livre biblique intitulé 1Rois.

Quant à tout le peuple qui restait des Amorites, des Hittites, des Perizzites, des Hivites, et des Yebousites, qui ne faisaient pas partie des fils d’Israêl,

Leurs fils qui étaient restés après eux dans le pays, ceux que les fils d’Israël n’avaient pu vouer à la destruction, Salomon les leva pour le travail forcé des esclaves jusqu’à ce jour. (1 Rois: IX, 20-21)

Comme le dit le proverbe arabe, « la magie s’est retournée contre le magicien » étant donné que la sentence prononcée par la Bible hébraïque contre le peuple cananéen, dans les temps immémoriaux, a été, par ironie du sort, prononcée au VIIème siècle de notre ère par le Coran et la tradition islamique contre les juifs de la tribu de Banu Quraydhah. En effet, le sort réservé aux membres de la tribu juive de Banu Quraydhah, capitulant entre les mains du prophète de l’Islam, ne diffère pas sur le fond du sort qui avait été réservé aux cananéens délivrés entre les mains des fils d’Israël.

La tradition islamique nous enseigne que les 600 à 900 hommes de cette tribu juive ont tous été décapités, en l’an 627, sous la houlette du prophète Muhammad, en représailles à leur présumée intelligence avec les forces des coalisés conduites par les mecquois au cours de la bataille dite de la tranchée ou bataille des coalisés dont les retentissements résonnent encore dans les versets coraniques d’une Sourate que porte le nom donné à cette guerre. Il s’agit en l’occurrence de la Sourate XXXIII dite « Sourate des Coalisés ».

Cette bataille n’a connu que quelques escarmouches entre les deux camps à cause d’une tranchée que les musulmans avaient creusée autour de leur ville Yathrib pour empêcher l’incursion de leurs ennemis. La bataille a finalement pris fin suite au retrait des forces armées des coalisées à cause d’une forte tempête à laquelle le Coran fait allusion dans le verset 9 de la Sourate des Coalisés.

Ö vous qui croyez ! Rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous, quand des troupes vous sont venues et que Nous avons envoyé contre elles un vent et des troupes [d’anges] que vous n’avez pas vues. (Sourate des Coalisés, 9)

Sur le coup, les forces armées du prophètes Muhammad se sont retournées conte la tribu de Banu Quraydhah. Elles assiégèrent les forteresses de la tribu pendant 25 jours et finirent par asservir ses habitants et s’emparer de leurs terres, de leurs demeures et de leurs biens comme en témoigne les versets 26 et 27 de la Sourate des Coalisés qui décrivent le sort de la tribu juive de Banu Quraydhah accusée d’avoir comploté ou tenté de comploter avec les ennemis du prophète Muhammad.

La sentence létale prononcée contre la tribu défaite a porté non seulement sur tous les hommes mais également sur tous les garçons en puberté qui avaient du poil sur le pubis[1]. Ils ont tous été décapités. Quant aux garçons impubères sans poil sur le pubis, ils ont été livrés à l’esclavage au même titre que toutes les femmes et les filles de la tribu en question. Si le prophète Muhammad avait agi de la sorte c’est parce que le Coran et les premiers musulmans tel que Saâd Ibn Mu’ad, qui était derrière la sentence contre ses ex-alliés de la tribu juive, s’inspiraient énormément de la Bible hébraïque et des enseignements judaïques.

Dans cette Sourate, Allah se comporte en chef des armées des musulmans à l’instar de Jéhovah [Dieu d’Israêl] qui se comporte selon la Bible comme chef des armées des fils d’Israêl. Allah jette de l’effroi sur les cœurs des juifs de Banu Quraydhah et les livre entre les mains des musulmans.

Et Il a fait descendre de leurs forteresses ceux des gens du Livre qui les avaient soutenus [les coalisés], et Il a jeté l’effroi dans leurs cœurs ; vous tuiez un groupe d’entre eux, et faisiez prisonniers l’autre groupe. (Sourate des Coalisés : 26)

Le Coran ne se limite pas à faire allusion au génocide de la tribu des Banu Quraydhah, il se prononce même sur le sort de la terre, des propriétés et des biens de cette communauté juive. Allah les donne en héritage aux musulmans comme Jéhovah avait donné le pays de Canaan en héritage aux israélites. Le Coran lui-même se prononce et précise les propos d’Allah à cet effet dans le verset 27 de la Sourate des Coalisés dans lequel il est dit : « Et Il [Allah] vous a fait hériter leur terre, leurs demeures, leurs biens, et aussi une terre que vous n’aviez point foulée ». Nous constatons à ce niveau qu’il y a une grande ressemblance entre la prophétie biblique de Noé contre le pays de Canaan et la sentence coranique contre la tribu des Banu Quraydhah.

Malgré l’abolition de l’esclavage par la communauté internationale, les musulmans continuent d’en rêver dans leur imaginaire; celui-ci  aspire au rétablissement de l’unification des musulmans sous l’étendard d’un seul khalifa sous l’égide duquel la charia serait la principale loi en vigueur avec tout cela comporte comme Jihad et commerce de guerre et d’esclavage. Il serait très édifiant à cet égard de citer le célèbre cheikh Abu Ishaq al-Huwayni (né en 1956) qui, publiquement et en toute impunité, prône le Jihad armé contre l’Occident en affirmant que le Jihad aurait permis aux jihadistes d’y ramener des rapines et des esclaves à vendre afin de résoudre leurs difficultés financières. Une telle vidéo circule librement sur internet sans que les autorités musulmanes et leurs instances religieuses s’en répugnent. La raison en est simple. Ce que prônent le cheikh Abu Ishaq Al-Huwayni et ses acolytes sur les chaînes satellitaires musulmanes se trouve dans la littérature islamiste que les musulmans tiennent pour sacrées et au-dessus des lois positivistes. Personne, parmi les musulmans, n’oserait dénoncer Abu Ishaq Al-Huwayni et ses acolytes sans risquer d’être taxé de mécréant, d’apostat, de traitre de la nation musulmane et courir, par voie de conséquence, le risque de la mort et de l’ostracise.

Pour changer le cours des choses, il faudra une main forte qui pousserait les États Islamistes à revoir leurs calculs et mettre sur la liste du terrorisme les oulémas de la trempe d’Abu Ishaq al-Huwayni ainsi que les conseils des oulémas qui rament avec eux dans le même sens. Les pays du Golf sous l’égide de l’Arabie Saoudite ont commencé à bouger dans ce sens. Ils ont mis des organisations islamistes comme l’Union Internationale des Oulémas Musulmans et le Conseil islamique International sur la liste du terrorisme. Un pas a été franchi sur une piste de mille milles et il reste encore beaucoup de chemin à faire!

[1] Sahih Al-Boukhari ; Hadith 4122, Dar Al-Fikr; 1994; Tome 3. P 61.

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