Al-Fatiha : Parole humaine ou parole divine !?

Par défaut

41FTAHZZA0L._SX305_BO1,204,203,200_la Sourate Al-Fatiha s’impose au musulman en tant que parole divine. Pourtant, la lecture attentive de cette Sourate dévoile une parole humaine émanant d’un fidèle s’adressant à Dieu. Le musulman fidèle est tenu de la réciter dix-sept fois par jour. Pourtant, il ne se rend même pas compte qu’il ne s’agit que d’une prière et non pas d’un texte divin car sa récitation de la Sourate Al-Fatiha relève d’un acte de foi et non pas d’une lecture à la loupe. Allah ne peut en aucun cas dire à lui-même : « C’est Toi [seul] que nous adorons, et c’est de Toi que nous cherchons aide. Guide-nous vers la voie droite.» Ce serait une parole insensée. D’autant plus, la lecture attentive de cette Sourate ne fait que révéler quelques-unes des problématiques liées au contenu et aux traits inintelligibles du Coran.

La tradition musulmane place arbitrairement la Sourate Al-Fatiha au début du livre coranique et elle en fait la sourate la plus récitée par les musulmans. Chaque fidèle est tenu de la réciter en position debout avant chacune de de ses dix-sept prosternations qu’il accomplit au cours de ses cinq prières quotidiennes. Pourtant, la tradition musulmane s’abstient d’enseigner à ses fidèles que la Sourate Al-Fatiha n’est, au fond, qu’une version adaptée de la prière juive et de la prière chrétienne.

Le musulman est tenu de garder ses distances vis-à-vis des textes bibliques et des enseignements juifs et chrétiens pour ne pas ébranler sa foi, encourir la colère d’Allah et s’exposer à la désapprobation des siens. La soumission aux dictats de la tradition musulmane devient ainsi un acte de foi et de sagesse sociale qui inhibe toute tentation extérieure à l’Islam et toute tentative de porter son regard sur ce qui se passe de l’autre côté de la rive du monde des religions.

Le Livre de Mathieu nous enseigne dans les versets 9 à 13 de son chapitre VI que c’est Jésus-Christ qui a proposé à ses disciples la prière chrétienne pour se différencier des hypocrites et des gens des nations. Jésus-Christ avait alors demandé à ses disciples de prier ainsi :

« Notre Père dans les cieux, que ton nom soit sanctifié.

Que ton royaume vienne. Que ta volonté se fasse, comme dans le ciel, aussi sur la terre.

Donne-nous aujourd’hui notre pain pour ce jour;

Et remet-nous nos dettes, comme nous aussi avons remis à nos débiteurs.

Et ne nous fais pas enter en tentation, mais délivre-nous du méchant. »

Nous y remarquons que les Chrétiens prient leur Père pour qu’il établisse son royaume sur terre à l’instar de son royaume dans les cieux et qu’ils demandent à leur Père de leur donner leur pain quotidien, de pardonner leurs péchés et de les prémunir contre les tentations du Satan.

Nous remarquons aussi que le verset 5 du chapitre en question ne nous dit pas qui sont les hypocrites auxquels il fait allusion en faisant dire à Jésus-Christ ce qui suit : « Quand vous priez, vous ne devez pas être comme les hypocrites ; parce qu’ils aiment prier debout dans les synagogues et aux coins des grande rues, afin d’être vus des hommes. ». Néanmoins, la lecture des Évangiles nous laisse apprendre que le vocable « les hypocrites » fait allusion aux Pharisiens que les Évangiles préfèrent ne pas daigner les nommer par leur nom de « Pharisiens » mais plutôt par le qualificatif dépréciatif de « Hypocrites ».

De même, nous remarquons que le verset 7 du même chapitre ne nous dit pas non plus qui sont les gens des nations auxquels il fait allusion en faisant dire à Jésus-Christ ce qui suit : « Quand vous priez ne redites pas toujours les mêmes choses, comme font les gens des nations, car ils pensent qu’ils seront entendus parce qu’ils parlent beaucoup. » Néanmoins, la lecture de l’Ancien Testament nous laisse apprendre que le vocable « les gens des Nations » fait allusion aux peuples non juifs.

À son tour, le rédacteur primordial de la Sourate Al-Fatiha entendait doter ses disciples d’une prière propre à l’Islam pour se différencier des égarés et de ceux qui encourent la colère du Dieu. Il aurait élevé sa prière en disant :

« Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Toutes louanges et tous remerciements sont dûs à Allah, Seigneur de ‘Alamîn.

Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

L’Unique Maître du Jour de la rétribution.

C’est Toi [seul] que nous adorons, et c’est de Toi que nous cherchons aide.

Guide-nous vers la voie droite,

la voie de ceux que Tu as comblés de Tes grâces, non pas (la voie) de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés. »

En faisant un parallèle avec la prière chrétienne, nous remarquons que l’auteur primordial de la Sourate Al-Fatiha n’y demande pas le rétablissement du royaume du Dieu sur terre comme le demande Jésus-Christ et ce pour des raisons idéologiques spécifiques à l’Islam, lequel entend ouvrer de son propre-chef pour l’avènement de ce royaume et non pas attendre sa mise en place par la simple volonté aléatoire d’Allah.

Nous y remarquons aussi que l’auteur primordial de la Sourate Al-Fatiha ne demande pas à Dieu de lui donner son pain quotidien. Entendait-il alors l’avoir en recourant aux razzias et aux conquêtes des pays à islamiser !? La tradition semble répondre par l’affirmatif lorsqu’elle attribue au prophète de l’Islam un hadith qui lui fait dire : « Mon javelot est mon gagne-pain ».

Nous remarquons aussi que la Sourate Al-Fatiha ne nous dit pas qui sont « les égarés » et qui sont « ceux qui ont encouru la colère d’Allah ». Il est évident que le Coran ne daigne pas les nommer par leur propre nom laissant le soin aux exégètes et à la tradition musulmane le soin d’éclairer les musulmans qui ne sont pas versés dans les polémiques du Coran. La tradition musulmane nous enseigne que « les égarés » sont les « Nazaréens / les Chrétiens » et que « ceux qui ont encouru la colère d’Allah » sont les Juifs. En fait, les récits coraniques nous révèlent que les Nazaréens et les Juifs sont les principaux adversaires du Coran et non pas les païens et les polythéistes comme nous le laisse croire la tradition musulmane. À vrai dire, rien n’indique dans les récits coraniques que l’histoire du Coran se déroulait dans un climat aussi austère que celui de La Mecque de la péninsule arabique. Les marques d’influence de la tradition musulmane sur le texte coranique nous livrent un Coran fait pour être sciemment inintelligible et soumis aux interprétations de la tradition musulmane.

Naturellement, on peut bien s’interroger sur l’identité de ces gens auxquels la Sourate fait allusion en les qualifiant de « ceux qu’Allah avait comblé de ses bienfaits ». Mais, pour le moins, on s’entend bien, en fin de compte, qu’il s’agit des élus d’Allah qui hériteront et la terre et le paradis éternel. Ces élus d’Allah ne sont que ceux qui prendront plus tard le nom de musulmans. Le Coran avait pris l’habitude de les nommer les « Croyants » selon l’interprétation de la Tradition musulmane ou « affidés » selon l’interprétation de Alfred-Louis De Prémare dans « Les fondations de l’Islam ». C’est là l’un des aspects linguistiques problématiques du Coran qui devient interpelant lorsqu’on apprend dans le verset 23 de la sourate LIX [l’Exode] qu’Allah est un « Croyant » si l’on traduit le mot arabe à la lettre. Or Allah ne peut être perçu comme un « Croyant » ! En fait, le Coran a la particularité d’utiliser un même vocable dans plusieurs situations et dans des significations différentes sans fournir la moindre explication à son lecteur. Ainsi, le Coran utilise le vocable « livre » dans des situations et dans des sens différents au point de laisser son lecteur dans le désarroi.

En rapport avec la problématique linguistique, rappelons que les auteurs et exégètes du Coran ont injustement traduit « les gens des nations » évoqués plus haut dans le verset biblique par le vocable « les illettrés », ce qui révèle une défaillance coraniquequant à la traduction de certains mots et concepts empruntés de l’hébreu et d’autres langues influentes de la place. La Sourate Al-Fatiha nous en donne un exemple dans son deuxième verset qui qualifie Allah de Seigneur de ‘Alamîn sachant que le vocable « ‘Alamîn » n’émane pas de la langue arabe et qu’Il est un « nom au pluriel » emprunté de l’hébreu dans la forme du pluriel qui porte le suffixe « îm ». Comme à l’accoutumée, le fidèle musulman récite la Sourate Al-Fatiha sans s’en rendre compte et sans se poser de questions sur l’arabité du vocable « ‘Alamîn ». De même, rappelons-le encore une fois, le fidèle musulman récite la Sourate Al-Fatiha en la considérant comme une parole divine alors qu’il ne s’agit que d’une prière que le musulman élève à l’intention d’Allah. Le fidèle musulman ne s’en rend pas compte car il fait de la récitation un acte de foi et non pas un acte de lecture attentive et interrogative. La foi devient un voile qui éclipse la raison !

Abonnez-vous au blog pour recevoir mes articles dès leur mise en ligne !

https://www.mythesfondateurs.com 

Apportez vos commentaires et vos recommandations au Blog !

Publicités