MOÏSE ET LE JARDIN D’ÉDEN (4/4)

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Quant aux Chaldéens, le Livre de la Genèse les présente comme étant des ennemis et oppresseurs d’Abraham dans la guerre des neufs rois que nous aurons l’occasion d’évoquer à travers de la mise en œuvre de la figure d’Abraham sur les traces du mythe du Jardin d’Éden. En outre, le verset 10 du deuxième Livre des Rois présente les chaldéens comme des ennemis d’Israël qui ont ravagé Jérusalem en leur qualité d’alliés militaires au roi de Babylone. À cet effet, le verset précité nous informe que « toutes les forces militaires des Chaldéens, qui étaient avec le chef de la garde personnelle [du roi de Babylone], abattirent la muraille de Jérusalem, tout autour ».

Ces données de nature historiques reflètent l’image d’un pays de rêve des Israélites situé à mi-chemin entre l’Euphrate à l’Orient et le Nil à l’Occident et qui fait l’objet de convoitises de la part d’un ensemble de pays ennemis venant de l’Orient. Pour pouvoir imaginer le mythe du jardin d’Éden, Moïse auquel la tradition hébraïque attribue la rédaction de la Genèse devait connaître non seulement l’espace géographique du monde antique et la généalogie des peuples mais également les récits de l’histoire qui lui sont antérieurs et ceux de l’histoire qui lui sont postérieurs. Ainsi, Moïse devait-il connaitre aussi bien l’histoire des personnages bibliques qui lui sont antérieurs comme Noé que l’histoire des personnages qui lui sont postérieurs comme le prophète Balaam que l’on retrouve dans un récit relaté dans les chapitres XXII à XXIV du Livre des Nombres ? Sur ce point, Émile Ferrière, nous fait rappeler cette dichotomie dans son ouvrage en notant ce qui suit :

« L’épisode de Balaam (Nombres, XXII, XXII, XXXIV) suppose l’absence de Moïse. Or, l’épisode de Balaam appartient au livre de Guerres de Jéhovah, c’est-à-dire aux anciens témoignages. »

Sur le même sujet, Guy Rachet nous enseigne à son tour que :

« Le narrateur biblique a repris à son compte une tradition datée, selon une inscription de Deir-‘Allâ, des environs de l’an 800 avant Jésus-Christ, à l’époque de la floraison du royaume de Juda, qu’il a reportée quatre ou cinq siècles plus tôt. »

Outre sa critique mettant en exergue la confusion dans l’esprit du rédacteur du récit de l’épisode du prophète Balaam, Émille Ferrière, nous fait révéler une autre absurdité dans le Pentateuque dont la rédaction est attribuée à Moïse. Il s’agit du récit du chapitre XXI de la Genèse qui relate une alliance de paix conclue entre Abraham et le roi des Philistins alors qu’Abraham avait existé avant l’arrivée des Philistins dans le pays de Canaan. De telles absurdités historiques relevées dans le Pentateuque de Moïse nous renvoient donc à la problématique de l’histoire de l’écriture et la rédaction de la Bible.

Nous savons d’emblée que l’écriture n’a existé qu’à une date postérieure à l’époque de Moïse et que la Bible n’a été compilée et mise en forme que vers le VIème ou le Vème siècle avant Jésus-Christ. Comment peut-on alors considérer les légendes brodées autour de Moïse comme étant véridiques si la Bible n’a été mise en forme que quelques siècles avant Jésus Christ et que l’écriture n’a existé en Israël que plusieurs siècles après l’époque de Moïse?  À cet effet, Renon Ernest souligne dans une note de bas de page, – en marge de son commentaire sur la bataille de Raphidim relatée dans le chapitre XVII de Livre des Nombres –, que « l’écrire en Israël est postérieure à Moïse de trois à quatre siècles » tout en concluant que « les siècles sans écritures n’engendrent et ne transmettent que des fables. »

Il est donc difficile d’admettre les légendes brodées autour de Moïse à moins que l’on soit aveuglé par la foi. En effet, outre les contes des dix plais de l’Égypte, le récit biblique du chapitre XIV de l’Exode s’efforce de nous faire croire que Moïse avait fendu les eaux de la mer Rouge et qu’il s’est frayé ainsi un chemin ayant permis au peuple israélite de traverser la mer en marchant sur une terre ferme.

Or, la lecture de la Bible nous révèle que ce mythe de séparation des eaux pour se frayer un chemin a été utilisé à plus d’une fois dans les récits bibliques. On le retrouve dans le récit des chapitres III et IV du livre de Josué où il est dit que les eaux du Jourdain ont miraculeusement été coupées permettant ainsi aux prêtres transportant l’Arche de Jéhovah de traverser sans se mouiller les plantes de leurs pieds.

Nous retrouvons, encore une fois, un récit similaire dans le chapitre II du deuxième Livre des Rois où il est dit dans le verset 14 que « Élisha frappa les eaux et celles-ci se partagèrent d’un côté et de l’autre, de sorte qu’Élisha passa ».

Pour comble, au terme du conte hagiographique de Moïse, l’auteur du texte biblique nous annoncera dans les versets 5 à 7 du chapitre XXXIV de Deutéronome la mort énigmatique de Moïse au pays de Moab, à l’âge de 120 ans, et nous fera croire sans sourciller que c’était Dieu lui- même qui a enterré Moïse et que personne n’a jamais connu sa tombe à ce jour !

Au vu de ces absurdités bibliques, il y a lieu de se demander si Moïse avait vraiment existé et s’il a vraiment écrit la Genèse et les quatre autres livres de la Thorah !

LA PROCHAINE SÉRIE PORTERA SUR :

  « LE MYTHE DU JARDIN D’ÉDEN »

À SUIVRE…

 

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