LE MYTHE DU JARDIN D’ÉDEN (2)

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La Genèse fait de la parole divine le moyen magique utilisé par Dieu dans le processus de création de l’univers. Autrement dit, la Genèse nous laisse entendre que le pouvoir de création du démiurge biblique est verbal et non pas physique puisque Dieu se contente de donner l’ordre de création à la chose et la chose se fit créer comme on peut le constater dans le verset 3 du premier chapitre dans lequel il est dit : « Et Dieu dit alors : « Que la lumière paraisse. » Alors la lumière parut ».L’effort intellectuel fourni par Dieu dans le processus de création de l’univers en six jours, au moyen de la parole divine, devrait dégager une image d’un démiurge puissant, fort, infatigable et exempt des faiblesses humaines. Mais, contrairement à toute attente, la Bible s’empressera de dégager une image d’un Dieu biblique qui ressent la fatigue au même titre que les êtres humains et qui, de surcroit, se donne une journée de repos par semaine. Ainsi, les versets 2 et 3 du chapitre II de la Genèse nous annoncent, sans trop tarder, que le démiurge « s’est mis à se reposer le septième jour de tout son œuvre qu’il avait faite » et qu’il « s’est mis à bénir le septième jour et à le rendre sacré ».En procédant de la sorte, la Bible entend nous faire comprendre que Dieu avait décrété le sabbat au moment où il s’apprêtait à planter le Jardin d’Éden et que la loi du sabbat devait être appliquée à Adam que Dieu avait installé dans le Jardin d’Éden. Mais, semble-t-il, Adam aurait dû être expulsé du Jardin d’Éden en moins d’une semaine après la création de l’univers échappant ainsi à l’obligation d’observer le sabbat en vertu de la loi divine décrété au septième jour de la création de l’univers.Visiblement, les auteurs de la Bible nous donnent l’impression qu’ils avaient sciemment éclipsé la sacralité du sabbat et recalé son observance chez toutes les figures bibliques durant la période allant de la création d’Adam jusqu’à l’avènement de l’Exode et l’arrivée du peuple d’Israël à la péninsule de Sinaï. Dans ce décor du contexte biblique, il y a lieu de se demander pourquoi Dieu n’a-t-il pas fait appliquer sa loi sabbatique à Adam et aux figures bibliques ayant jalonné les récits bibliques couvrant la période allant de l’époque d’Adam jusqu’à l’avènement de l’Exode. La réponse à cette question se trouve tout bonnement dans le fond de la pensée idéologique de la Bible qui entend faire du Jardin d’Éden la Terre promise et le lieu indiqué pour la mise en œuvre des lois, des prescriptions, des ordonnances et des commandements émanant du Dieu aux israélites dans le cadre d’une alliance conclue entre Dieu et le peuple d’Israël.

En d’autres termes, le fond de la pensée biblique considère le Jardin d’Éden comme étant la juridiction divine au sein de laquelle la loi divine a été édictée et dans la circonscription de laquelle la loi divine doit être appliquée au peuple d’Israël dans le cadre d’une alliance alliant Dieu à son peuple. C’est finalement le livre de l’Exode qui va faire sortir la loi primordiale du sabbat de l’oubli et de la désuétude pour la faire imposer progressivement aux fils d’Israël dès leur entrée dans les limites territoriales méridionales du Dieu de Moïse.

La première étape sera entamée au désert de Sîn qui est situé entre Élim et Sinaï. Les fils d’Israël y arrivèrent après une traversée de quarante-cinq jours dans le désert. Le lieu est très symbolique car il nous rappelle le mont Sinaï dans lequel Dieu s’est manifesté pour la première fois à Moïse sous forme d’un buisson ardent. En choisissant la région de Sinaï pour faire respecter l’observation du sabbat aux fils d’Israël la Bible semble nous indiquer que la prescription du sabbat que Dieu a instituée au lendemain de la création de l’univers devait s’appliquer à son peuple dès son entrée dans les limites territoriales méridionale du Jardin d’Éden.

C’est en en recourant à la création du mythe de la manne dans le désert du Sîn que le chapitre XVI de l’Exode tentera de justifier l’observation et le respect de la loi du sabbat. À travers ce mythe la Bible fait venir Dieu au secours des fils d’Israël qui commençaient à se plaindre du manque de la nourriture dans le désert. Le Dieu compatissant fit tomber quotidiennement des cieux le pain et la viande que les israélites devaient ramasser chacun en fonction des besoins de sa famille.

Selon ce mythe, il était inutile de ramasser au-delà des besoins quotidiens de chaque maisonnée car personne ne manquait de la nourriture et, mieux encore, ceux qui en ramassaient trop perdirent le surplus le lendemain. Seul le sabbat apportait une exception à cette règle étant donné que la prescription du sabbat a pour corollaire l’observation impérative du repos et l’interdiction de ramasser la manne pendant cette journée sacrée. De ce fait, le Dieu biblique autorisa les fils d’Israël à ramasser une double portion de la manne au sixième jour afin de conserver la portion supplémentaire pour le jour du sabbat.

Comme il y a toujours des gens qui mettent Dieu à l’épreuve, les auteurs du mythe de la manne ne manqueront pas de signaler qu’il y avait des réfractaires qui sont sortis au septième jour pour cueillir la manne mais ils n’en avaient pas trouvé étant donné que c’est Dieu qui en a voulu ainsi. Les auteurs de l’Exode se sont également servis de ce subterfuge pour nous faire valoir la première réaction de Dieu à l’encontre de la transgression de sa loi sabbatique qu’il tentait à imposer pour la première fois au peuple d’Israël. Les versets 28 et 29 du chapitre XVI de l’Exode nous dévoilent ainsi un Dieu en colère non seulement contre les réfractaires mais également contre Moïse et l’ensemble du peuple auxquels il s’adresse en ces termes :

« Jusqu’à quand refuserez-vous de garder mes commandements et mes lois? Rendez-vous compte que Jéhovah vous a donné le sabbat. C’est pourquoi il vous donne, au sixième jour, le pain de deux jours. Restez chacun à sa place. Que personne ne bouge de l’endroit où il est au septième jour. »

Corrélativement, « le peuple se mit à observer le sabbat le septième jour » et Dieu continua à fournir la manne jusqu’à l’arrivée des fils d’Israël à la frontière du pays de Canaan après une période de quarante années d’errance dans le désert de la péninsule de Sinaï. C’est ce que nous indiquent les versets subséquents du chapitre XVI de l’Exode.

À SUIVRE…

 

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LE MYTHE DU JARDIN D’ÉDEN (1)

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« En outre, Jéhovah Dieu planta un jardin en Éden, vers l’est, et il y mit l’homme qu’il avait formé. » (Genèse : II, 8)

Dieu est présenté tout au début du commencement du livre de la Genèse comme étant un démiurge, un Dieu créateur de l’univers. Après avoir créé les cieux et la terre et leur armée, le Dieu biblique créa Adam à partir de la poussière tirée du sol. Sachant maintenant que Dieu a créé Adam à partir d’une matière naturelle, nous nous trouvons en droit de nous demander s’il avait créé les cieux et la terre à partir de matières qui existaient avant son acte de création.

Le verset 2 du chapitre premier de la Genèse nous informe que : « la terre était informe et déserte et il y avait des ténèbres sur la surface de l’abîme d’eau ; et la force agissante de Dieu se mouvait sur la surface des eaux ». Nous pouvons en déduire – a priori – que l’univers était formé de la terre, de l’eau et des ténèbres et que Dieu avait créé l’univers à travers ces constituants. En nous basant sur cette assertion biblique, nous pouvons nous demander si les matières primordiales de l’univers avaient existé avant Dieu, ou concomitamment avec Dieu, contrairement à ce que Dieu nous enseigne dans la Bible. N’avait-t-il pas dit, par exemple, dans le verset 13 du chapitre XXII dlivre de la Révélation : « Je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin » ?

Par la suite, nous dit la Genèse, Dieu créa la lumière et opéra une séparation entre la lumière et les ténèbres donnant ainsi lieu à la naissance du jour et de la nuit, du soir et du matin. Mais, scientifiquement parlant, nous constatons que la thèse de création biblique cède le flanc à la critique et révèle la naïveté des auteurs de la Genèse qui font passer la création de la lumière avant celle du soleil, de la lune et des étoiles. Après avoir créé la lumière, Dieu procéda à la création du ciel et à la séparation des eaux en deux parties. Selon leur conception primitive de l’univers, les auteurs de la Genèse, nous font croire que Dieu a placé le Ciel entre les deux parties des eaux et que la partie du dessous a été aménagée sous forme de mers et d’océans afin de permettre à la terre ferme de faire jour et monter à la surface. Selon cette conception naïve, les auteurs de la Genèse devaient imaginer que les pluies qui tombent du ciel venaient des eaux que Dieu avait placé au-dessus du ciel. Le savoir des rédacteurs de la Genèse devait être incapable d’imaginer que la pluie qui tombe du ciel n’est que l’aboutissement du phénomène de l’évaporation des eaux des mers et des océans.

S’agissant du Ciel, la Genèse nous laisse deviner qu’il est subdivisé en sept cieux et elle nous conte que Dieu avait placé des luminaires dans ces cieux pour séparer le jour de la nuit, éclairer les cieux et la terre et « pour servir de signes et pour les époques et pour les jours et pour les années ». Il va sans dire que les auteurs de la Bible ne pouvaient pas imaginer le ciel et l’espace céleste comme nous l’imaginons aujourd’hui sur la base des informations que nous possédons grâce aux progrès scientifiques et technologiques et aux explorations de l’espace. Toutefois, cela ne nous empêchera pas d’avouer que le savoir cumulé depuis l’éveil de la civilisation sumérienne avait tout de même permis aux savants de l’antiquité de se servir des « luminaires » pour se donner un calendrier contenant les jours, les mois, les années et les saisons. Le Coran, lui aussi, reprend la même litanie dans des versets sporadique dont, entre autres, l’étrange verset 5 de la Sourate LXVII qui fait dire à Dieu une parole qui ferait la risée des instruits de nos jours:  

 » Nous avons effectivement embelli le ciel le plus proche avec des lampes dont Nous avons fait des projectiles pour lapider les satans et Nous leur avons préparé le châtiment de la Fournaise. » (Sourate LXVII, 5)

À SUIVRE…

 

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لماذا لا يقرأ المسلمون القرآن؟

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كثيرا ما يشكل القرآن ككتاب مقدس عند المسلمين جزءا من أثاث التزيين المنزلي حيث يوضع في زاوية الصالون كقطعة أثرية مثيرة بسحرها لعين الناظر. لكن قلما يفتح المسلمون مصحفهم لقراءة ما تيسر مما يحتويه من سور وآيات قرآنية. فحين يفتح المسلم المصحف ويشرع في قراءته، فهو يعطيك انطباعا بأنه يجتاز مرحلة عصيبة من حياته لأنه ليس من عادته قراءة القرآن. وغالبا ما تكون فاجعة فقدان أحد الأقارب سببا في عزم المسلم أو المسلمة على فتح المصحف وقراءة ما تسير من آياته القرآنية

لا يشكل المصحف في مخيال المسلم كتابا للدراسة وللتأمل بقدر ما يشكل كتابا مقدسا يشخص كلاما مسطورا مقدسا نزل من إلاه مقدس إلى رسول مقدس بلغة مقدسة بهدف تبليغ رسالة مقدسة إلى أمة مقدسة بحكم قول القرآن الذي يدغدغ مشاعر جمهور قرائه من  المسلمين واصفا إياهم في الآية 110 من سورة آل عمران بخير أمة أخرجت للناس تأمر بالمعروف وتنهى عن المنكر وتؤمن بالله في الوقت الذي يعتبر فيه القرآن أكثرية اليهود (أهل الكتاب) فاسقين.

كُنتُمْ خَيْرَ أُمَّةٍ أُخْرِجَتْ لِلنَّاسِ تَأْمُرُونَ بِالْمَعْرُوفِ وَتَنْهَوْنَ عَنِ الْمُنكَرِ وَتُؤْمِنُونَ بِاللَّهِ ۗ وَلَوْ آمَنَ أَهْلُ الْكِتَابِ لَكَانَ خَيْرًا لَّهُم ۚ مِّنْهُمُ الْمُؤْمِنُونَ وَأَكْثَرُهُمُ الْفَاسِقُونَ (الآية 110 من سورة ال عمران) 

لا يهم المسلم مضمون المصحف من أفكار وتعاليم بقدر ما يهمه حضور المقدس في منزله ومباركة منزله بحلول المقدس فيه في شخص المصحف وما يحتويه من آيات وسور القرآن. لذلك، قلما يجرأ أحدهم على قراءة المصحف والتمعن في معاني آياته ومساءلتها. فالقرآن نفسه يحد من رغبة المسلم في التقرب من المصحف حيث لا يسمح له بلمسه إلا إذا كان مطهرا حسب ما يفهم من الآيات 77 إلى 80 من سورة الواقعة التي تقول عنه :  » إِنَّهُ لَقُرْآنٌ كَرِيمٌ (77) فِي كِتَابٍ مَّكْنُونٍ (78لَّا يَمَسُّهُ إِلَّا الْمُطَهَّرُونَ (79تَنزِيلٌ مِّن رَّبِّ الْعَالَمِينَ (80) « .

علاوة على ذلك، نجد أن القرآن يرتل أكثر مما يقرأ لسببين وجيهين. السبب الأول هو أن الترتيل يساعد الذاكرة على حفظ القرآن واستظهاره بفعل اللحن لكون القرآن لم يكن مكتوبا في بداية نشأته بل كان يتداول بالسمع والإنصات لقراءته وترتيله. والسبب الثاني هو أن ترتيل القرآن يكون له وقع سحري على كل من المتلقي والمرتل وخاصة حين يكون المعني بالأمر مؤمنا يحتاج إلى جرعة قداسة تطهره وتزكيه. لذلك نجد الناس ترتل القرآن جماعيا أو تستمع إلى ترتيله جماعيا في بعض المناسبات كالعقيقة وغيرها من أجل تطهرهم وتزكيتهم وحلول القداسة والبركة بين ظهرانهم.

من جهة أخرى، نجد القرآن بصفته كلاما مقدسا لا يرد له طلب يأمر جمهوره بالاستماع والإنصات إلى قراءته، وهو يعني بذلك الاستماع والإنصات لترتيله. فالآية 204 من سورة الأعراف تقول بصريح العبارة: « وَإِذَا قُرِئَ الْقُرْآنُ فَاسْتَمِعُوا لَهُ وَأَنصِتُوا لَعَلَّكُمْ تُرْحَمُونَ« . ومن الانعكاسات التطبيقية والعملية للتعاليم القرآنية كون المستمع لقراءة القرآن يجد نفسه مجبرا ليس على الاستماع والإنصات لقراءة القرآن فقط بل مجبرا كذلك على الإمساك والامتناع عن مناقشة مضمون القرآن خلال فترة القراءة والترتيل. في المقابل، كثيرا ما نجد رجال الدين يعمدون قصدا وعن سابق إصرار وترصد إلى ترتيل القرآن ترتيلا على مسامع مخاطبيهم قصد التأثير عليهم بفعل الإيمان وما يتطلبه من واجب فعل الخضوع والتسليم والاستسلام كعربون العضوية في دين الإسلام. وإنا لكثيرا ما نلاحظ نزوع الشيوخ ورجال الدين في برامج تلفزية جدالية استعراضية إلى ترتيل الآيات والتلويح بما تتضمنه تلك الآيات من التهديدات المبطنة منها والصريحة إلى خصومهم من المصلحين الدينيين أمثال الشيخ محمد علي نصر وإسلام البحيري أو من خصومهم الملحدين والمرتدين حيث تلقى في كنفهم آيات بليغة بلاغة القنابل الموقوتة. وهي بلاغة لا يعرف معناها إلا من يعرف معنى الآية التي تقول « إن الدين عند الله الإسلام » وتوأمها التي تقول « ومن يبتغ غير الإسلام دينا فلن يقبل منه ». وبما أننا نتحدث عن القرآن، وقراءة القرآن، وفهم القرآن، ومساءلة القران، فإني أفتح قوسا لطرح أسئلة أولية مفادها: « ما معنى الإسلام » و »ما معنى القرآن » و « ما الفرق بين المصحف والقرآن ». قد تبدو الأسئلة غبية لبعضهم وقد تبدوا واضحة للبعض الأخر وقد تبدو غير ذلك لباقي جمهور القراء من المسلمين. لكن المهم عندي هو أن يتساءل كل مسلم مع نفسه ليعلم هل سبق له أم لا تحمل مشاق طرح نموذج من مثل هذه الأسئلة على نفسه أو على غيره وإن كان عنده الجواب الصواب أم لا من خلال ما يقوله القرآن ومن خلال ما يعرفه هو عن القرآن!؟

فاعتبارا لما سلف ذكره، يبدو واضحا ان المسلم المؤمن يجد نفسه أمام مصحف مقدس في ماديته ككتاب لا يلمسه إلا المطهرون وفي محتواه الفكري الذي يلزم « المزمل » بترتيل القرآن ترتيلا ويلزم المستمع إلى قراءته وترتيله بالاستماع إلى القراءة والإنصات إلى الترتيل. أما مناقشة القرآن ومساءلة مضمون القرآن، فهذه أمور من الأمور الهامشية في تعامل المسلم مع القرآن. فقراءتنا للقرآن تبين لنا أن القرآن نفسه يسجل لنا حالات كان فيها بعض الناس يطرحون أسئلة على الرسول محمد (القرآن لا يوضح لنا إن كان السؤال يطرح على الرسول محمد أم على غير الرسول محمد ولكننا ذكرناه تجاوزا علما منا أن ذلك جزء من الإشكاليات التي يطرحنا القرآن بالنسبة للباحث). فهناك آيات تقول على سبيل المثال لا الحصر « يسألونك عن الروح » و « يسألونك عن الساعة » و »يسألونك عن الأهلة » و « يسألونك عن الشهر الحرام » و « يسألونك عن الخمر »، إلخ.

لكننا نجد في المقابل، أن القرآن يقول لنا ما يفيد أن المسلم كان مطالبا بتقديم صدقة للرسول إن كان يريد أن يسأل الرسول في موضوع ما. فالآيتين 12 و 13 من سورة المجادلة تقول في هذا المنحى :  » يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِذَا نَاجَيْتُمُ الرَّسُولَ فَقَدِّمُوا بَيْنَ يَدَيْ نَجْوَاكُمْ صَدَقَةً ۚ ذَٰلِكَ خَيْرٌ لَّكُمْ وَأَطْهَرُ ۚ فَإِن لَّمْ تَجِدُوا فَإِنَّ اللَّهَ غَفُورٌ رَّحِيمٌ (12) أَأَشْفَقْتُمْ أَن تُقَدِّمُوا بَيْنَ يَدَيْ نَجْوَاكُمْ صَدَقَاتٍ ۚ فَإِذْ لَمْ تَفْعَلُوا وَتَابَ اللَّهُ عَلَيْكُمْ فَأَقِيمُوا الصَّلَاةَ وَآتُوا الزَّكَاةَ وَأَطِيعُوا اللَّهَ وَرَسُولَهُ ۚ وَاللَّهُ خَبِيرٌ بِمَا تَعْمَلُونَ (13)« . وهذا في حد ذاته يعتبر حاجزا ماديا ومعنويا أمام قراءة وتأمل القرآن ومساءلته في عهد الرسول محمد. فمن يدري أن هذه السابقة قد أضحت أم لا جزءا لا يتجزأ من المنظومة الفكرية والذهنية والسلوكية في التراث الإسلامي الذي جعل من الإسلام استسلاما ومن السؤال مؤشر فسوق وكفر وعقوق. وكل مسلم يعلم علم اليقين (أو على وجه التقدير) ما يترتب على ذلك الفسق والكفر والعقوق من عقوبات ردعية من قبل المجتمع الاسلامي ومنظوماته الفقهية والتشريعية وتنظيماته الجزائية.

علاوة على ما قيل، نجد أن القرآن نفسه يطرح إشكالية أمام السائلين من المؤمنين حين يحذرهم من طرح بعض الأسئلة لكون توضيحها قد يكون مسيئا لهم خاصة وأن قوما من قبل المؤمنين (في إشارة غير صريحة لليهود) – يقول القرآن – قد سألوا مثل تلك الأسئلة فأصبحوا كافرين. وكل العارفين بالإسلام يعرفون حق المعرفة واليقين أن جزاء الكافر هو القتل. فمن سيجرأ على طرح السؤال إن كان القرآن نفسه ينبه المؤمنين إلى ما قد يكتسيه السؤال من خطورة قد تؤدي إلى جواب مسيء (غير مفرح) أو إلى كفر جزاءه قتل من تشبث بكفره. فالآيتان المعنيتان في هذا الصدد تنصان حرفيا ما يلي: « يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا تَسْأَلُوا عَنْ أَشْيَاءَ إِن تُبْدَ لَكُمْ تَسُؤْكُمْ وَإِن تَسْأَلُوا عَنْهَا حِينَ يُنَزَّلُ الْقُرْآنُ تُبْدَ لَكُمْ عَفَا اللَّهُ عَنْهَا ۗ وَاللَّهُ غَفُورٌ حَلِيمٌ (101) قَدْ سَأَلَهَا قَوْمٌ مِّن قَبْلِكُمْ ثُمَّ أَصْبَحُوا بِهَا كَافِرِينَ (102) « . ولعل مجمل ما قيل في مساءلة القرآن ومجادلة النبي ونجواه يجد صداه وانعكاساته على الواقع السياسي العربي حيث يعتبر الزعيم العربي خليفة لله في أرضه. ففي تراثنا وأعرافنا يصبح طرح السؤال تهجما على الشخص خاصة إذا تعلق الأمر بمساءلة المقدس. ولعل هذا ما يجعل خطابات الزعماء العرب الموجهة لرعاياهم أو لممثلي  رعاياهم في البرلمان لا تخضع لا للتصويت ولا للمناقشة ولكنه تخضع إلزاما للمصادقة.

أما استفحال الأمية واعتماد مناهج التعليم على الحفظ واستظهار النصوص للفوز في الامتحان بدل الاعتماد على تقنيات تحصيل المعلومات واخضاعها للاختبار والمساءلة فهو يصب بدوره في خانة المعوقات أمام قراءة القرآن ومساءلة القرآن. وتلك قضية لا تخلوا من أهمية لارتباط الأمية بالقرآن وبالتعاليم الدينية في مخيال المسلمين الذين ترسخ في ذهنهم أن الرسول محمد كان أميا وأن الأمية هي معجزة الرسول وآيته التي دل عليها القرّآن حين يقول في الآية 157 من سورة الأعراف: « الَّذِينَ يَتَّبِعُونَ الرَّسُولَ النَّبِيَّ الْأُمِّيَّ الَّذِي يَجِدُونَهُ مَكْتُوبًا عِندَهُمْ فِي التَّوْرَاةِ وَالْإِنجِيلِ يَأْمُرُهُم بِالْمَعْرُوفِ وَيَنْهَاهُمْ عَنِ الْمُنكَرِ وَيُحِلُّ لَهُمُ الطَّيِّبَاتِ وَيُحَرِّمُ عَلَيْهِمُ الْخَبَائِثَ وَيَضَعُ عَنْهُمْ إِصْرَهُمْ وَالْأَغْلَالَ الَّتِي كَانَتْ عَلَيْهِمْ ۚ فَالَّذِينَ آمَنُوا بِهِ وَعَزَّرُوهُ وَنَصَرُوهُ وَاتَّبَعُوا النُّورَ الَّذِي أُنزِلَ مَعَهُ ۙ أُولَٰئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ (157)« .

في ظل هذه التساؤلات والحقائق والملاحظات، فإننا لا نستغرب أن يقول الرسول عن القرآن في الآية 30 من سورة الفرقان : « وَقَالَ الرَّسُولُ يَا رَبِّ إِنَّ قَوْمِي اتَّخَذُوا هَٰذَا الْقُرْآنَ مَهْجُورًا (30)« . كما لا نستغرب بخصوص اختلافات الصحابة والأولين، وهي اختلافات بينة ومتضاربة ومثيرة للشك ومنفرة في تفسيراتهم للآيات وفي تفسيراتهم للكلمات وللمفردات ولعجزهم عن توضيح ما يسمى بالكلمات المقطعة. وهو عجز واختلاف يجعلك تتساءل إن كان القرآن مهما ومقدسا يقرأ ويدرس عند المؤمنين الأوائل. وهنا أطرح السؤال: ما معنى المؤمنين وهل يعتبر القرآن أتباعه مؤمنين أم مسلمين ولماذا تعتبر القران الله مؤمنا حيث أنه يقول عنه ذلك في الآية 23 من سورة الحشر التي جاء فيها : « هُوَ اللَّهُ الَّذِي لَا إِلَٰهَ إِلَّا هُوَ الْمَلِكُ الْقُدُّوسُ السَّلَامُ الْمُؤْمِنُ الْمُهَيْمِنُ الْعَزِيزُ الْجَبَّارُ الْمُتَكَبِّرُ ۚ سُبْحَانَ اللَّهِ عَمَّا يُشْرِكُونَ (23)« . ما هذه إلا مجرد أسئلة لمن يود أن يستشف نكهة مساءلة القرآن من أجل فهم القرآن.

تبقى الإشارة إلى أن كتابتي لهذا المقال باللغة العربية تعتبر أول تجربة لي في الكتابة بالعربية في هذه المدونة، وذلك تبعا لطلب عدد من الفاعلين والمتفاعلين مع بعض منشوراتي على بعض قنوات التواصل الاجتماعي. وإنني أعتبرها انطلاقة جديدة نحو الكتابة باللغة العربية والتفاعل مع الجمهور العربي على موقع المدونة.

المرجو من المتفاعلين الانخراط في المدونة الإلكترونية من أجل التوصل بمقالاتي فور نشرها على الموقع.

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MOÏSE ET LE JARDIN D’ÉDEN (4/4)

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Quant aux Chaldéens, le Livre de la Genèse les présente comme étant des ennemis et oppresseurs d’Abraham dans la guerre des neufs rois que nous aurons l’occasion d’évoquer à travers de la mise en œuvre de la figure d’Abraham sur les traces du mythe du Jardin d’Éden. En outre, le verset 10 du deuxième Livre des Rois présente les chaldéens comme des ennemis d’Israël qui ont ravagé Jérusalem en leur qualité d’alliés militaires au roi de Babylone. À cet effet, le verset précité nous informe que « toutes les forces militaires des Chaldéens, qui étaient avec le chef de la garde personnelle [du roi de Babylone], abattirent la muraille de Jérusalem, tout autour ».

Ces données de nature historiques reflètent l’image d’un pays de rêve des Israélites situé à mi-chemin entre l’Euphrate à l’Orient et le Nil à l’Occident et qui fait l’objet de convoitises de la part d’un ensemble de pays ennemis venant de l’Orient. Pour pouvoir imaginer le mythe du jardin d’Éden, Moïse auquel la tradition hébraïque attribue la rédaction de la Genèse devait connaître non seulement l’espace géographique du monde antique et la généalogie des peuples mais également les récits de l’histoire qui lui sont antérieurs et ceux de l’histoire qui lui sont postérieurs. Ainsi, Moïse devait-il connaitre aussi bien l’histoire des personnages bibliques qui lui sont antérieurs comme Noé que l’histoire des personnages qui lui sont postérieurs comme le prophète Balaam que l’on retrouve dans un récit relaté dans les chapitres XXII à XXIV du Livre des Nombres ? Sur ce point, Émile Ferrière, nous fait rappeler cette dichotomie dans son ouvrage en notant ce qui suit :

« L’épisode de Balaam (Nombres, XXII, XXII, XXXIV) suppose l’absence de Moïse. Or, l’épisode de Balaam appartient au livre de Guerres de Jéhovah, c’est-à-dire aux anciens témoignages. »

Sur le même sujet, Guy Rachet nous enseigne à son tour que :

« Le narrateur biblique a repris à son compte une tradition datée, selon une inscription de Deir-‘Allâ, des environs de l’an 800 avant Jésus-Christ, à l’époque de la floraison du royaume de Juda, qu’il a reportée quatre ou cinq siècles plus tôt. »

Outre sa critique mettant en exergue la confusion dans l’esprit du rédacteur du récit de l’épisode du prophète Balaam, Émille Ferrière, nous fait révéler une autre absurdité dans le Pentateuque dont la rédaction est attribuée à Moïse. Il s’agit du récit du chapitre XXI de la Genèse qui relate une alliance de paix conclue entre Abraham et le roi des Philistins alors qu’Abraham avait existé avant l’arrivée des Philistins dans le pays de Canaan. De telles absurdités historiques relevées dans le Pentateuque de Moïse nous renvoient donc à la problématique de l’histoire de l’écriture et la rédaction de la Bible.

Nous savons d’emblée que l’écriture n’a existé qu’à une date postérieure à l’époque de Moïse et que la Bible n’a été compilée et mise en forme que vers le VIème ou le Vème siècle avant Jésus-Christ. Comment peut-on alors considérer les légendes brodées autour de Moïse comme étant véridiques si la Bible n’a été mise en forme que quelques siècles avant Jésus Christ et que l’écriture n’a existé en Israël que plusieurs siècles après l’époque de Moïse?  À cet effet, Renon Ernest souligne dans une note de bas de page, – en marge de son commentaire sur la bataille de Raphidim relatée dans le chapitre XVII de Livre des Nombres –, que « l’écrire en Israël est postérieure à Moïse de trois à quatre siècles » tout en concluant que « les siècles sans écritures n’engendrent et ne transmettent que des fables. »

Il est donc difficile d’admettre les légendes brodées autour de Moïse à moins que l’on soit aveuglé par la foi. En effet, outre les contes des dix plais de l’Égypte, le récit biblique du chapitre XIV de l’Exode s’efforce de nous faire croire que Moïse avait fendu les eaux de la mer Rouge et qu’il s’est frayé ainsi un chemin ayant permis au peuple israélite de traverser la mer en marchant sur une terre ferme.

Or, la lecture de la Bible nous révèle que ce mythe de séparation des eaux pour se frayer un chemin a été utilisé à plus d’une fois dans les récits bibliques. On le retrouve dans le récit des chapitres III et IV du livre de Josué où il est dit que les eaux du Jourdain ont miraculeusement été coupées permettant ainsi aux prêtres transportant l’Arche de Jéhovah de traverser sans se mouiller les plantes de leurs pieds.

Nous retrouvons, encore une fois, un récit similaire dans le chapitre II du deuxième Livre des Rois où il est dit dans le verset 14 que « Élisha frappa les eaux et celles-ci se partagèrent d’un côté et de l’autre, de sorte qu’Élisha passa ».

Pour comble, au terme du conte hagiographique de Moïse, l’auteur du texte biblique nous annoncera dans les versets 5 à 7 du chapitre XXXIV de Deutéronome la mort énigmatique de Moïse au pays de Moab, à l’âge de 120 ans, et nous fera croire sans sourciller que c’était Dieu lui- même qui a enterré Moïse et que personne n’a jamais connu sa tombe à ce jour !

Au vu de ces absurdités bibliques, il y a lieu de se demander si Moïse avait vraiment existé et s’il a vraiment écrit la Genèse et les quatre autres livres de la Thorah !

LA PROCHAINE SÉRIE PORTERA SUR :

  « LE MYTHE DU JARDIN D’ÉDEN »

À SUIVRE…

 

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MOÏSE ET LE JARDIN D’ÉDEN (3/4)

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Le versets 7 à 10 du premier chapitre de l’Exode résument la situation politique du peuple juif en Égypte en nous informant que le roi égyptien voyait dans l’accroissement de la population israélite un danger pour l’Égypte et qu’il estimait que les fils d’Israël se rallieraient à l’ennemi en cas de guerre et qu’ils s’enfuiraient hors du pays.

À regarder de plus près, les versets bibliques précités ne semblent incriminer que le roi de l’Égypte et non pas les égyptiens. Cela semble se confirmer dans le verset 3 du chapitre XI de l’Exode qui nous révèle que le peuple d’Israël trouva faveur aux yeux des Égyptiens. De plus, le même verset nous fait savoir que « l’homme Moïse était très grand au pays d’Égypte, aux yeux des serviteurs de Pharaon et aux yeux du peuple ».

En sus de ce qui a été évoqué au sujet de la faveur des fils d’Israël aux yeux des égyptiens et du poids de Moïse dans la cour du Pharaon, les versets 37 à 39 du chapitre XII de l’Exode ne manquent pas de mettre en valeur le poids du peuple israélite soumis à l’esclavage en nous le présentant comme une force politique et militaire associée à un immense conglomérat de peuples mêlés.

Ces versets nous laissent entendre que cette confédération de peuples a été invitée à quitter l’Égypte sans délais tout en étant autorisée à apporter avec elle l’ensemble de son bétail et de son cheptel. Jetant un brin de doute sur la véracité de ce récit biblique en rapport avec le bétail et le cheptel, Émile Ferrière s’interroge dans « Les Mythes de la Bible » sur « la manière incompréhensible dont ont pu se nourrir les grands troupeaux que le Hébreux avaient emmenés d’Égypte et qu’ils ont traînés avec eux au désert » sachant que les Hébreux se plaignaient eux-mêmes du manque d’eau et de la nourriture dans le désert.

Mais, il n’empêche que le texte biblique nous laisse entendre que c’est dans un contexte de révoltes et d’affaiblissement du pouvoir central que les fils d’Israël ont pu quitter l’Égypte sous l’égide de Moïse sans être sérieusement inquiétés par des forces armeés hostiles dont celles des philistins qui se trouvaient sur la côte méditerranéenne comme le laisse entendre le verset 31 du chapitre XXIII de l’Exode. Mais, pour éviter de rencontrer les troupes militaires qui pourraient se trouver sur la route côtière allant de l’Égypte vers le pays de Canaan, Moïse opta pour le chemin du désert en attendant une opportunité favorable pour s’en prendre par les armes au pays de rêve qu’est « la Terre promise » aux ancêtres des fils d’Israël.

Malgré ces épreuves difficiles éprouvés par les Israélites dans le cadre de leur esclavage en Égypte, la Bible ne semble pas abhorrer l’Égypte et ses idoles — avec autant de fermeté et de vigueur — comme elle abhorre les pays de l’Orient et leurs idoles. En effet, l’Ancien Testament en tant qu’ensemble de livres des Israélites regorge de récits mettant en relief les conflits entre le pays des fils d’Israël et les grandes puissances de la place. Dans ces récits, les israélites dégagent une hostilité manifeste à l’égard des grandes puissances de l’Orient dont notamment les Chaldéens, les Assyriens et les Babyloniens. En ce qui concerne les petites puissances limitrophes, la Bible adopte une attitude différente qui rappelle celle des frères ennemis. Nous aurons l’occasion d’y retourner.

La Bible, en tant que porte-voix des israélites, rejette donc les nations des grandes puissances de l’Orient et abhorre leurs idoles. La Bible rejette également l’Égypte et ses idoles mais non pas avec autant de colère et de haine qu’elle éprouve à l’endroit des empires de l’Orient dont notamment l’empire Babylonien. En somme, la Bible reconnait les faveurs de l’Égypte sur les fils d’Israël. N’oublions pas que c’est de l’utérus égyptien que le peuple d’Israël est sorti et que c’est à l’Égypte que Jacob et sa maisonnée ont été accueilli. C’est aussi à l’Égypte que Jésus et ses parents ont trouvé refuge au moment de détresse.

De même, la Bible reconnait que l’Égypte a aidé le roi Salomon à établir son autorité sur l’ensemble du pays et que le pharaon a acquiescé à donner sa fille au roi en symbole de son amitié et de son soutien. À l’inverse, les Assyriens et les Babyloniens ont envahi le pays d’Israël et humilié les fils de ce pays. Les forces de Neboukadnestar, roi de Babylone, ont ainsi détruit Jérusalem, incendié la maison de Dieu et exilé les notables israélites. Le ressentiment à l’endroit de Babylone est résumé dans le verset 5 du chapitre XVI du Livre de l’Apocalypse qui en dit long en ces peu de mots de haine et de colère : « Babylone la Grande, la mère des prostituées et des choses immondes de la terre. »

Quant aux Chaldéens, le Livre de la Genèse les présente comme étant des ennemis et oppresseurs d’Abraham dans la guerre des neufs rois que nous aurons l’occasion d’évoquer à travers de la mise en œuvre de la figure d’Abraham sur les traces du mythe du Jardin d’Éden. En outre, le verset 10 du deuxième Livre des Rois présente les chaldéens comme des ennemis d’Israël qui ont ravagé Jérusalem en leur qualité d’alliés militaires au roi de Babylone. À cet effet, le verset précité nous informe que « toutes les forces militaires des Chaldéens, qui étaient avec le chef de la garde personnelle [du roi de Babylone], abattirent la muraille de Jérusalem, tout autour ».

À SUIVRE …

 

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MOÏSE ET LE JARDIN D’ÉDEN (2/4)

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L’immigration d’Abraham de la ville Our des Chaldéens au pays de Canaan et l’installation de Jacob et de sa maisonnée au pays de Goshen en Égypte devaient s’inscrire dans le cadre de la stratégie de domination des Hyksos sur cette grande partie du monde de la haute antiquité allant de l’Euphrate au Nil. Nous aurons également l’occasion de revenir sur le récit de l’installation de Jacob et de sa maisonnée dans le pays de Goshen en Égypte en rapport avec les mythes fondateurs du Jardin d’Éden et de la Terre promise.

Pour barrer militairement la route aux tentatives d’invasion de leurs ennemis du Nord, les Hyksos ont fortifié l’Isthme de Suez qui relie l’Asie à l’Afrique en transformant la ville Ha- ouar – également connue sous le nom de « Avaris » – en une garnison militaire servant de base de formation et d’entrainement de deux cent quarante mille soldats. Leur force militaire leur permettait non seulement de sécuriser leurs frontières septentrionales mais également et surtout de mettre fin à plus de deux cents ans de résistance des princes de Thèbes et anéantir leur XVème dynastie. Dès lors, les Hyksos ont fondé la XVIème dynastie égyptienne et régné en maîtres absolus de l’Égypte.

Après une période de plus de cent cinquante années de guerre d’indépendance, les thébains parviennent à repousser les rois-pasteurs vers Memphis et à fonder la XVIIème dynastie égyptienne mettant ainsi fin à plus de six siècles de domination des Pasteurs. À la cinquième année du règne d’Ahmès 1ier, fondateur de la XVIIIème dynastie, les égyptiennes réussirent à s’emparer de Ha-ouar et à repousser les Pasteurs vers la Syrie ouvrant ainsi la voix à une ère d’expansion de l’empire égyptien vers l’Éthiopie au sud, la Lybie à l’ouest et, au nord, vers la Syrie jusqu’au royaume de Chaldée.

Dans ce cycle de lutte pour la domination entre les grandes puissances en place à l’époque de la haute antiquité, les Pasteurs avaient établi leur domination de l’Euphrate au Nil et les Égyptiens avaient pris leur revanche, par la suite, en étendant leur domination du Nil jusqu’à l’Euphrate. L’enjeu géopolitique de la haute antiquité se jouait ainsi dans les limites géographiques allant de l’Euphrate au Nil et du Nil à l’Euphrate mettant aux prises l’Égypte, au Sud-Ouest, et les grandes puissances de l’Est. Dans ce cadre géopolitique, le pays de Canaan se présente comme une zone tampon entre l’Égypte et les puissances de l’Est du fait de son emplacement géographique stratégique reliant l’Asie à l’Afrique. À cet égard, les auteurs de l’ouvrage intitulé « Les Guerres bibliques » nous rapportent que le pays de Canaan avait fait l’objet d’une invasion égyptienne lors d’une campagne militaire conduite par Uni, le général du pharaon Pépi 1ier, au cours du XXIVème siècle avant Jésus-Christ. En commentant cet évènement qu’ils rapportent à partir d’une inscription sur la tombe du général Uni, les auteurs de l’ouvrage en question nous précisent que « la campagne d’Uni précède de mille ans l’installation des Israélites dans ce qui est devenu la province égyptienne de Canaan. ».

La fin de la domination des koushites sur l’Égypte et la reprise du pouvoir par les égyptiens n’a pas mis fin à la présence des israélites dans le pays mais elle a soumis les fils d’Israël au statut de peuples soumis à l’esclavage sous l’autorité de la XVIIème dynastie égyptienne. Il semble que les fils d’Israël avaient préféré le statut d’esclavage au retour hasardeux au pays de l’Orient, mais, la situation est devenue plus contraignante et plus servile tant pour les fils d’Israël que pour l’ensemble des peuples soumis à l’esclavage entrainant, après coup, des révoltes concomitantes avec l’affaiblissement du pouvoir central de la XIXème dynastie égyptienne.

Dans « Les Guerres bibliques », les auteurs de l’ouvrage présentent la situation des fils d’Israël en Égypte sous ces termes :

« Après cette reconquête [de Canaan par l’Égypte], les tribus hébraïques vivant en Égypte y demeurèrent des étrangers suspects de sympathie avec les derniers Hyksos installés sur des points de résistance en Palestine [lire pays de Canaan] et en Syrie, et de certains autres groupes non égyptiens du Nord. Ils devinrent ce qu’un planificateur militaire du XXème siècle appellerait ‘’ un risque potentiel permanent pour la sécurité’’. »

 À SUIVRE ….

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Livre : Dessine-moi l’athéisme

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Être athée ce n’est pas être anti, ni contre les croyances : simplement les athées n’en tiennent pas compte. Et ma foi ! pourquoi les croyants ne seraient-ils pas aussi discrets que les athées ? Qu’ils croient mais qu’ils nous fichent la paix !

Interrogeant l’athéisme Christiane Frémont questionne les notions de croyance, de création, de preuve, de religion.
Être athée ce n’est pas être anti, ni contre les croyances : simplement les athées n’en tiennent pas compte. Et ma foi ! pourquoi les croyants ne seraient-ils pas aussi discrets que les athées ? Qu’ils croient mais qu’ils nous fichent la paix !
Accessible tant aux collégiens (pourvu qu’ils soient lecteurs) qu’aux lycéens et à leurs parents, Dessine-moi l’athéisme est un livre plus que jamais urgent et nécessaire. L’ouvrage est enrichi des dessins aussi pertinents qu’impertinents de Nono, à qui l’on doit dans la même collection Dessine moi la philo.
Un livre salutaire !

 

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Mahomet, était-il Juif ou Chrétien !?

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Une dichotomie s’installe entre l’image renvoyée par le Coran et l’image renvoyée par la tradition musulmane quant aux interlocuteurs du prophète de l’Islam. La lecture du Coran nous renvoie l’image d’un prophète en continuel dialogue conflictuel avec les Juifs et les Nazoréens (Chrétiens) alors que la lecture de la tradition musulmane nous renvoie l’image d’un prophète envoyé à des Arabes païens et polythéistes et non pas à des Arabes juifs et chrétiens. En présence de telles divergences, le doute finit par s’installer. Qui a donc raison et qui a tort ?

Dans son essence, le Coran fait de la Torah sa cause principale et il réclame son application à la lettre ; il s’en prend sans cesse aux Juifs qui déclinent les lois, les prescriptions, les ordonnances et les décisions judiciaires de la Torah. Ainsi, le Coran accuse les Juifs de travestir les textes bibliques et de déclamer des versets qui ont l’air d’être des versets de la Torah alors qu’ils ne le sont pas selon ses dires. Bref, le Coran s’impose en un défenseur irréductible de la Torah et il nous renvoie, en revanche, l’image d’un prophète plus Juif que les Juifs. Cependant, comment peut-on expliquer qu’un prophète si attaché à la Torah soit enclin à prescrire à ses disciples le Pèlerinage autour de la Ka’ba des païens au lieu du Pèlerinage autour des ruines du Temple de Jérusalem ?

Il n’en est un secret pour personne ! Le Coran fait connaitre Moïse comme principal personnage biblique et il fait connaitre les prescriptions alimentaires bibliques à son auditoire. Pourtant, les Arabes mangent des animaux qui sont proscrits dans la loi de Moïse dont principalement le chameau et le lièvre. En tant que texte législatif, le Coran se réfère constamment à la Torah et à ses prescriptions qui ordonnent des décisions du genre :  » Œil pour œil et dent pour dent  » que l’on connaît ordinairement sous le nom de la loi du Talion. Néanmoins, le Coran n’ordonne jamais à ses disciples l’observance du Sabbat.

À la lumière des renvois coraniques à l’observance de la Torah et de ses prescriptions et au vu du silence des textes coraniques quant à l’observance du Sabbat et d’autres rites juifs, il y a lieu de se demander si Mahomet était un Juif ou non. Les contradictions du Coran semblent nous dire qu’il y a des choses non dites ou des choses omises ou escamotées dans le Coran qui nous empêchent de voir clair dans l’apport que le Coran entendait apporter à la Torah, à la foi juive et aux rites du Judaïsme. Sur ce plan, le Coran laisse ses lecteurs sur leur faim surtout lorsqu’il les surprend en prenant la décision de déclarer les Juifs comme étant « les pires ennemis de ses disciples » tout en affirmant que « les Nazoréens sont les amis les plus proches des affidés mahométans ». Cette déclaration coranique est consignée dans le verset 82 de la Sourate V qui s’énonce en ces termes :

 » Tu trouveras certainement que les Juifs et les associateurs (polythéistes) sont les ennemis les plus acharnés des croyants. Et tu trouveras certes que les plus disposés à aimer les croyants sont ceux qui disent :  » Nous sommes Nazoréens « . C’est qu’il y a parmi eux des prêtres et de moines, et qu’ils ne s’enflent pas d’orgueil. « 

Est-il possible de supposer que l’ire du prophète Mahomet contre les Juifs et la sentence coranique décrétant les Juifs comme étant les ennemis acharnés de ses affidés avaient amené le Coran à s’ouvrir largement sur les Nazoréens que l’on appelle communément les Chrétiens ? Il est difficile de répondre par l’affirmatif mais rien ne nous empêche d’en conclure que le Coran nous y donne l’air de bien s’entendre avec les Nazoréens. Corrélativement, le Coran consacrera deux de ses Sourates les plus longues aux Christianisme. Il s’agit de la Sourate III (La Famille d’Imrân) composée de 200 versets et de la Sourate XIX (Maryam) composée de 98 versets. Mais le mois de miel entre le Coran et les Nazoréen ne va pas faire long feu puisque ces amis les plus proches des affidés mahométans vont vite passer pour des ennemis selon les termes du verset 51 de la Sourate V qui s’énonce comme suit :

 » Ô vous qui croyez ! Ne prenez pas pour alliés les Juifs et les Nazoréens ; ils sont alliés les uns des autres. Et celui d’entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs. Allah ne guide pas les gens injustes. « 

Il s’avère à travers la lecture du Coran que le prophète Mahomet n’était ni Juif ni Nazoréen. Il était probablement l’un de ceux que l’on appelle  » les judéo-chrétiens « , ce qui fait référence aux Juifs qui observaient la Torah tout en croyant à Jésus en sa qualité de prophète et non pas en sa qualité de Dieu ou Fils de Dieu. Cette acceptation semble plus plausible pour le moment et nous aurons l’occasion d’y revenir une prochaine fois. Mais ce qui pose un problème pour le moment c’est le fait que le Coran déclare les Nazoréens « des amis les plus proches des affidés mahométans » dans le verset 82 de la Sourate V alors qu’il les avait déjà déclarés comme « ennemis des affidés mahométans » dans le verset 51 de la même Sourate. Est-ce que cette coquille incombe à l’auteur primordial du Coran ou bien à l’une des manipulations ultérieures du texte coranique !

En nous référant cette fois-ci aux dispositions de la Sourate II que nous avons présentée dans un article précédent, nous constatons que le rédacteur primordial de la Sourate Al-Fatiha entendait doter ses disciples d’une prière propre à l’Islam pour se différencier « des égarés » et de « ceux qui encourent la colère du Dieu ». Il aurait élevé sa prière en disant :

« Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Toutes louanges et tous remerciements sont dûs à Allah, Seigneur de ‘Alamîn.

Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

L’Unique Maître du Jour de la rétribution.

C’est Toi [seul] que nous adorons, et c’est de Toi que nous cherchons aide.

Guide-nous vers la voie droite,

la voie de ceux que Tu as comblés de Tes grâces, non pas (la voie) de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés. »

Nous avons constaté dans notre article précédent que  la Sourate Al-Fatiha ne nous dit pas qui sont « les égarés » et qui sont « ceux qui ont encouru la colère d’Allah ». Néanmoins, cette ambiguïté coranique n’est ni fortuite ni unique. Elle n’est pas fortuite dans la mesure où l’on trouve dans le Coran des textes coraniques dépourvus des noms des personnages et des repères géographiques et temporels qui seraient de nature à contextualiser les faits et les événements. Elle n’est pas unique, non plus, dans la mesure où l’on trouve que le Coran ne daigne pas nommer ses adversaires par leurs noms mais, plutôt, par des qualificatifs ou sobriquets du genre :  » les infidèles »,  » les associateurs »,  » les hypocrites »,  » les gens du Livre », etc.

En nous référant à la tradition musulmane, nous constatons que l’exégèse de la Sourate II nous fait savoir que les Juifs sont  » ceux à qui ont encouru la colère de Dieu  » et que les Chrétiens sont ceux qui sont considérés comme  » des égarés « . En partant de ce constat, on est porté à se demander si le Coran tente de nous présenter le prophète Mahomet comme ayant été un Chrétien au début de sa carrière de prédicateur. Le Coran n’a-t-il pas dit dans la Sourate XCIII que son pré-supposément messager Mahomet était égaré lorsqu’il s’adressa à lui en lui disant dans les versets 5 à 6 de la Sourate ce qui suit :

 » Ton Seigneur t’accordera certes [ses faveurs], et alors tu seras satisfait.

Ne t’a-t-il pas trouvé orphelin et Il t’a accueilli ?

Ne t’a-t-il pas trouvé égaré et il t’a guidé ? « 

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Al-Fatiha : Parole humaine ou parole divine !?

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41FTAHZZA0L._SX305_BO1,204,203,200_la Sourate Al-Fatiha s’impose au musulman en tant que parole divine. Pourtant, la lecture attentive de cette Sourate dévoile une parole humaine émanant d’un fidèle s’adressant à Dieu. Le musulman fidèle est tenu de la réciter dix-sept fois par jour. Pourtant, il ne se rend même pas compte qu’il ne s’agit que d’une prière et non pas d’un texte divin car sa récitation de la Sourate Al-Fatiha relève d’un acte de foi et non pas d’une lecture à la loupe. Allah ne peut en aucun cas dire à lui-même : « C’est Toi [seul] que nous adorons, et c’est de Toi que nous cherchons aide. Guide-nous vers la voie droite.» Ce serait une parole insensée. D’autant plus, la lecture attentive de cette Sourate ne fait que révéler quelques-unes des problématiques liées au contenu et aux traits inintelligibles du Coran.

La tradition musulmane place arbitrairement la Sourate Al-Fatiha au début du livre coranique et elle en fait la sourate la plus récitée par les musulmans. Chaque fidèle est tenu de la réciter en position debout avant chacune de de ses dix-sept prosternations qu’il accomplit au cours de ses cinq prières quotidiennes. Pourtant, la tradition musulmane s’abstient d’enseigner à ses fidèles que la Sourate Al-Fatiha n’est, au fond, qu’une version adaptée de la prière juive et de la prière chrétienne.

Le musulman est tenu de garder ses distances vis-à-vis des textes bibliques et des enseignements juifs et chrétiens pour ne pas ébranler sa foi, encourir la colère d’Allah et s’exposer à la désapprobation des siens. La soumission aux dictats de la tradition musulmane devient ainsi un acte de foi et de sagesse sociale qui inhibe toute tentation extérieure à l’Islam et toute tentative de porter son regard sur ce qui se passe de l’autre côté de la rive du monde des religions.

Le Livre de Mathieu nous enseigne dans les versets 9 à 13 de son chapitre VI que c’est Jésus-Christ qui a proposé à ses disciples la prière chrétienne pour se différencier des hypocrites et des gens des nations. Jésus-Christ avait alors demandé à ses disciples de prier ainsi :

« Notre Père dans les cieux, que ton nom soit sanctifié.

Que ton royaume vienne. Que ta volonté se fasse, comme dans le ciel, aussi sur la terre.

Donne-nous aujourd’hui notre pain pour ce jour;

Et remet-nous nos dettes, comme nous aussi avons remis à nos débiteurs.

Et ne nous fais pas enter en tentation, mais délivre-nous du méchant. »

Nous y remarquons que les Chrétiens prient leur Père pour qu’il établisse son royaume sur terre à l’instar de son royaume dans les cieux et qu’ils demandent à leur Père de leur donner leur pain quotidien, de pardonner leurs péchés et de les prémunir contre les tentations du Satan.

Nous remarquons aussi que le verset 5 du chapitre en question ne nous dit pas qui sont les hypocrites auxquels il fait allusion en faisant dire à Jésus-Christ ce qui suit : « Quand vous priez, vous ne devez pas être comme les hypocrites ; parce qu’ils aiment prier debout dans les synagogues et aux coins des grande rues, afin d’être vus des hommes. ». Néanmoins, la lecture des Évangiles nous laisse apprendre que le vocable « les hypocrites » fait allusion aux Pharisiens que les Évangiles préfèrent ne pas daigner les nommer par leur nom de « Pharisiens » mais plutôt par le qualificatif dépréciatif de « Hypocrites ».

De même, nous remarquons que le verset 7 du même chapitre ne nous dit pas non plus qui sont les gens des nations auxquels il fait allusion en faisant dire à Jésus-Christ ce qui suit : « Quand vous priez ne redites pas toujours les mêmes choses, comme font les gens des nations, car ils pensent qu’ils seront entendus parce qu’ils parlent beaucoup. » Néanmoins, la lecture de l’Ancien Testament nous laisse apprendre que le vocable « les gens des Nations » fait allusion aux peuples non juifs.

À son tour, le rédacteur primordial de la Sourate Al-Fatiha entendait doter ses disciples d’une prière propre à l’Islam pour se différencier des égarés et de ceux qui encourent la colère du Dieu. Il aurait élevé sa prière en disant :

« Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Toutes louanges et tous remerciements sont dûs à Allah, Seigneur de ‘Alamîn.

Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

L’Unique Maître du Jour de la rétribution.

C’est Toi [seul] que nous adorons, et c’est de Toi que nous cherchons aide.

Guide-nous vers la voie droite,

la voie de ceux que Tu as comblés de Tes grâces, non pas (la voie) de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés. »

En faisant un parallèle avec la prière chrétienne, nous remarquons que l’auteur primordial de la Sourate Al-Fatiha n’y demande pas le rétablissement du royaume du Dieu sur terre comme le demande Jésus-Christ et ce pour des raisons idéologiques spécifiques à l’Islam, lequel entend ouvrer de son propre-chef pour l’avènement de ce royaume et non pas attendre sa mise en place par la simple volonté aléatoire d’Allah.

Nous y remarquons aussi que l’auteur primordial de la Sourate Al-Fatiha ne demande pas à Dieu de lui donner son pain quotidien. Entendait-il alors l’avoir en recourant aux razzias et aux conquêtes des pays à islamiser !? La tradition semble répondre par l’affirmatif lorsqu’elle attribue au prophète de l’Islam un hadith qui lui fait dire : « Mon javelot est mon gagne-pain ».

Nous remarquons aussi que la Sourate Al-Fatiha ne nous dit pas qui sont « les égarés » et qui sont « ceux qui ont encouru la colère d’Allah ». Il est évident que le Coran ne daigne pas les nommer par leur propre nom laissant le soin aux exégètes et à la tradition musulmane le soin d’éclairer les musulmans qui ne sont pas versés dans les polémiques du Coran. La tradition musulmane nous enseigne que « les égarés » sont les « Nazaréens / les Chrétiens » et que « ceux qui ont encouru la colère d’Allah » sont les Juifs. En fait, les récits coraniques nous révèlent que les Nazaréens et les Juifs sont les principaux adversaires du Coran et non pas les païens et les polythéistes comme nous le laisse croire la tradition musulmane. À vrai dire, rien n’indique dans les récits coraniques que l’histoire du Coran se déroulait dans un climat aussi austère que celui de La Mecque de la péninsule arabique. Les marques d’influence de la tradition musulmane sur le texte coranique nous livrent un Coran fait pour être sciemment inintelligible et soumis aux interprétations de la tradition musulmane.

Naturellement, on peut bien s’interroger sur l’identité de ces gens auxquels la Sourate fait allusion en les qualifiant de « ceux qu’Allah avait comblé de ses bienfaits ». Mais, pour le moins, on s’entend bien, en fin de compte, qu’il s’agit des élus d’Allah qui hériteront et la terre et le paradis éternel. Ces élus d’Allah ne sont que ceux qui prendront plus tard le nom de musulmans. Le Coran avait pris l’habitude de les nommer les « Croyants » selon l’interprétation de la Tradition musulmane ou « affidés » selon l’interprétation de Alfred-Louis De Prémare dans « Les fondations de l’Islam ». C’est là l’un des aspects linguistiques problématiques du Coran qui devient interpelant lorsqu’on apprend dans le verset 23 de la sourate LIX [l’Exode] qu’Allah est un « Croyant » si l’on traduit le mot arabe à la lettre. Or Allah ne peut être perçu comme un « Croyant » ! En fait, le Coran a la particularité d’utiliser un même vocable dans plusieurs situations et dans des significations différentes sans fournir la moindre explication à son lecteur. Ainsi, le Coran utilise le vocable « livre » dans des situations et dans des sens différents au point de laisser son lecteur dans le désarroi.

En rapport avec la problématique linguistique, rappelons que les auteurs et exégètes du Coran ont injustement traduit « les gens des nations » évoqués plus haut dans le verset biblique par le vocable « les illettrés », ce qui révèle une défaillance coraniquequant à la traduction de certains mots et concepts empruntés de l’hébreu et d’autres langues influentes de la place. La Sourate Al-Fatiha nous en donne un exemple dans son deuxième verset qui qualifie Allah de Seigneur de ‘Alamîn sachant que le vocable « ‘Alamîn » n’émane pas de la langue arabe et qu’Il est un « nom au pluriel » emprunté de l’hébreu dans la forme du pluriel qui porte le suffixe « îm ». Comme à l’accoutumée, le fidèle musulman récite la Sourate Al-Fatiha sans s’en rendre compte et sans se poser de questions sur l’arabité du vocable « ‘Alamîn ». De même, rappelons-le encore une fois, le fidèle musulman récite la Sourate Al-Fatiha en la considérant comme une parole divine alors qu’il ne s’agit que d’une prière que le musulman élève à l’intention d’Allah. Le fidèle musulman ne s’en rend pas compte car il fait de la récitation un acte de foi et non pas un acte de lecture attentive et interrogative. La foi devient un voile qui éclipse la raison !

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Le Coran : fait pour être sciemment inintelligible !

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51aaeGCvfhL._SX331_BO1,204,203,200_Le coran dégage l’image d’un texte fait pour être sciemment inintelligible et forcément soumis à l’autorité des exégètes. Outre son langage ardu, son style archaïque et ses techniques rédactionnelles déroutantes, le Coran s’empêche de mettre son lecteur dans le contexte du récit renforçant ainsi la prépondérance de l’exégèse sur le texte coranique.

Sauf exceptions, le Coran ne fournit pas l’effort de situer son lecteur dans le contexte du récit coranique. Très souvent, le Coran ne fournit à son lecteur ni les noms des personnages mis en avant dans la scène, ni le contexte historique de l’évènement, ni l’espace géographique de l’action.

Naturellement, la récurrence de telles omissions dans le texte coranique est de nature à susciter des doutes quant à l’intention de l’autorité qui était derrière la contexture finale du Coran. Nonobstant la stylistique du texte coranique qui ne met pas toujours une frontière toute nette entre la fiction et le réel, il est difficile de supposer que l’auteur du Coran aurait préféré taire les noms de ses personnages et occulter les dates de l’évènement et les noms des endroits où se déroulait la scène de son récit. En revanche, il serait plus pondéré de se demander si les indications susmentionnées auraient été omises par l’auteur initial du Coran ou escamotées par l’auteur finale du texte coranique.

Pour comprendre le Coran, le lecteur se trouve, de facto, obligé de recourir à l’exégèse musulmane. Se faisant, le lecteur se soumet beaucoup plus à la volonté de l’exégète musulman qu’à la volonté de l’auteur initiale du Coran puisque le Coran se donne l’image d’un livre inintelligible et décontextualisé.

Placé devant l’embarras du choix entre un texte coranique abscons et décontextualisé et une exégèse du genre prêt-à-porter, le lecteur musulman a tendance à renoncer à la lecture du Coran et à jeter son dévolu sur l’exégèse. Dans ce contexte, l’exégèse musulmane prend de l’emprise tant sur le musulman que sur le Coran lui-même. Dès lors, il y a lieu de se demander pourquoi la tradition musulmane sunnite érige le livre de Sahih al-Boukhari au rang du deuxième livre sacré de l’Islam. De même, il serait légitime de se poser des questions sur les mobiles et les intentions de l’autorité qui aurait été derrière la rédaction de Sahih al-Boukahari par un musulman non arabe qui est né deux siècles environ après le décès du prophète de l’Islam.

Indubitablement, l’interposition de l’exégèse musulmane entre le Coran et le lecteur du texte coranique serait de nature à influencer la lecture du lecteur du Coran et à imposer au lecteur l’interprétation sunnite du texte coranique. Il va sans dire que l’interprétation chiite influencerait à son tour la lecture du lecteur du Coran conformément à la volonté de l’autorité qui se place derrière la version chiite.

Pour être plus concret, prenons pour exemple le verset 31 de la Sourate XLIII (Az-zoukhrouf) dans lequel des personnages non identifiés par le Coran dirent : « Pourquoi n’a-t-on pas fait descendre ce Coran sur un haut personnage de l’une des deux cités? ». Un lecteur non obnubilé par l’interprétation donnée à ce texte coranique par l’exégèse musulmane va constater que le verset en question n’identifie ni les personnages qui posent la question ni le personnage qui fait l’objet de la question. Pareillement, le lecteur constatera que le verset en question s’abstient d’identifier les cités évoquées dans le Coran.

En recourant à l’exégèse musulmane, le lecteur du Coran apprendra qu’il s’agit de La Mecque et de la ville de Taëf [qui se situe à une soixantaine de kilomètres de La Mecque]. Mais, ne serait-il pas légitime de mettre à l’épreuve l’interprétation donnée au verset en question par l’exégèse musulmane ? Pourquoi ne s’agirait-il pas de Jérusalem et de la ville de Samarie, par exemple?

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