Le Mythe d’Adam entre le Coran et la Bible

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Les Mythes de la Bible sont-ils l’œuvre des hommes ou l’œuvre du Dieu ? Les mythes du Coran sont-ils l’œuvre des hommes ou l’œuvre d’Allah? La question ne date pas d’aujourd’hui. On sait déjà que la Torah et l’Évangile sont considérés en Islam comme étant une parole divine révélée aux prophètes mais falsifiés par les humains. C’est l’avis de tous les musulmans depuis l’établissement de l’Islam au VIIème siècle jusqu’à nos jours.

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Mais, l’avis des musulmans ne peut être pris pour argent comptant puisqu’il émane d’une religion concurrente qui abroge le Judaïsme et le Christianisme et les supplante tout en alléguant, d’un côté, que l’Islam est la seule religion agrée par Dieu et en affirmant, d’un autre côté, que la religion de l’Islam date de la nuit des temps.

En annulant d’un revers de main le Christianisme et le Judaïsme et en jetant le doute sur l’authenticité des livres constitutifs de la Bible, l’Islam présente le Coran comme étant une parole divine intégralement révélée et indéfiniment protégée par Allah qui, de son propre chef, s’engage dans le Coran à protéger sa parole révélée.

À cet égard, l’ascenseur peut être renvoyée à l’Islam. Est-il sérieux de la part d’Allah d’autoriser la falsification de sa propre parole révélée aux anciens prophètes ? D’autant plus, si Allah n’avait pas protégé sa parole révélée aux anciens prophètes comment pourrait-on espérer qu’il prémunirait le Coran d’une éventuelle falsification humaine ?

En ce qui concerne les mythes coraniques, tous les musulmans savent que les détracteurs du prophète Muhammad ne croyaient ni aux mythes bibliques ni aux légendes coraniques. Le Coran lui-même reconnait ce fait puisqu’il l’évoque à plusieurs reprises. On le retrouve par exemple dans le verset 24 de la sourate XVI dans laquelle on apprend que les mecquois traitaient les contes du prophète de l’Islam de contes ou légendes d’anciens.

Et lorsqu’on leur dit : « Qu’est-ce que votre Seigneur a fait descendre (sur Muhammad) ? » Ils disent : « Des légendes anciennes ! ». (Sourate Les Abeilles : XVI, 24)

On le retrouve également dans le verset 5 de la Sourate XXV dans laquelle les détracteurs du prophète de l’Islam disaient que Muhammad ne leur racontait que des contes d’anciens peuples et qu’il se faisait écrire ces contes par d’autres personnes en faisant ainsi allusions aux Chrétiens et aux Juifs que le prophète de l’Islam fréquentait.

Et ils disent : « Ce sont des contes d’anciens qu’il (Muhammad) qu’il se fait écrire ! On les lui dicte matin et soir. » (Sourate Le Discernement : XXV, 5)

Dans ce décor, le Coran fait de tous les anciens prophètes des musulmans. Aisni, selon la conception musulmane Abraham, Moïse et Jésus étaient des musulmans. Ce qui est naturellement insensé ! Qui pourrait croire à de telles absurdités ? En fait, il n’y a pas que les musulmans qui gobent de telles présomptions. Il y a aussi les chrétiens qui gobent la même absurdité mais dans un contexte différent. C’est juste l’emballage et la mise en scène qui change. Pour le musulman, l’Islam a existé depuis la nuit des temps alors que pour le chrétien c’est Jésus Christ qui a existé depuis la nuit des temps.

Jésus leur dit : « Oui, vraiment je vous le dis : Avant qu’Abraham vienne à l’existence, j’ai été.  (Matthieu :  VIII, 58)

À y regarder de plus près, on peut constater à l’œil nu que c’est la même sauce qui est servie aux uns et aux autres mais dans des plats différents. La Bible a créé des mythes et des légendes qui répondent à ses propres desseins. De même, les mythes et les légendes de plusieurs figures bibliques comme Adam, Noé, et la reine de Sheba ont été reforgés par le Coran et réutilisés dans les textes coraniques en fonction des desseins de l’Islam naissant.

Dans ce contexte, il est normal que les versions du Coran soient différentes de celles de la Bible. De même, il est normal que la version de l’Ancien Testament soit différente de celle du Nouveau Testament.

Pour mieux illustrer les divergences entre la version coranique et les versions bibliques, prenons l’exemple d’Adam. Pour la Bible juive, Adam devait être l’héritier du paradis terrestre puisque Dieu l’a créé spécifiquement pour s’occuper du Jardin d’Éden et de le cultiver. Plusieurs générations plus tard, le Dieu d’Israël avait promis ce même paradis terrestre en héritage aux descendants d’Abraham à travers Jacob. Moïse est venu par la suite pour faire sortir les fils d’Israël de l’Égypte où ils vivaient comme des étrangers afin de les ramener au pays de Canaan que Dieu leur avait promis plusieurs siècles auparavant. Jusqu’au là, Adam n’avait pas commis un péché originel dans le contexte de l’Ancien Testament.

De son côté, le Nouveau Testament va recourir au subterfuge du crime ; il va criminaliser l’acte commis dans le paradis par Adam; il s’agit évidemment de l’acte de manger le fruit de l’arbre interdit. Le Nouveau Testament va se baser alors sur ce mythe pour attribuer le crime du péché originel à Adam. Ainsi, la figure d’Adam prendra une autre allure. Pour les chrétiens, Adam était prédestiné à vivre éternellement dans le paradis mais il a gâché le plan du Dieu en mangeant le fruit de l’arbre interdit. Il a ainsi introduit la mort dans la vie de l’homme.

Pour payer le tribut du crime originel commis par Adam et rétablir la volonté de Dieu dans le paradis, les chrétiens ont fait de Jésus Christ le premier né de Dieu, c’est-à-dire le fils unique de Dieu. Celui-ci est venu sur terre pour payer le tribut de la faute commise par Adam ; il donna sa vie sur le pilori comme rançon afin de rétablir la volonté originelle de Dieu qui consistait à permettre aux hommes de vivre éternellement dans le paradis.

C’est en cette qualité de fils unique de Dieu que Jésus aurait été pressenti vicaire du Dieu sur terre à la fin des temps. Il est dit que Jésus établirait le royaume de Dieu sur terre selon la conception chrétienne. C’est en cette qualité de fils unique de Dieu que Jésus devient l’objet d’adoration des anges. C’est sur l’ordre de Dieu que les anges fils de Dieu adorent Jésus et lui rendent hommage comme le prouve le verset 6 du premier chapitre du livre de Hébreux.

Mais quand il introduit de nouveau son Premier-né dans la terre habitée, il dit : « Et que tous les anges de Dieu lui rendent hommage. » (Hébreux : I, 6)

En ce qui concerne le Coran, Adam prend une autre allure ; il est le personnage le plus important dans l’univers après Dieu.  Dans ce décor, le Coran réduit le personnage de Jésus à la taille d’un simple homme, un simple prophète dénué de toute nature surhumaine ou surnaturelle que le Nouveau Testament lui avait attribué. Dans le Coran, ce n’est plus Jésus qui est le vicaire de Dieu sur terre (dans le monde d’ici-bas) ; c’est plutôt Adam qui est le vicaire de Dieu sur terre. Selon le Coran, Jésus n’est pas celui auquel les anges se sont prosternés sur ordre de Dieu ; c’est plutôt Adam auquel les anges se sont prosternés sur ordre de Dieu.

Nous dîmes aux anges : « Prosternez-vous devant Adam ! », ils se prosternèrent, à l’exception de Satan qui refusa, s’enflamma d’orgueil et fut parmi les infidèles » (Sourate la Vache : II, 34)

Il s’agit évidemment ici d’un conflit théologique auquel les profanes ne peuvent faire attention. Tous les musulmans lisent que Dieu avait ordonné aux anges de se prosterner devant Adam sans comprendre la raison pour laquelle le Coran avait dit cela. De même, les profanes parmi les musulmans ne savent pas pourquoi le Coran dit que Dieu avait concédé à Adam le droit de le représenter sur terre, d’y jouer le rôle de son vicaire et d’y verser le sang.

Les anges ont été très surpris de la proposition choquante de Dieu. Ils répliquèrent sans tarder à Dieu en lui disant dans le verset 30 de la Sourate II dite Sourate de la Vache : « Vas-tu y placer (un vicaire) qui y sèmera la corruption et répandra le sang alors que nous sommes là à te sanctifier et à te glorifier ? »

En réponse à la réplique des anges, Allah se contente de rétorquer laconiquement en disant : « En vérité. Je sais ce que vous ne savez pas ».  Il y semble que les anges n’ont pas compris qu’Allah placera l’homme en tant que son vicaire sur terre pour soumettre toute l’humanité et toute la terre à la volonté du Dieu par le moyen de l’épée. C’est ce rôle messianique que joue le mythique Adam dans la version coranique.
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Mais cela ne veut pas dire que c’est l’unique rôle que jouera la figure d’Adam dans le Coran. Adam y jouera également le rôle du vicaire d’Allah dont la mission principale consiste à adorer Allah. C’est cet aspect que j’ai essayé de présenter dans un précédent article intitulé : « Divergences entre le Coran et la Bible autour de la mission assignée à Adam ».

Mais quand il introduit de nouveau son Premier-né dans la terre habitée, il dit : « Et que tous les anges de Dieu lui rendent hommage. » ( Sourate Qui Éparpillent : LII, 56)

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Une réflexion sur “Le Mythe d’Adam entre le Coran et la Bible

  1. abdk

    bonjour si vous voulez en savoir plus sur la prosternation des anges et adam , vous devriez lire le « sepher d’adam » ou « le livre d’adam » .C’est un écrit juif qui décrit une discussion entre adam et satan où adam demande au diable la raison de son bannissement .bonne lecture à vous.

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