Une cigogne est lapidée pour adultère, dit un prédicateur saoudien !

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Une cigogne a été lapidée par ses congénères pour avoir commis le péché de l’adultère. Elle a été lapidée jusqu’à la mort à la façon de la puritaine loi islamique. Un savant [ornithologue] français a été témoin oculaire de cette scène dramatique. C’est ce que nous rapporte sans vergogne un étrange prédicateur saoudien répondant au nom de Abdullah Suilem.

IMG_20171227_023252535_HDRIl ne s’agit pas ici d’une fable; il s’agit plutôt d’un prototype de mensonges que les islamistes ne cessent de broder depuis le fameux hadith de Sahih al-Boukhari qui rapporte le récit d’une guenon qui a été lapidée par ses congénères pour adultère au temps du prophète de l’Islam.

C’est dans une vidéo, devant un parterre de badauds, que le prédicateur Abdullah Suilem racontait la rocambolesque historiette de la cigogne. Ce prédicateur controversé est parvenu à réconforter les fidèles dans leur inébranlable foi et déjouer leurs cervelles dans leur éveil en s’appuyant sur une chimérique expérience scientifique accomplie par un légendaire savant français. Il est devenu classique chez les prédicateurs musulmans de faire gober n’importe quelle absurdité en alléguant que les savants de notre époque ont démontré et validé des expériences qui confirment leurs allégations mensongères.

Dans un tel contexte de conditionnement, les fidèles ne demandent pas au prédicateur des preuves de ce qu’il dit; ils ne demandent pas quel est le nom de ce savant français qui a fait l’expérience et rapporté le récit ; ils ne réclament pas le nom de l’université ou du centre de recherche auquel appartient le savant français ; ils ne posent pas de questions sur les références concernant la publication des résultats de la recherche du savant français ; bref, ils ne posent pas de  questions et ils ne se posent même pas de questions.

Dans un pays islamique, le prédicateur incarne le pouvoir de la connaissance sacré; il est une sorte du vicaire d’Allah et un successeur et héritier du prophète. Il y est difficile, voire même, impossible de poser une question dubitative. Cela est très déconseillé dans la culture musulmane puisque le doute est considéré comme une sorte d’apostasie et peut facilement se retourner contre le réfractaire. Ceci étant, le prédicateur ne livre à son auditoire aucune information utile qui lui permettrait de vérifier l’authenticité des allégations avancées.

Selon ce rocambolesque mensonge forgé autour de la cigogne, le chimérique savant français a dérobé les œufs d’un couple de cigognes et mis à leur place des œufs d’une poule. Après la période de couvaison, l’éclosion des œufs a donné des poussins et non pas des cigogneaux. Intrigué, le mâle de la cigogne en a alors conclu à une trahison conjugale commise par sa femelle avec un coq. Emporté par la colère, le mâle « cocu » a fait appel à une nuée de cigognes pour se venger de sa femelle à la façon de la loi islamique. L’ensemble des cigognes ont alors lapidé la cigogne accusée d’adultère jusqu’à la mort et mis fin à la vie de ces prétendus poussins issus d’une prétendue relation extraconjugale entre la cigogne et un coq.

Pour donner une plus-value à son récit, l’effronté prédicateur Abdullah Suilem affirme que le savant français a été interpelé par les péripéties de son expérience avec les cigognes et qu’il s’est confié, en fin de compte, à un musulman en lui demandant conseil. En retour, ajoute le prédicateur Abdullah Suilem, le [chimérique] musulman a informé le [chimérique] savant français qu’il s’agit dans le cas de figure de l’application de la lapidation ordonnée par l’Islam.  Ayant appris cette « vérité religieuse », le [chimérique] savant français a décidé d’embrasser l’Islam, conclue le prédicateur Abdullah Suilem.

Le but ultime du prédicateur étant, bien évidemment, de montrer que l’Islam est une « Vérité », une vraie religion du vrai Dieu, une religion qui a été adoptée par Abraham et l’ensemble des prophètes, une religion universelle qui s’applique en tout temps, une religion embrassée par tous les êtres vivants y compris les djinns du Coran, la huppe de Salomon, les singes de ‘Amr Ibn Maymoun et les cigognes du chimérique savant français, et, enfin, une religion qui continue d’attirer de nouveaux fidèles de la taille de ce chimérique savant français.

En matière de foi, spécialement en Islam, la cervelle s’éclipse devant l’inconnaissable, l’inexplicable, le dogmatisme, le rituel et la volonté du Dieu. Le récit rocambolesque de la cigogne lapidée par ses congénères pour adultère ne semble pas avoir éveillé de sa torpeur un auditoire emporté par le récit rocambolesque de l’effronté Abdullah Suilem .

Ce prototype d’auditoire est très répandu dans le monde musulman. Comment peut-on alors s’attendre à ce qu’un tel auditoire rejette le mensonge de la cigogne lapidée par ses congénères pour adultère alors que Sahih al-Boukhari lui affirme qu’une guenon a déjà été lapidée par ses congénères pour adultère à la période préislamique, c’est-à-dire juste avant la prédication de l’Islam, d’autant plus que le récit est rapporté par un compagnon du prophète Muhammad.

Dans ce récit aussi rocambolesque que le premier, un compagnon du prophète de l’Islam nommé ‘Amr Ibn Maymoun dit avoir été un témoin oculaire de la lapidation d’une guenon par ses congénères pour raison d’adultère. Le comble est que ‘Amr Ibn Maymoun dit qu’il avait lui-même contribué à la lapidation de la guenon. Son récit est tout bonnement consigné dans le livre le plus authentique et le plus sacré après le Coran selon les musulmans sunnites. En se faisant, les musulmans érigent le hadith de ’Amr Ibn Maymoun au même rang que les hadiths attribués au prophète de l’Islam.

Il s’agit évidemment du fameux livre de Boukhari qui, de nos jours, devient de plus en plus contesté et mis en doute par des courants de pensée qui tentent de se dresser contre un « terrorisme intellectuel » qui sévit depuis quatorze siècles dans le monde des musulmans. C’est ce « terrorisme intellectuel » qui tient à maintenir les gens dans l’ignorance et à museler des musulmans très modérés comme le marocain Rachid Aylal, l’auteur de « Sahih al-Boukhari : Fin d’une légende » auquel j’ai consacré auparavant un article à l’occasion de la publication de son ouvrage. C’est ce « terrorisme intellectuel » qui a mis les égyptiens Islam Labhiri et le Cheikh Muhammad Abdullah Nasr en prison. C’est ce même « terrorisme intellectuel » qui a causé l’assassinat de plusieurs penseurs et écrivains arabes comme Faraj Fouda.

En mettant face à face le rocambolesque récit du compagnon du prophète ’Amr Ibn Maymoun et le récit de son homologue saoudien Abdullah Suilem, nous nous trouvons en droit de dire que le prédicateur Abdullah Suilem a préféré utiliser un récit tout chaudement forgé que faire sortir du réfrigérateur le récit de la guenon lapidée à la période préislamique. Nous pouvons également nous nous demander si des gens comme al-Boukhari et ‘Amr Ibn Maymoun pourraient être plus savants et plus visionnaires que les intellectuels qui végétent actuellement dans le monde musulman.

Il va sans dire que des prédicateurs de la trempe d’Abdullah Suilem souffrent d’un problème majeur, d’un anachronisme pathétique. Dans un pays démocratique, de tels forgerons auraient été pris en charge par des services spécialisés aux fins de définir la nature de leur problème et prendre les mesures qui s’impose selon le cas de figure.

En attendant l’avènement de la démocratie dans le monde musulman, les prédicateurs peuvent continuer leurs ouvres tant que les auditeurs de chaque prédicateur se comptent par des milliers, voire même des millions.

En attendant une vraie démocratie dans les pays musulmans, le monde civilisé ne va pas attendre; il va aller de l’avant comme il l’avait fait au temps où des ancêtres du monde musulman étaient en train de chercher à savoir si la fourmi du récit de Salomon citée dans le Coran était une fourmi mâle ou une fourmi femelle ! En attendant, « l’Homme Malade » continuera à régner sur le monde musulman.

En attendant, je laisse les arabophones écouter le récit de la cigogne lapidée à mort de la bouche du prédicateur saoudien Abdullah Suilem.

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