Adam introduisit le péché et la mort

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L’image d’Adam dans le Nouveau Testament n’est plus la même que celle véhiculée dans L’Ancien Testament. Ayant été un être humain béni et créé à l’image du Dieu, Adam devient un responsable de l’introduction du péché et de la mort dans le monde des êtres humains.

Comme cela a été expliqué dans mon article précédent, le statut d’Adam dans l’Ancien Testament frôlait celui d’un ange ou d’un dieu. Le seul point faible notoire d’Adam était la méconnaissance du bien et du mal. Ayant été doté par Dieu de la capacité de choisir entre la vie éternelle et la connaissance du bien et du mal, Adam finit par opter pour la connaissance du bien et du mal.

Finalement, c’est grâce à cette connaissance du bien et du mal et à la faculté de faire des choix dans sa vie qu’Adam a pu renouer avec Dieu. On dirait que c’était là une nouvelle alliance entre Dieu et Adam qui supplanta l’alliance du Jardin d’Éden. Dans le chapitre IV de la Genèse, l’Ancien Testament laisse entendre que c’est Caïn, le fils d’Adam, qui fût tenu pour le premier auteur du péché lorsqu’il choisit délibérément de tuer son frère Abel sous l’effet de la colère et de la jalousie, et ce malgré la mise en garde du Dieu.

Contrairement à Adam qui était placé dans le Jardin de l’Éden, Caïn disposait des deux facultés primordiales qui indéniablement faisaient de lui un auteur du péché par excellence : il disposait de la connaissance du bien et du mal d’un côté, et de la faculté de choisir entre le bien et le mal, d’un autre côté.
En somme, Caïn choisit d’ignorer la mise en garde du Dieu et acheva son frère Abel que Dieu regardait avec faveur. Par suite à son homicide, Caïn choisit de s’éloigner de la face du Dieu et d’aller se réfugier en fugitif dans un pays à l’est de l’Éden (Genèse 4:16), là où Dieu avait placé les chérubins et la lame flamboyante d’une épée qui tournoyait sans arrêt pour garder le chemin de l’arbre de vie (Genèse 3:24).

Cela laisse entendre qu’Adam choisit de s’approcher de la face du Dieu et s’installa dans une sphère qui laisse la voie ouverte vers la retrouvaille avec l’arbre de la vie alors que Caïn choisit de s’éloigner de la face du Dieu et de s’installer dans une sphère qui ne mènerait jamais vers la retrouvaille avec l’arbre de la vie. Adam jouit donc d’une image hautement positive et valorisante dans le cadre de l’ancien testament. Cependant, tel n’est pas le cas dans le Nouveau Testament. Celui-ci éclipse la culpabilité de Caïn et met en relief la responsabilité d’Adam. Le livre biblique intitulé « Romains«  est très explicite à ce niveau.

Dans le chapitre 5, versets 12 à 14, le livre Romains stipule que« de même que par un seul homme (Adam), le péché est entré dans le monde et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort s’est étendue à tous les hommes parce que tous avaient péché. Car jusqu’à la Loi (Loi de Moïse) le péché était dans le monde, mais le péché n’est porté au compte de personne quand il n’y a pas la loi. Toutefois la mort a régné depuis Adam jusqu’à Moise, même sur ceux qui n’avaient pas le péché selon la ressemblance de la transgression d’Adam, lequel est comparable à celui qui devrait venir (c’est-à-dire Jésus).« 

Ce revirement dans le discours du Nouveau Testament ne peut être perçu et compris que dans le cadre des divergences théologiques entre l’Ancien Testament et le Nouveau Testament. Pour simplifier, il est possible de dire que l’Ancien Testament se présente comme un Livre exclusivement révélé pour les israélites et présente Dieu comme la divinité exclusive du peuple d’Israël alors que le Nouveau Testament se veut un Livre révélé pour toutes les nations et fait du Dieu une divinité d’amour qui envoya son fils Jésus pour se laisser faire sacrifier sous la forme d’un être humain pour le salut de toute l’humanité.

En d’autres termes, le Nouveau Testament fait de Jésus un fils de Dieu envoyé sur terre pour réparer la faute d’Adam qui, par sa transgression dans le Jardin d’Éden, introduisit le péché et par conséquent la mort dans le monde. Pour servir de rançon, ce messie devrait, pour le moins, avoir un statut similaire au statut d’Adam du Jardin d’Éden.

Rappelons-nous qu’Adam de l’Ancien Testament avait un statut qui frôlait celui d’un ange ou d’un dieu. Dans cette logique du Nouveau Testament, le lecteur ne sera probablement pas surpris de voir Adam clairement rehaussé à un statut de fils du Dieu. Je tâcherai dans mon prochain article de traiter cet aspect de la question. La version du Coran au sujet d’Adam fera l’objet d’un autre article.

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Les facultés néologiques innées d’Adam

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L’histoire d’Adam est très intéressante pour la personne qui cherche à comprendre les divergences théologiques entre les trois religions monothéistes; à savoir le Judaïsme, le Christianisme et l’islam. Ces religions ne promeuvent pas nécessairement la même image et leurs livres révélés ne délivrent pas le même message.
Dans l’Ancien Testament, Dieu créa Adam à partir de la poussière de la terre. Il le bénit et décida de l’installer dans le jardin d’Éden. Il lui confia alors la charge de cultiver ce jardin et de s’en occuper.
Pour combler Adam de ses bienfaits, Dieu fit pousser du sol tout arbre désirable à voir et bon à manger. Il créa aussi des animaux et des bêtes de différentes natures pour peupler l’Éden et se nourrir de sa végétation verte. C’est dire que les créatures qui avaient en soi une vie d’âme étaient toutes végétariennes, y compris l’homme et les bêtes sauvages.
À la lecture du livre de la Genèse de l’Ancien Testament, le lecteur aurait l’impression qu’Adam régnait en maitre sur le paradis. Il était béni par Dieu, il ne craignait pas les animaux sauvages et il avait d’énormes facultés de créativité intellectuelle qui semblaient dépasser les attentes du Dieu.
Dans ses versets 19 et 20, le livre de la Genèse laisse entendre que Dieu voulait tester les facultés néologiques d’Adam. Pour ce faire, Dieu se mit à amener vers l’homme toutes les créatures ayant en soi une vie (oiseaux, animaux domestiques et animaux sauvages) pour voir comment il appellerait chacune d’elles. Adam réussit le test. Il appelait donc de leurs noms tous les animaux domestiques, toutes les créatures volantes des cieux, et toute bête sauvage des champs.
Étant béni, créé à l’image de Dieu, placé en maitre sur le Paradis, pouvant jouir de la vie éternelle et disposant de facultés néologiques dépassant les attentes de Dieu, Adam semblait mener une vie qui frôlait celle d’un ange ou d’un dieu (dieu en minuscule).
Il lui manquait cependant quelque chose pour pouvoir accéder à un statut d’ange ou de dieu. Il lui manquait la connaissance du bien et du mal. Cette défaillance était fatale pour l’éternité de la vie d’Adam et sa pérennité dans le jardin édénique.
En d’autres termes, le pouvoir d’Adam n’était refreiné que par la présence d’un arbre dit l’arbre de la connaissance du bien et du mal que Dieu avait placé au milieu du jardin édénique. Adam n’était pas autorisé par Dieu à manger le fruit de cet arbre sous peine de perdre la vie éternelle et les privilèges du jardin édénique.
Étant dépourvu de la connaissance du bien et du mal, Adam ne semblait pas réaliser qu’il y avait un Satan qui connaissait le bon et le bien et qui, par ailleurs, développait de plus en plus un désir inexorable de rébellion contre Dieu.
Sachant qu’Adam et Ève ignoraient le bien et le mal, le Satan trouva le moyen de tirer profit de cette ignorance afin de leurrer Adam et le mettre en erreur dans le but final d’entraver l’accomplissement des plans du Dieu sur la terre.
Il commença par approcher Ève et la convainc qu’elle ne va pas mourir en mangeant du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal comme le disait Dieu. Satan lui fait comprendre que Dieu tenait l’homme dans l’ignorance du bien et du mal pour l’empêcher de devenir comme Dieu lui-même.
Ève prit le fruit prohibé, en mangea une partie et constata qu’elle n’avait pas perdu la vie comme Dieu l’avait prédit. Elle en informa Adam et finit par le convaincre de goûter du fruit prohibé de ce mystérieux arbre de la connaissance du bien et du mal.
En procédant de la sorte, Adam et Ève ouvrirent la boite de Pandore et provoquèrent la colère de Dieu. Celui-ci décréta une inimitié entre le Satan et la femme, entre la semence du Satan et la semence de la femme. Il finit par expulser Adam et Ève du jardin édénique et planta à l’est du jardin d’Éden les chérubins et la lame flamboyante d’une épée qui tournoyait sans arrêt pour garder le chemin de l’arbre de vie.
Il semble que Dieu n’avait pas fermé tous les accès à l’arbre de la vie et qu’il avait, en l’occurrence, laissé d’autres accès à l’arbre de la vie et, par conséquent, au jardin d’Éden lui même. Dieu n’a bloqué le chemin que pour les personnes venant de l’est. Est-ce parce que Adam et Êve étaient expulsé du côté est du Paradis? La question devrait retenir l’attention du lecteur. Mais le contexte ne permet pas de l’examiner pour le moment.
En ce qui concerne notre sujet, il est à constater que l’Ancien Testament donne l’impression que Dieu n’était ni rancunier ni vindicatif à l’endroit d’Adam et Ève pour leur acte d’insubordination sous l’influence de la ruse du Satan.
En revanche, Adam et Ève semble avoir réalisé la portée dramatique de leur mise en erreur par Satan et décidé de renouer avec Dieu dans leur nouvelle condition de vie à l’extérieur du jardin de l’Éden et loin de l’arbre de la vie éternelle.
Les indications indirectes de l’Ancien Testament signifient sans ambages qu’Ève reconnait l’aide que Dieu lui avait apporté lors de l’accouchement. Le lien entre l’homme et Dieu n’avait pas été coupé. Il a été probablement renouvelé sous une autre forme, en connaissance du bien et du mal. Ses enfants, Caïn et Abel, rendaient hommage à Dieu et lui apportaient des offrandes.
Qu’en dit maintenant le Nouveau Testament d’Adam? Est-ce qu’il y s’agit d’une autre version? Ce sera l’objet de mon prochain article.

La Bible pour mieux comprendre le Coran

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C’est grâce à l’étude de la Bible que ma compréhension du Coran est devenue plus accessible, plus large et plus profonde.  L’étude de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament m’a donné les concepts religieux de base pour mieux percevoir les apports du Coran en rapport  avec la Bible.

Dès lors, lorsque je lis la version coranique d’un quelconque récit biblique, mon cerveau commence à réfléchir pour savoir pourquoi le Coran a traité le même récit différemment.

Le but de la question ne consiste pas à prouver que le récit de l’un est plus authentique ou plus véridique de celui de l’autre. Il consiste simplement à mieux comprendre la vision globale du Coran par rapport à celle de la Bible.

Pour être plus concret, je prendrai l’exemple d’Adam. Ce patriarche biblique est présenté dans le Coran comme étant la créature divine la plus aimée d’Allah au point qu’Allah lui avait inculqué un savoir qui outrepassait largement le savoir des anges.

Mieux encore, Allah décida d’aller plus loin dans son entreprise lorsqu’il demanda aux anges de se prosterner devant Adam, et ils se prosternèrent devant Adam à l’exception du Satan qui refusa, s’enfla d’orgueil et fut parmi les infidèles et les désobéissant à Allah.

Cette version du coran n’existe nulle part dans la Bible et elle n’aurait aucunement éveillé des questions dans mon esprit si je n’avais pas lu la Bible et ce que la Bible dit d’Adam. C’est en étudiant la Bible que je me suis rendu compte qu’il y a deux versions diamétralement opposées au sujet d’Adam.

Encore une fois, la question centrale ne consiste pas à savoir qui a raison et qui a tort mais, plutôt, à savoir quelle est la vision globale du Coran par rapport à celle de la Bible.

Pour en savoir plus, je dois aller chercher dans la Bible pour trouver des éléments de réponses qui permettraient de parfaire la comparaison des textes et de tirer des conclusions concluantes.

L’étude de la Bible n’est pas un péché aux yeux de l’Islam. Le prophète Mohamed, lui-même, connaissait très bien la Bible dans ses deux composantes ; à savoir  l’Ancien Testament et le Nouveau Testament. Il en est pour preuve les versets coraniques qui demandent aux gens du livre (Juifs et Chrétiens) d’apporter leurs preuves.

Deux exemples peuvent être pris de Sourate La Famille d’Imrân (Les Lévites : membres de la tribu de Lévi voués au service du Temple) pour illustrer le propos. Il s’agit des versets 65 et 93.

Le verset 65 dit : Ô gens des Écritures ! Pourquoi discutez-vous au sujet d’Abraham, alors que la Thora et l’Évangile n’ont été révélés qu’après lui? Êtes-vous donc déraisonnables à ce point?

Le verset 93 dit : Tous les aliments étaient permis aux fils d’Israël, excepté ceux qu’Israël lui-même s’était interdits, avant que la Thora ne fût révélée. Dis-leur : «Apportez la Thora et lisez-la, si vous êtes de bonne foi !»

Corrélativement, dans un abrégé d’exégèse d’Ibn Kathîr, il est rapporté qu’Abdoullah Ibn Amr prit possession de deux livres du peuple des Écritures le jour de la bataille d’Al-Yarmouk. Il se mit à rapporter ce qu’ils contenaient car, pour lui, ceci était autorisé par le Hadith sur les contes israélites.

C’est en accédant à différentes sources qu’Abdoullah Ibn Amr  avait vraisemblablement dû nourrir son discernement et fonder son choix.