Figures bibliques sur les traces du Jardin d’Éden (Introduction)

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Les fils d’Israël ont inventé Adam et le mythe du Jardin d’Éden pour préfigurer leur terre promise, terre de rêve imaginée comme étant un pays bon, vaste, ruisselant de lait et de miel et offrant des récoltes agricoles, des grenades, des figues, des grappes de raisins et des fruits mûrs en abondance.

Les versets 7 à 9 du chapitre VIII de Deutéronome font parler Dieu en lui faisant promettre au peuple d’Israël « un pays de blé, d’orge et de vignes, de figues et de grenades, un pays d’olives [riche en] huile miel, un pays où il ne manquera de rien ».

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NB : Une ressemblance notable entre le verset 11 de la Sourate XVI (Les Abeilles) et le versets 8 du chapitre VIII de Deutéronome 

Dans ce pays paradisiaque, les grappes de raisin sont incroyablement d’une taille monumentale. Pour nous en convaincre, la Bible nous raconte qu’une grappe attachée à un sarment avait mobilisé deux espions israélites pour la porter au moyen d’une barre au terme d’une mission des douze espions envoyés par Moïse aux fins d’explorer le pays de Canaan pendant une saison de fruits.

Outre le mythe du paradis d’Adam, les fils d’Israël ont inventé le mythe du grand déluge biblique pour faire disparaître les traces du Jardin d’Éden et l’effacer de la mémoire des êtres humains à la suite du péché éternel attribué à Adam. Ils se sont considérés par la suite héritiers du Jardin d’Éden en inventant le mythe de la terre promise.

À la lecture de la Bible, nous pouvons constater que le « Jardin d’Éden » qui présageait pour Adam et Ève une éternelle vie paradisiaque en compagnie de Dieu s’est prématurément et dramatiquement transformé en un théâtre de rébellion, de péchés, de méchanceté et d’anarchie.

Dans une première étape, Adam et Ève commettent un péché en mangeant de « l’arbre de la connaissance » sous instigation du Satan, le serpent. Mis à l’épreuve, Dieu perdit contenance et décida d’exclure Adam et Ève du « Jardin d’Éden » et de leur infliger la perte de la vie éternelle qui était jusqu’au là à portée de leur main. Beaucoup plus tard, les anges se sont rebellés à leur façon en prenant les filles de l’homme pour femmes et leur rébellion a perduré longtemps laissant sur son sillage une abondance de la méchanceté causée par leurs descendants, les « Nephilim » qui sont des géants méchants et rebelles. Mis à l’épreuve, encore une fois, Dieu décida alors de prendre les mesures coercitives qui s’imposent afin de remettre de l’ordre dans sa maisonnée.

Dans une seconde étape, Dieu regretta d’avoir fait les hommes sur la terre et se résout à réagir aux agissements des Nephilim[1] et à l’abondance de leur méchanceté sur la terre en décrétant « le Grand Déluge » qui mit fin au mythe du « Jardin d’Éden » et laisse la voie libre à une nouvelle expérience du Dieu avec une nouvelle communauté humaine constitué de Noé et de sa famille.

Après un long processus de procréation des êtres humains, de leur développement démographique et de leur constitution en peuples et nations disséminés à travers l’étendue de la géographie du monde antique, Dieu décida d’adopter Israël comme fils ainé et il envoya Moïse au Pharaon pour le lui signifier et lui demander de libérer les fils d’Israël pour aller servir leur Dieu[2]. Celui-ci fit des fils d’Israël son peuple élu, il leur donne la « Terre Promise » qui nous rappelle le « Jardin d’Éden » que Dieu avait noyé dans les eaux du « Grand Déluge ».

L’héritage de la terre sainte ne s’est malheureusement pas fait pacifiquement comme on pourrait l’espérer du Dieu de l’univers. Il s’est fait plutôt dans le feu et le sang. Pour entrer en possession de cette terre sacrée, les fils d’Israël ont fait du Dieu leur chef de guerre et ils ont inventé les figures bibliques pour les mettre sur les traces de ce Jardin perdu dont l’éclat paradisiaque avait disparu après le grand déluge biblique. Ils ont fait de la Bible un document hagiographique fait d’écritures saintes décrivant la genèse des patriarches d’Israël depuis Adam et retraçant la formation de la nation israélite au milieu des autres nations du monde antique

L’armée de Dieu s’est mise en branle pour déloger les squatters du Jardin d’Éden qui sont décrits par la Bible comme étant des peuples faits d’hommes forts et de géants. C’est ce que confirmèrent les douze espions de Moïse qui ont exploré les pays de Canaan pendant quarante jours et qui ont apporté avec eux, à leur retour, les grenades, les figues, les fruits mûrs du pays et le sarment à une seule grappe de raisin. « Nous y avons vu les Nephilim, les fils d’Anaq, qui sont d’entre les Nephilim ; si bien que nous sommes devenus à nos yeux comme des sauterelles, et tels sommes-nous devenus à leurs yeux », disaient les douze espions de Moïse aux membres de l’assemblée des fils d’Israël selon le récit du verset 33 du chapitre XIII des Nombres. À travers les deux premiers versets du chapitre VII de Deutéronome, nous apprenons que Dieu s’adressa à la nation d’Israël avant son entrée dans la terre promise en lui signifiant qu’il devra déloger sept nations plus populeuses et plus fortes que le peuple d’Israël, à savoir : les Hittites, les Guirgashites, les Amorites, les Cananéens, les Perizzites, les Hivites et les Yebousites.

Le verset 29 du chapitre XIII du livre des nombres nous raconte que « les Amaléqites habitent dans le pays du Négueb ; les Hittites, les Yebousites et les Amorites habitent dans la région montagneuse ; les Cananéens habitent près de la mer et sur le bord du Jourdain. ». Ces peuples sont non seulement décrits dans la Bible comme étant constitués de géants et d’hommes forts d’une taille extraordinaire mais également et surtout comme des peuples méchants et impurs voués à la destruction en vertu d’une décision décrétée par le Dieu d’Israël. C’est Dieu lui-même qui l’annonce au peuple d’Israël au jour de la traversée du Jourdain. Le chapitre IX de Deutéronome reprend cette parole divine en ces termes :

« Entends, ô Israël ! Tu traverses aujourd’hui le Jourdain pour entrer et déposséder des nations plus grandes et plus fortes que toi, des villes grandes et fortifiées jusqu’aux cieux, un peuple grand et de haute taille, les fils d’Anaqim[3], dont tu as su et dont tu as entendu dire : ‘ Qui peut résister devant les fils d’Anaq ?’. Tu sais bien aujourd’hui que Jéhovah ton Dieu traverse devant toi. C’est un feu dévorant. Il les anéantira, et il les soumettra lui-même devant toi ; tu devras les déposséder et les détruire rapidement, comme Jéhovah te l’as dit. Ne te dit pas ceci dans ton cœur, lorsque Jéhovah ton Dieu les repoussera de devant toi : ‘C’est à cause de ma propre justice que Jéhovah m’a fait entrer pour prendre possession de ce pays ; en fait, c’est à cause de la méchanceté de ces nations que Jéhovah ton Dieu les chasse de devant toi, et afin de réaliser la parole que Jéhovah a jurée à tes ancêtres, Abraham, Isaac et Jacob. ».

On retrouvera le même son de cloche dans de nombreux versets des livres bibliques qui relatent la conquête du pays de Canaan. Nous en prendrons pour exemple les versets 17 et 18 du chapitre XX de Deutéronome où Dieu donne la liste nominative des peuples à exterminer en disant : « Il faut absolument que tu les voues à la destruction : les Hittites et les Amorites, les Cananéens et les Périzzites, les Hivites et les Yebousites, comme Jéhovah ton Dieu te l’a ordonné ; afin qu’ils ne vous enseignent pas à faire selon toutes choses détestables, celles qu’ils ont faites pour leurs dieux, et que vous ne prêchiez bel et bien contre Jéhovah votre Dieu ».

Tout au long de leur épopée biblique, les fils d’Israël se sont donné l’image d’une nation sainte et se sont constitués en une armée de Dieu destinée à occuper une terre sainte que ce même Dieu avait promis de la donner en héritage à leurs ancêtres Abraham, Isaac et Jacob. Au fond, il ne s’agissait que du mythique du Jardin d’Éden dont Adam a été débouté à la suite de mythique péché universel. Le texte biblique ne nous le dit pas de façon claire et sincère mais il nous livre des indices que nous tenons à reconstituer à travers les mythes et les personnages bibliques pour faire le lien entre le mythe de la terre promise et le mythe du Jardin d’Éden.

Le « Jardin d’Éden » révélé dans la Bible demeure donc un grand mystère et une énigme que nous nous proposons de démythifier et de déchiffrer à partir des données bibliques elles-mêmes. Notre effort se consacrera à la recherche de renseignements, au recoupement des informations et au décodage, le cas échéant, pour mettre en relief les liens entre le « Jardin d’Éden » d’Adam et Ève et la « Terre Promise » aux fils d’Israël. En suivant les pistes et les indices bibliques, nous nous rendrons compte que les prophètes bibliques et les théologiens connaissent cette vérité scripturaire et l’expriment en un langage ésotérique à travers leurs discours herméneutiques.

[1] Genèse, chapitre VI, verset 4.

[2] Exode, chapitre IV, versets 22 et 23.

[3] Anaqim est le pluriel d’Anaq ; le suffixe « im » transforme le singulier en pluriel dans le langage hébreu.

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Une réflexion sur “Figures bibliques sur les traces du Jardin d’Éden (Introduction)

  1. Franck Prevost de la Mirandière

    Si le jardin d’Éden est un mythe comme vous le prétendez, pourquoi y a t-il des indications géographiques de celui-ci (les fleuves Euphrate, le Hiddéqel, le Pishôn, le Guihôn – Genèse 2:10-14 -) ?

    Pourquoi aussi l’indication de Chérubin qui gardent le jardin « à l’est » si ce jardin est un mythe ?

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