Jérusalem : le cadeau de Donald Trump après celui d’Arthur Balfour

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En reconnaissant Jérusalem comme étant la capitale d’Israël et en décidant d’y transférer l’ambassade des États-Unis, le président américain, Donald Trump, a relancé, mercredi 6 décembre 2017, la question du conflit arabo-israélien qui perdure depuis déjà un siècle ; soit depuis le 2 novembre 1917, date de la déclaration d’Arthur Balfour qui assurait à l’èpoque le poste de ministre des affaires étrangères de la Grande Bretagne.

Est-ce que Donald Trump avait donné ce qu’il ne possédait pas ?

En reconnaissant Jérusalem comme étant la capitale d’Israël et en décidant d’y transférer l’ambassade des États-Unis, le président américain, Donald Trump, ne fait que fêter, à sa manière, le centenaire de la déclaration d’Arthur Balfour laissant le soin aux arabes de fêter le même centenaire à leur manière.

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Dans sa déclaration du 2 novembre 1917, Arthur Balfour [1848-1930] promettait « l’établissement d’un foyer national pour le peuple juif en Palestine » dans « le respect des droits civils et religieux des communautés non juives de la Palestine ». Le but était de rassurer les juifs du monde et plus particulièrement ceux des États-Unis afin de les amener à participer à l’effort de la première guerre mondiale aux côtés des Alliés [la Grande Bretagne, la France et la Russie] contre le camp adverse constitué des empires centraux [l’Allemagne, l’Autriche, l’empire ottoman et la Bulgarie]. À l’époque, la Palestine et l’ensemble des pays arabes se trouvaient sous l’autorité de l’Empire Ottoman. Arthur Balfour n’était pas encore en possession de la terre qu’il promettait aux fils d’Israël.

En commentant la décision du président américain, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déclaré dans son intervention, mercredi 13 décembre 2013, lors du sommet du l’Organisation de la Coopération Islamique [OCI] que « Donald Trump avait donné ce qu’il ne possède pas à celui qui ne le mérite pas ». Or, l’ironie de l’histoire nous fait savoir que le ministre des affaires étrangères de la Grande Bretagne avait promis aux juifs de leur donner un foyer national en Palestine alors que la Palestine était encore, en ce moment-là, sous l’autorité de l’Empire Ottoman.

Est-ce que Arthur Balfour avait promis ce qu’il ne possédait pas ?

Les arabes auraient dit alors que « les britanniques donnaient ce qu’ils ne possédaient pas à celui qui ne le méritait pas », sachant que les correspondances épistolaires entretenues en 1915 entre le Chérif Hussein du Hedjaz et les britanniques à travers leur Haut-Commissaire en Égypte, Arthur Henry MacMahon [1862-1949],  démontrent que les britanniques avaient promis, dès 1915, de concéder la Palestine, la Syrie, le Liban et l’Irak au Chérif Hussein de la Mecque en récompense à sa révolte contre l’Empire Ottoman. Par ironie de l’histoire, il se trouve que la promesse d’Arthur Balfour du 2 novembre 1917 donnée aux juifs l’a emporté sur la promesse d’Arthur Henry MacMahon de 1915 donnée au Chérif Hussein de la Mecque.

Une autre ironie de l’histoire! Il se trouve que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël proclamée, le 6 décembre 2017, par Donald Trump survient six mois après la visite triomphale de Donald Trump en Arabie Saoudite; laquelle visite a été couronnée par la conclusion d’une certaine alliance entre les États-Unis et les musulmans sunnites pilotés par l’Arabie en sus de la conclusion de contrats pharamineux totalisant la somme colossale de 350 milliards de dollars qui devaient aller des caisses de l’Arabie vers les caisses des États-Unis.

Il en ressort qu’en dépit des accords conclus en 1915 entre les britanniques et le Chérif Hussein, les arabes avaient perdu la Palestine en 1917 au profit des israéliens ; et qu’en dépit des accords conclus en mai 2017 entre les américains et le roi de l’Arabie, les arabes avaient « perdu » des plumes sur la question de Jérusalem en décembre 2017.

Le petit David l’emporte sur le géant Goliath

Entre la déclaration de Balfour et la déclaration de Donald Trump, le bilan des pertes cumulées par les arabes n’a cessé de s’alourdir et de s’empirer. Les juifs qui ne constituaient que 10% à 12% de la population de la Palestine en 1917 ont réussi à s’implanter et à proclamer la création de l’État d’Israël en 1948. En cette période d’implantation, les fils d’Israël renvoyèrent quelques 750.000 arabes dans un exode forcé les transformant ainsi en réfugiés palestiniens pour l’éternité. Les arabes ont considéré cet événement tragique comme étant un désastre, une catastrophe dénommée Nakba dans le langage arabe. Ce jour de Nakba est célébré le 15 mai de chaque année !

En Juin 1967, les fils d’Israël vécurent une histoire qui présente quelques ressemblances avec la guerre que Gédéon avait remporté au temps des juges contre les arabes Madianites et leurs alliés que la Bible décrit comme étant une multitude de sauterelles. Les madianites ont été battus et « humilié devant les enfants d’Israël, et ils ne relevèrent plus la tête pendant quarante ans », précise le verset 28 du chapitre VIII du livre des Juges.

En juin 1967, les fils d’Israël ont fait face à trois pays frontaliers arabes : l’Égypte, la Jordanie et la Syrie. En cinq jours, du 5 au 10 juin, le petit État d’Israël avait détruit pratiquement tous les avions qui étaient encore cloués au sol des aérodromes arabes; il a annexé aussi bien la Bande de Gaza et la péninsule de Sinaï de l’Égypte que Jérusalem-Est et la Cisjordanie du Jordan et le plateau du Golan syrien; et il a mis en débâcle les armées des arabes tuant ainsi presque 20.000 morts arabes contre 750 morts israéliens.

La perdition arabe et le délire du pouvoir !

Par euphémisme, ce désastre arabe qui dépasse de loin celui de 1948 a été qualifié en arabe de [Naksah]; ce qui a pour synonyme « échec » ou « revers ». Les arabes sont un monde à part, un monde étrange! Ils savent jouer sur les mots pour adoucir une situation amère, atténuer la gravité d’un choix, transformer une défaite en victoire et plébisciter les dictateurs qui mènent le peuple à sa propre déperdition.

Le 9 juin 1967, le président égyptien Jamal Abdel Nasser, la figure de proue du panarabisme et du nationalisme arabe, avait prononcé un discours exceptionnel dans lequel il a demandé à son peuple de l’aider à se retirer du pouvoir et assumer sa responsabilité de la défaite comme s’il y avait quelque chose d’invisible ou de satanique qui l’empêchait de démissionner et de rendre compte de la défaite incommensurable. En termes codés, son discours était un signal de détresse pour appeler ses troupes à son secours. Répondant à son appel codé, le peuple est sorti dans des manifestations de masse pendant les journées du 9 et 10 juin pour exiger le maintien du leader Jamal Abdenasser au pouvoir.

Désormais, ce jour de Naksah est célébré le 5 juin de chaque année! Dans les pays démocratiques, la perte de la guerre entraine des démissions parmi les généraux et leur poursuite judiciaire, le cas échéant. Dans notre monde arabe, on implore ce lui qui nous a amené à la perdition de demeurer à vie à la tête du pouvoir.

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