Le Mythe du Jardin d’Éden (5)

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« Oui, je fixerai ta frontière depuis la mer Rouge jusqu’à la mer des Philistins, et depuis le désert jusqu’au Fleuve ; car je livrerai en votre main les habitants du pays, et, à coup sûr, tu les chasseras de devant toi. » (L’Exode: XXIII, 31)

Il ressort de cette parole divine que le royaume du Dieu s’étend de la péninsule de Sinaï au Sud, du littoral méditerranéen à l’Ouest jusqu’au Fleuve. Mais, le verset en question reste ambigu et astucieux puisqu’il s’abstient sciemment de nommer le fleuve en question. S’agit-il de l’Euphrate, du Jourdain, de ouadi d’Égypte, ou bien d’un tout autre fleuve.

Nous remarquerons, d’emblée, que les limites territoriales de ce royaume, d’un côté, et les peuples qui habitaient dans ces territoires, d’un autre côté, sont définies plus ou moins différemment par le Dieu d’Israël en fonction de la tête de son interlocuteur et du contexte situationnel comme nous pouvons le constater dans les versets bibliques cités ci-après en rapport avec Josué, Salomon et Abraham.

  • Josué : I, 3-4.

« Tout ce que foulera la plante de votre pied, je vous le donnerai à coup sûr, comme je l’ai promis à Moïse. Depuis le désert et le Liban que voici jusqu’au grand fleuve, le fleuve de l’Euphrate, c’est-à-dire tout le pays des Hittites, et jusqu’à la Grande Mer, vers le soleil couchant, tel sera votre territoire. 

  • 1 Rois : IV, 21.

« Quant à Salomon, il était chef sur tous les royaumes depuis le Fleuve jusqu’au pays des Philistins et jusqu’à la frontière d’Égypte. »

  • Genèse : XV, 18 à 21.

« En ce jour-là, Jéhovah conclut avec Abraham une alliance en disant : « À ta semence je donnerai vraiment ce pays, du fleuve d’Égypte jusqu’au grand fleuve, le fleuve Euphrate : les Qénites, les Qenizzites, les Qadmonites, les Hittites, les Perizzites, les Rephaïm, les Amorites, les Cananéens, les Guirgashites et les Yebousites. » »

Dans les situations impliquant Abraham et Salomon, nous constatons à travers la lecture des versets cités plus haut que les limites optimales de ce pays convoités par Dieu s’étendaient de l’Euphrate au Nord-Est au Nil au Sud-Ouest. Cette coïncidence s’explique par le fait que les auteurs de la Thorah avaient vécu après la période du royaume uni de Salomon et qu’ils avaient constaté que les limites d’influence maximales du royaume israélites, au temps de Salomon, atteignirent à peine les environs de l’Euphrate au Nord-Est et les environs du Nil au Sud-Ouest.

C’est la raison pour laquelle, les auteurs de la Genèse ont mis en avant la scène biblique élaboré dans les versets 18 à 21 du chapitre XV de la Genèse dans laquelle Dieu promet à Abraham de donner en héritage à sa semence «ce pays, du fleuve d’Égypte jusqu’au grand fleuve, le fleuve de l’Euphrate» dont les limites territoriales atteignirent leur paroxysme au temps de Salomon, à en croire les récits bibliques qui tentent de faire étendre le rayonnement du roi Salomon jusqu’au royaume de Sheba, au sud de la péninsule arabique.

 Maintenant que nous nous sommes fait une bonne idée tant de l’emplacement que de l’étendue du territoire de la terre promise, nous allons être surpris de constater que l’emplacement et l’étendue de Éden correspondent parfaitement à ceux de la terre promise dans ces limites optimales et que l’emplacement et l’étendue du Jardin d’Éden correspondent parfaitement à ceux de la terre promise dans ses limites minimales.

 

À SUIVRE…

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LE MYTHE DU JARDIN D’ÉDEN (2)

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La Genèse fait de la parole divine le moyen magique utilisé par Dieu dans le processus de création de l’univers. Autrement dit, la Genèse nous laisse entendre que le pouvoir de création du démiurge biblique est verbal et non pas physique puisque Dieu se contente de donner l’ordre de création à la chose et la chose se fit créer comme on peut le constater dans le verset 3 du premier chapitre dans lequel il est dit : « Et Dieu dit alors : « Que la lumière paraisse. » Alors la lumière parut ».L’effort intellectuel fourni par Dieu dans le processus de création de l’univers en six jours, au moyen de la parole divine, devrait dégager une image d’un démiurge puissant, fort, infatigable et exempt des faiblesses humaines. Mais, contrairement à toute attente, la Bible s’empressera de dégager une image d’un Dieu biblique qui ressent la fatigue au même titre que les êtres humains et qui, de surcroit, se donne une journée de repos par semaine. Ainsi, les versets 2 et 3 du chapitre II de la Genèse nous annoncent, sans trop tarder, que le démiurge « s’est mis à se reposer le septième jour de tout son œuvre qu’il avait faite » et qu’il « s’est mis à bénir le septième jour et à le rendre sacré ».En procédant de la sorte, la Bible entend nous faire comprendre que Dieu avait décrété le sabbat au moment où il s’apprêtait à planter le Jardin d’Éden et que la loi du sabbat devait être appliquée à Adam que Dieu avait installé dans le Jardin d’Éden. Mais, semble-t-il, Adam aurait dû être expulsé du Jardin d’Éden en moins d’une semaine après la création de l’univers échappant ainsi à l’obligation d’observer le sabbat en vertu de la loi divine décrété au septième jour de la création de l’univers.Visiblement, les auteurs de la Bible nous donnent l’impression qu’ils avaient sciemment éclipsé la sacralité du sabbat et recalé son observance chez toutes les figures bibliques durant la période allant de la création d’Adam jusqu’à l’avènement de l’Exode et l’arrivée du peuple d’Israël à la péninsule de Sinaï. Dans ce décor du contexte biblique, il y a lieu de se demander pourquoi Dieu n’a-t-il pas fait appliquer sa loi sabbatique à Adam et aux figures bibliques ayant jalonné les récits bibliques couvrant la période allant de l’époque d’Adam jusqu’à l’avènement de l’Exode. La réponse à cette question se trouve tout bonnement dans le fond de la pensée idéologique de la Bible qui entend faire du Jardin d’Éden la Terre promise et le lieu indiqué pour la mise en œuvre des lois, des prescriptions, des ordonnances et des commandements émanant du Dieu aux israélites dans le cadre d’une alliance conclue entre Dieu et le peuple d’Israël.

En d’autres termes, le fond de la pensée biblique considère le Jardin d’Éden comme étant la juridiction divine au sein de laquelle la loi divine a été édictée et dans la circonscription de laquelle la loi divine doit être appliquée au peuple d’Israël dans le cadre d’une alliance alliant Dieu à son peuple. C’est finalement le livre de l’Exode qui va faire sortir la loi primordiale du sabbat de l’oubli et de la désuétude pour la faire imposer progressivement aux fils d’Israël dès leur entrée dans les limites territoriales méridionales du Dieu de Moïse.

La première étape sera entamée au désert de Sîn qui est situé entre Élim et Sinaï. Les fils d’Israël y arrivèrent après une traversée de quarante-cinq jours dans le désert. Le lieu est très symbolique car il nous rappelle le mont Sinaï dans lequel Dieu s’est manifesté pour la première fois à Moïse sous forme d’un buisson ardent. En choisissant la région de Sinaï pour faire respecter l’observation du sabbat aux fils d’Israël la Bible semble nous indiquer que la prescription du sabbat que Dieu a instituée au lendemain de la création de l’univers devait s’appliquer à son peuple dès son entrée dans les limites territoriales méridionale du Jardin d’Éden.

C’est en en recourant à la création du mythe de la manne dans le désert du Sîn que le chapitre XVI de l’Exode tentera de justifier l’observation et le respect de la loi du sabbat. À travers ce mythe la Bible fait venir Dieu au secours des fils d’Israël qui commençaient à se plaindre du manque de la nourriture dans le désert. Le Dieu compatissant fit tomber quotidiennement des cieux le pain et la viande que les israélites devaient ramasser chacun en fonction des besoins de sa famille.

Selon ce mythe, il était inutile de ramasser au-delà des besoins quotidiens de chaque maisonnée car personne ne manquait de la nourriture et, mieux encore, ceux qui en ramassaient trop perdirent le surplus le lendemain. Seul le sabbat apportait une exception à cette règle étant donné que la prescription du sabbat a pour corollaire l’observation impérative du repos et l’interdiction de ramasser la manne pendant cette journée sacrée. De ce fait, le Dieu biblique autorisa les fils d’Israël à ramasser une double portion de la manne au sixième jour afin de conserver la portion supplémentaire pour le jour du sabbat.

Comme il y a toujours des gens qui mettent Dieu à l’épreuve, les auteurs du mythe de la manne ne manqueront pas de signaler qu’il y avait des réfractaires qui sont sortis au septième jour pour cueillir la manne mais ils n’en avaient pas trouvé étant donné que c’est Dieu qui en a voulu ainsi. Les auteurs de l’Exode se sont également servis de ce subterfuge pour nous faire valoir la première réaction de Dieu à l’encontre de la transgression de sa loi sabbatique qu’il tentait à imposer pour la première fois au peuple d’Israël. Les versets 28 et 29 du chapitre XVI de l’Exode nous dévoilent ainsi un Dieu en colère non seulement contre les réfractaires mais également contre Moïse et l’ensemble du peuple auxquels il s’adresse en ces termes :

« Jusqu’à quand refuserez-vous de garder mes commandements et mes lois? Rendez-vous compte que Jéhovah vous a donné le sabbat. C’est pourquoi il vous donne, au sixième jour, le pain de deux jours. Restez chacun à sa place. Que personne ne bouge de l’endroit où il est au septième jour. »

Corrélativement, « le peuple se mit à observer le sabbat le septième jour » et Dieu continua à fournir la manne jusqu’à l’arrivée des fils d’Israël à la frontière du pays de Canaan après une période de quarante années d’errance dans le désert de la péninsule de Sinaï. C’est ce que nous indiquent les versets subséquents du chapitre XVI de l’Exode.

À SUIVRE…

 

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LE MYTHE DU JARDIN D’ÉDEN (1)

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« En outre, Jéhovah Dieu planta un jardin en Éden, vers l’est, et il y mit l’homme qu’il avait formé. » (Genèse : II, 8)

Dieu est présenté tout au début du commencement du livre de la Genèse comme étant un démiurge, un Dieu créateur de l’univers. Après avoir créé les cieux et la terre et leur armée, le Dieu biblique créa Adam à partir de la poussière tirée du sol. Sachant maintenant que Dieu a créé Adam à partir d’une matière naturelle, nous nous trouvons en droit de nous demander s’il avait créé les cieux et la terre à partir de matières qui existaient avant son acte de création.

Le verset 2 du chapitre premier de la Genèse nous informe que : « la terre était informe et déserte et il y avait des ténèbres sur la surface de l’abîme d’eau ; et la force agissante de Dieu se mouvait sur la surface des eaux ». Nous pouvons en déduire – a priori – que l’univers était formé de la terre, de l’eau et des ténèbres et que Dieu avait créé l’univers à travers ces constituants. En nous basant sur cette assertion biblique, nous pouvons nous demander si les matières primordiales de l’univers avaient existé avant Dieu, ou concomitamment avec Dieu, contrairement à ce que Dieu nous enseigne dans la Bible. N’avait-t-il pas dit, par exemple, dans le verset 13 du chapitre XXII dlivre de la Révélation : « Je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin » ?

Par la suite, nous dit la Genèse, Dieu créa la lumière et opéra une séparation entre la lumière et les ténèbres donnant ainsi lieu à la naissance du jour et de la nuit, du soir et du matin. Mais, scientifiquement parlant, nous constatons que la thèse de création biblique cède le flanc à la critique et révèle la naïveté des auteurs de la Genèse qui font passer la création de la lumière avant celle du soleil, de la lune et des étoiles. Après avoir créé la lumière, Dieu procéda à la création du ciel et à la séparation des eaux en deux parties. Selon leur conception primitive de l’univers, les auteurs de la Genèse, nous font croire que Dieu a placé le Ciel entre les deux parties des eaux et que la partie du dessous a été aménagée sous forme de mers et d’océans afin de permettre à la terre ferme de faire jour et monter à la surface. Selon cette conception naïve, les auteurs de la Genèse devaient imaginer que les pluies qui tombent du ciel venaient des eaux que Dieu avait placé au-dessus du ciel. Le savoir des rédacteurs de la Genèse devait être incapable d’imaginer que la pluie qui tombe du ciel n’est que l’aboutissement du phénomène de l’évaporation des eaux des mers et des océans.

S’agissant du Ciel, la Genèse nous laisse deviner qu’il est subdivisé en sept cieux et elle nous conte que Dieu avait placé des luminaires dans ces cieux pour séparer le jour de la nuit, éclairer les cieux et la terre et « pour servir de signes et pour les époques et pour les jours et pour les années ». Il va sans dire que les auteurs de la Bible ne pouvaient pas imaginer le ciel et l’espace céleste comme nous l’imaginons aujourd’hui sur la base des informations que nous possédons grâce aux progrès scientifiques et technologiques et aux explorations de l’espace. Toutefois, cela ne nous empêchera pas d’avouer que le savoir cumulé depuis l’éveil de la civilisation sumérienne avait tout de même permis aux savants de l’antiquité de se servir des « luminaires » pour se donner un calendrier contenant les jours, les mois, les années et les saisons. Le Coran, lui aussi, reprend la même litanie dans des versets sporadique dont, entre autres, l’étrange verset 5 de la Sourate LXVII qui fait dire à Dieu une parole qui ferait la risée des instruits de nos jours:  

 » Nous avons effectivement embelli le ciel le plus proche avec des lampes dont Nous avons fait des projectiles pour lapider les satans et Nous leur avons préparé le châtiment de la Fournaise. » (Sourate LXVII, 5)

À SUIVRE…

 

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MOÏSE ET LE JARDIN D’ÉDEN (4/4)

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Quant aux Chaldéens, le Livre de la Genèse les présente comme étant des ennemis et oppresseurs d’Abraham dans la guerre des neufs rois que nous aurons l’occasion d’évoquer à travers de la mise en œuvre de la figure d’Abraham sur les traces du mythe du Jardin d’Éden. En outre, le verset 10 du deuxième Livre des Rois présente les chaldéens comme des ennemis d’Israël qui ont ravagé Jérusalem en leur qualité d’alliés militaires au roi de Babylone. À cet effet, le verset précité nous informe que « toutes les forces militaires des Chaldéens, qui étaient avec le chef de la garde personnelle [du roi de Babylone], abattirent la muraille de Jérusalem, tout autour ».

Ces données de nature historiques reflètent l’image d’un pays de rêve des Israélites situé à mi-chemin entre l’Euphrate à l’Orient et le Nil à l’Occident et qui fait l’objet de convoitises de la part d’un ensemble de pays ennemis venant de l’Orient. Pour pouvoir imaginer le mythe du jardin d’Éden, Moïse auquel la tradition hébraïque attribue la rédaction de la Genèse devait connaître non seulement l’espace géographique du monde antique et la généalogie des peuples mais également les récits de l’histoire qui lui sont antérieurs et ceux de l’histoire qui lui sont postérieurs. Ainsi, Moïse devait-il connaitre aussi bien l’histoire des personnages bibliques qui lui sont antérieurs comme Noé que l’histoire des personnages qui lui sont postérieurs comme le prophète Balaam que l’on retrouve dans un récit relaté dans les chapitres XXII à XXIV du Livre des Nombres ? Sur ce point, Émile Ferrière, nous fait rappeler cette dichotomie dans son ouvrage en notant ce qui suit :

« L’épisode de Balaam (Nombres, XXII, XXII, XXXIV) suppose l’absence de Moïse. Or, l’épisode de Balaam appartient au livre de Guerres de Jéhovah, c’est-à-dire aux anciens témoignages. »

Sur le même sujet, Guy Rachet nous enseigne à son tour que :

« Le narrateur biblique a repris à son compte une tradition datée, selon une inscription de Deir-‘Allâ, des environs de l’an 800 avant Jésus-Christ, à l’époque de la floraison du royaume de Juda, qu’il a reportée quatre ou cinq siècles plus tôt. »

Outre sa critique mettant en exergue la confusion dans l’esprit du rédacteur du récit de l’épisode du prophète Balaam, Émille Ferrière, nous fait révéler une autre absurdité dans le Pentateuque dont la rédaction est attribuée à Moïse. Il s’agit du récit du chapitre XXI de la Genèse qui relate une alliance de paix conclue entre Abraham et le roi des Philistins alors qu’Abraham avait existé avant l’arrivée des Philistins dans le pays de Canaan. De telles absurdités historiques relevées dans le Pentateuque de Moïse nous renvoient donc à la problématique de l’histoire de l’écriture et la rédaction de la Bible.

Nous savons d’emblée que l’écriture n’a existé qu’à une date postérieure à l’époque de Moïse et que la Bible n’a été compilée et mise en forme que vers le VIème ou le Vème siècle avant Jésus-Christ. Comment peut-on alors considérer les légendes brodées autour de Moïse comme étant véridiques si la Bible n’a été mise en forme que quelques siècles avant Jésus Christ et que l’écriture n’a existé en Israël que plusieurs siècles après l’époque de Moïse?  À cet effet, Renon Ernest souligne dans une note de bas de page, – en marge de son commentaire sur la bataille de Raphidim relatée dans le chapitre XVII de Livre des Nombres –, que « l’écrire en Israël est postérieure à Moïse de trois à quatre siècles » tout en concluant que « les siècles sans écritures n’engendrent et ne transmettent que des fables. »

Il est donc difficile d’admettre les légendes brodées autour de Moïse à moins que l’on soit aveuglé par la foi. En effet, outre les contes des dix plais de l’Égypte, le récit biblique du chapitre XIV de l’Exode s’efforce de nous faire croire que Moïse avait fendu les eaux de la mer Rouge et qu’il s’est frayé ainsi un chemin ayant permis au peuple israélite de traverser la mer en marchant sur une terre ferme.

Or, la lecture de la Bible nous révèle que ce mythe de séparation des eaux pour se frayer un chemin a été utilisé à plus d’une fois dans les récits bibliques. On le retrouve dans le récit des chapitres III et IV du livre de Josué où il est dit que les eaux du Jourdain ont miraculeusement été coupées permettant ainsi aux prêtres transportant l’Arche de Jéhovah de traverser sans se mouiller les plantes de leurs pieds.

Nous retrouvons, encore une fois, un récit similaire dans le chapitre II du deuxième Livre des Rois où il est dit dans le verset 14 que « Élisha frappa les eaux et celles-ci se partagèrent d’un côté et de l’autre, de sorte qu’Élisha passa ».

Pour comble, au terme du conte hagiographique de Moïse, l’auteur du texte biblique nous annoncera dans les versets 5 à 7 du chapitre XXXIV de Deutéronome la mort énigmatique de Moïse au pays de Moab, à l’âge de 120 ans, et nous fera croire sans sourciller que c’était Dieu lui- même qui a enterré Moïse et que personne n’a jamais connu sa tombe à ce jour !

Au vu de ces absurdités bibliques, il y a lieu de se demander si Moïse avait vraiment existé et s’il a vraiment écrit la Genèse et les quatre autres livres de la Thorah !

LA PROCHAINE SÉRIE PORTERA SUR :

  « LE MYTHE DU JARDIN D’ÉDEN »

À SUIVRE…

 

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MOÏSE ET LE JARDIN D’ÉDEN (2/4)

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L’immigration d’Abraham de la ville Our des Chaldéens au pays de Canaan et l’installation de Jacob et de sa maisonnée au pays de Goshen en Égypte devaient s’inscrire dans le cadre de la stratégie de domination des Hyksos sur cette grande partie du monde de la haute antiquité allant de l’Euphrate au Nil. Nous aurons également l’occasion de revenir sur le récit de l’installation de Jacob et de sa maisonnée dans le pays de Goshen en Égypte en rapport avec les mythes fondateurs du Jardin d’Éden et de la Terre promise.

Pour barrer militairement la route aux tentatives d’invasion de leurs ennemis du Nord, les Hyksos ont fortifié l’Isthme de Suez qui relie l’Asie à l’Afrique en transformant la ville Ha- ouar – également connue sous le nom de « Avaris » – en une garnison militaire servant de base de formation et d’entrainement de deux cent quarante mille soldats. Leur force militaire leur permettait non seulement de sécuriser leurs frontières septentrionales mais également et surtout de mettre fin à plus de deux cents ans de résistance des princes de Thèbes et anéantir leur XVème dynastie. Dès lors, les Hyksos ont fondé la XVIème dynastie égyptienne et régné en maîtres absolus de l’Égypte.

Après une période de plus de cent cinquante années de guerre d’indépendance, les thébains parviennent à repousser les rois-pasteurs vers Memphis et à fonder la XVIIème dynastie égyptienne mettant ainsi fin à plus de six siècles de domination des Pasteurs. À la cinquième année du règne d’Ahmès 1ier, fondateur de la XVIIIème dynastie, les égyptiennes réussirent à s’emparer de Ha-ouar et à repousser les Pasteurs vers la Syrie ouvrant ainsi la voix à une ère d’expansion de l’empire égyptien vers l’Éthiopie au sud, la Lybie à l’ouest et, au nord, vers la Syrie jusqu’au royaume de Chaldée.

Dans ce cycle de lutte pour la domination entre les grandes puissances en place à l’époque de la haute antiquité, les Pasteurs avaient établi leur domination de l’Euphrate au Nil et les Égyptiens avaient pris leur revanche, par la suite, en étendant leur domination du Nil jusqu’à l’Euphrate. L’enjeu géopolitique de la haute antiquité se jouait ainsi dans les limites géographiques allant de l’Euphrate au Nil et du Nil à l’Euphrate mettant aux prises l’Égypte, au Sud-Ouest, et les grandes puissances de l’Est. Dans ce cadre géopolitique, le pays de Canaan se présente comme une zone tampon entre l’Égypte et les puissances de l’Est du fait de son emplacement géographique stratégique reliant l’Asie à l’Afrique. À cet égard, les auteurs de l’ouvrage intitulé « Les Guerres bibliques » nous rapportent que le pays de Canaan avait fait l’objet d’une invasion égyptienne lors d’une campagne militaire conduite par Uni, le général du pharaon Pépi 1ier, au cours du XXIVème siècle avant Jésus-Christ. En commentant cet évènement qu’ils rapportent à partir d’une inscription sur la tombe du général Uni, les auteurs de l’ouvrage en question nous précisent que « la campagne d’Uni précède de mille ans l’installation des Israélites dans ce qui est devenu la province égyptienne de Canaan. ».

La fin de la domination des koushites sur l’Égypte et la reprise du pouvoir par les égyptiens n’a pas mis fin à la présence des israélites dans le pays mais elle a soumis les fils d’Israël au statut de peuples soumis à l’esclavage sous l’autorité de la XVIIème dynastie égyptienne. Il semble que les fils d’Israël avaient préféré le statut d’esclavage au retour hasardeux au pays de l’Orient, mais, la situation est devenue plus contraignante et plus servile tant pour les fils d’Israël que pour l’ensemble des peuples soumis à l’esclavage entrainant, après coup, des révoltes concomitantes avec l’affaiblissement du pouvoir central de la XIXème dynastie égyptienne.

Dans « Les Guerres bibliques », les auteurs de l’ouvrage présentent la situation des fils d’Israël en Égypte sous ces termes :

« Après cette reconquête [de Canaan par l’Égypte], les tribus hébraïques vivant en Égypte y demeurèrent des étrangers suspects de sympathie avec les derniers Hyksos installés sur des points de résistance en Palestine [lire pays de Canaan] et en Syrie, et de certains autres groupes non égyptiens du Nord. Ils devinrent ce qu’un planificateur militaire du XXème siècle appellerait ‘’ un risque potentiel permanent pour la sécurité’’. »

 À SUIVRE ….

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MOÏSE ET LE JARDIN D’ÉDEN (1/4)

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La Torah ouvre le bal avec le mythe du Jardin d’Éden qui débouche, à son tour, sur le mythe de « la Terre promise » et qui aboutit par la suite à l’épopée de l’exode et à la conquête du « Jardin d’Éden ».

Le mythe du Jardin d’Éden et celui de « la Terre promise » se confondent et se révèlent donc au cœur même de la Torah tout en demeurant intimement liés au destin et au salut des fils d’Israël dans le cadre du mythe d’une alliance qui fait du peuple élu l’armée terrestre du Dieu d’Israël en juxtaposition avec l’armée céleste du Dieu.

La sortie des fils d’Israël de l’Égypte vers la « Jardin d’Éden » a servi de prétexte à la tradition israélite pour attribuer à Moïse la paternité la Torah qui laisse entrevoir des liens mystérieux entre le mythe du Jardin d’Éden et celui de « la Terre promise ». En fait, les liens entre ces deux mythes bibliques ne sont perceptibles qu’à travers une lecture minutieuse des livres de la Torah qui mettent en avant la scène du Jardin d’Éden pour passer, par la suite, de l’épisode des patriarches transmetteurs du mythe de l’héritage de la terre promise à l’épisode de la constitution d’une armée de Dieu qui vise la récupération de « la Terre promise » renaissant des cendres du Jardin d’Éden.

Pour mieux dissiper les camouflages des textes bibliques et se donner les moyens d’élucider les talismans du hiatus intercalé entre le mythe du Jardin d’Éden et celui de « la Terre promise » dans la Torah, nous nous proposons de situer l’épisode de l’exode du peuple d’Israël dans son contexte historique et géopolitique. Cette démarche nous permettra de trouver une plateforme commune qui situerait aussi bien le Jardin d’Éden que la Terre promise et l’exode du peuple d’Israël dans un même espace géographique.

Historiquement parlant, l’immigration des fils d’Israël en Égypte s’inscrivait dans le cadre de l’invasion de l’Égypte, au cours du XVIIIème siècle avant Jésus Christ, par les Koushites communément connus sous le nom des Hyksos ou des Rois-pasteurs ou encore les Orientaux originaires de l’Asie occidentale. Les Hyksos sont des orientaux qui « se sont concentrés dans leur majorité, dès la plus haute antiquité, sur la rive occidentale et méridionale du golfe persique ». Ces orientaux constitués d’un groupement hétérogène de peuplades nomades se sont dirigés de l’Orient vers l’Ouest à destination de l’Égypte ruinant ainsi tous les pays qui se trouvaient sur leur chemin. Ils ont ainsi occupé la Syrie et le pays de Canaan au moment où l’Égypte sombrait dans le chaos de la guerre civile. Les auteurs du livre intitulé « Les Guerres Bibliques » nous apprennent, de leur côté, que « Les Hyksos avaient conquis l’Égypte en employant pour la première fois et sur une grande échelle le char de combat. »

Dans leurs souvenirs, les égyptiens gardaient des Hyksos l’image de peuplades nomades qu’ils qualifiaient de « barbares », de « voleurs » et de « pillards » aussi nombreux que les sauterelles. Nous aurons l’occasion d’évoquer la notion de l’Orient et des Orientaux en rapport avec le mythe du Jardin d’Éden et celui de la Terre promise. Mais retenons pour le moment que l’image peu reluisante que se faisaient les égyptiens des Hyksos venant de l’Orient est, curieusement, la même image que se feraient les fils d’Israël des orientaux qui les attaquèrent aux temps de Juges.

En maintenant la pression sur l’Égypte, les Hyksos finirent par envahir la Basse-Égypte et élire Memphis comme capitale à l’entrée stratégique du Delta du Nil. Cependant, comme le note Gaston Maspero, les Hyksos devaient faire face, d’un côté, aux conquérants élamites de la Chaldée et aux convoitises des Cananéens stationnées en Syrie au nord du Delta du Nil et, d’un autre côté, aux princes du royaume de Thèbes qui ont organisé la résistance au Sud de Égypte.

Les Élamites et les Cananéens cités par Gaston Maspero dans ce conflit géopolitique de la haute antiquité entre l’Orient et l’Occident du monde antique présentent un intérêt qui ne manque pas d’importance pour notre exploration des mythes fondateurs du Jardin d’Éden et de la Terre promise. Dans cette perspective, nous aurons l’occasion d’évoquer Élam dans le cadre de la guerre des neufs rois au cours de laquelle le patriarche Abrahama joué un rôle héroïque qui lui a valu la bénédiction de Melchisédech, le roi de Salem et prêtre du Dieu Très-Haut. Abraham y aurait joué le rôle d’un allié aux Hyksos contre les cananéens et les Élamites au cours de cette période de l’histoire de la haute antiquité.

De leur côté, les Hyksos ont favorisé l’immigration des sémites au pays de Canaan et en Égypte pour maintenir et renforcer leur pouvoir sur l’ensemble des territoires conquis. Les auteurs du livre intitulé « Les Guerres Bibliques » nous apprennent à cet effet que :

« Pour conserver leur emprise aussi bien sur l’Égypte que sur la zone de passage de la Palestine qui leur permettait le contact avec leurs cousins de la Syrie et de l’Asie Mineure, ils encouragèrent l’implantation des dits peuples cousins à la fois en Égypte et en Palestine. »

À SUIVRE ….

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