Jan Burrow : le poète des athées arabes n’est plus

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Jan Burrow, le poète des athées arabes, a inopinément quitté ce monde à l’âge de 47 ans. Ses amis les plus proches n’avaient rien pressenti avant son départ ; ils ne s’attendaient pas à l’annonce de son décès. Jan Burrow n’était ni alité ni à l’article de la mort. Mais, en pleine nuit, la mort a emporté son âme alors qu’il était en plein sommeil, couché dans son lit. Il a laissé derrière lui sa petite famille, un captivant recueil de poésie intitulé « Murmures sur les rives de l’amour / همسات على ضفاف الحب » et une série d’environ 470 vidéos de sa chaîne de diffusion sous le sigle de « Ijhar / Proclame [ton athéisme] » ; son émission reçoit des ex-musulmans et des ex-musulmanes qui désirent partager avec le public leur expérience de conversion de l’Islam à l’athéisme, ce qui est une nouveauté dans le monde arabe.

Les amis les plus proches de Jan Burrow ont fait propager la nouvelle du décès du défunt dans des émissions diffusées sur Internet. Ils ont également diffusé, tant sur la chaîne « Ijhar » que sur les réseaux sociaux, une vidéo de son enterrement à titre de dernier adieu. Ses amis Abou el-Hakam, Firas et Léo ont ainsi animé une émission posthume, en l’honneur de leur ami défunt, sur les ondes de la chaîne « Ijhar » qu’animait Jan Burrow de son vivant. Ils y ont fait savoir au public qu’ils se sont engagés à faire perdurer la chaine du défunt en y animant des émissions qui seront diffusées les dimanches, les lundis, les mercredis et les vendredis.

En mars 2017, à la suite du piratage de sa chaîne, Jan Burrow accorde une interview à son ami Ahmed Harakan. Il y dévoile les traits saillants de son itinéraire. On y découvre qu’il n’a proclamé solennellement son athéisme qu’après son expatriation et, surtout, après le déclanchement de la guerre civile en Syrie en 2011.  On y découvre aussi qu’il était areligieux depuis son enfance alors que son père était un cheikh et un mufti de son quartier.

Jan Burrow y affirme aussi qu’il n’a jamais ressenti la douceur la foi. Il avait, cependant, l’inspiration poétique depuis son jeune âge, mais cette vocation a été mise en hibernation pendant une vingtaine d’année. En s’expatriant en 2007, sa vocation poétique a commencé à déborder d’inspiration sous l’effet des affres de la vie de réfugié politique, de la montée de la violence islamiste et de la guerre civile en Syrie. Parmi ses créativités poétiques qui semblent refléter le plus les préoccupations de son vécu, il y a lieu de citer « un poème pour les gens au menton long / قصيدة لأصحاب الذقون الطويلة » et « Réfugié politique /  لاجئ سياسي » qui fut publié en 2013 dans le magazine électronique de « Dialogue civilisé /الحوار المتمدن  ».

Dans son interview, Jan Burrow avoue qu’il aime la poésie et qu’il aurait aimé passer sa vie à composer des poèmes et à transhumer d’une soirée de poésie à une autre; mais il trouve que la poésie exige la liberté d’expression. Il va sans dire que la liberté d’expression fait défaut dans le monde arabe où il est d’usage de réprouver toutes les vocations et toutes les inspirations qui sortent des sentiers battus. Dans son pays d’accueil, l’expatrié Jan Burrow vit la liberté d’expression qui lui donne le droit de ne plus taire son athéisme. Six années après son expatriation, son cheminement de poète libre le conduit à composer un poème dans lequel il proclame son athéisme. Depuis, il est devenu, aux yeux de ses amis et de ses amateurs, le symbole des athées arabes ou encore « le lion des athées arabes ». Son recueil de poèmes intitulé « Murmures sur les rives de l’amour / همسات على ضفاف الحب » est mis en vente sur Amazon depuis 2016.

Jan Burrow ne s’est pas uniquement taillé une image de poète des athées arabes, il s’est également taillé une place de choix dans la promotion de l’athéisme dans le monde arabe à travers son émission « Ijhar » . Dans son interview,  Jan Burrow révèle  qu’il n’a jamais songé à manipuler des caméras et animer des émissions. L’idée a été suggérée par Ahmed Harakan et Jan Burrow s’est proposé de la mettre en application. Dans un poste publié antérieurement, Ahmed Harakan avait exhorté les jeunes à créer une page Facebook pour y proclamer leur athéisme. Après avoir nourri la page Facebook des athées de photos et de commentaires, Ahmed Harakan proposa de passer à une nouvelle étape, celle de la caméra. Jan Burrow capta l’Idée et commenca son cheminement en produisant des vidéo YouTube de 12 minutes avant de parvenir à monter sa chaîne et y diffuser l’émission qui devint une tribune notoire des athées arabes.

Les succès de la chaîne provoquèrent l’ire des islamistes. Ces derniers se plaisent à s’arroger le droit de proclamer leur obédience isalmiste, et ils se plaisent, à contrario, à nier le droit des athées de proclamer leur athéisme ; ils n’hésitent pas à user de tous les moyens pour les faire taire. Les Islamistes s’arrangèrent alors pour porter un coup à la chaîne « Ijhar » . Ils finissent par la pirater. Dans son interview, Jan Burrow affirme que le « hacker » qu’il soupçonne est un cheikh syrien résident à El-Jadia, au Maroc.

Pour Jan Burrow, l’athéisme n’avait pas le droit de cité dans les médias arabes il y a une dizaine d’année. Mais, l’avènement du YouTube a donné une arme redoutable aux contradicteurs des Islamistes, a-t-il martelé.

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