Démêlés d’Elias Malka

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Elias Malka n’était pas un personnage marocain ordinaire d’après le reflet de son portrait véhiculé tant sur la toile de l’internet que dans le récit de voyage intitulé « Le Maghreb de Gilles Proulx » . Elias Malka était un proche des hautes sphères du pouvoir au Maroc, un directeur de la chambre de commerce du Maroc-Canada, un président d’honneur d’une association de la communauté marocaine au Québec et un homme qui avait laissé derrière lui des mécontents de différents bords et de différentes nationalités. Nous y trouvons le journaliste québecois Gilles Proulx, un homme d’affaires belge et la communauté marocaine au Québec.

ELIAS MALKA ET LE JOURNALISTE GILLES PROULX:

Le journaliste québécois, Gilles Proulx, ne lui aurait pas consacré fortuitement nombre de passages dans son récit s’il était un simple personnage ordinaire. Dans ces passages, le journaliste québécois laisse transpirer son mécontentement à l’endroit d’Élias Malka.  Ce personnage, dont le reflet du portrait est peu flatteur, lui avait promis de le présenter au souverain marocain Hassan II et il n’a jamais pu honorer sa promesse.

L’histoire remonte à 1996 lorsqu’un certain Elias Malka alors directeur de la Chambre de Commerce Canada-Maroc demanda à  Gilles Proulx de venir animer, au Hilton Bonaventure, un gala réunissant les notables de la communauté marocaine de Montréal et du Québec. C’était une soirée de gala dont l’aura avait été rehaussée par la présence de Pierre Bourque, maire de Montréal, Louise Arel, ministre de l’immigration, et de l’ambassadeur du Royaume du Maroc à Ottawa, Tajeddine Baddou.

En fin de cette soirée de gala, Gilles Proulx fut invité par Elias Malka à rejoindre la scène aux fins de lui rendre hommage publiquement pour son amour du Maroc. Il fût, en l’occurrence, nommé « Citoyen honoraire du Maroc au nom de Sa Majesté le roi Hassan II ». L’ambassadeur du Maroc et le directeur de la Chambre de Commerce de Canda-Maroc lui promirent alors de lui organiser une rencontre avec le souverain marocain Hassan II. Une promesse qui ne s’est jamais faite concrétisée.

Plus tard, Gilles Proulx a appris, à sa belle surprise,  par l’entremise de la presse, que « Élias Malka a été arrêté au Casino de Montréal pour tricherie et qu’on l’a flanqué en prison avant de le déporter dans son royaume ». Depuis, Gilles Proulx commença à réaliser que le certificat de citoyen honoraire du Maroc ne lui apporte pas ce qu’il en aurait espéré et il décida de le remettre aux Archives nationales du Québec.

Indéniablement, le récit de Gilles Proulx ne reflète pas un portrait flatteur d’Elias Malka. On dirait qu’il voulait faire connaitre ce personnage aux maghrébins et aux personnes concernées au Maroc ou par le Maroc. En fait, qui parmi les maghrébins ne pourrait être tenté par la lecture d’un livre dont le titre accrocheur (Le
Maghreb de Gilles Proulx
) fait passer le Maghreb pour une propriété de Gilles Proulx? 

ELIAS MALKA ET UN HOMME D’AFFAIRES BELGE:

Personnellement, c’est à  travers ce récit que j’ai  connu le nom d’Elias Malka, ce personnage horsde pairs.  Il a particulièrement  attiré mon attention  et je  l’ai noté dans un article  intitulé (Le Maghreb de Gilles Proulx), publié antérieurement dans ce blogue.  Plus tard, et à ma grande surprise, un commentaire d’un lecteur  se  présentant en profile d’un homme d’affaires belge retentit dans mon courriel me révélant ainsi un aspect du profile d’Elias Malka reflété dans le monde du Web.

Dans son commentaire,  le lecteur en question laisse entendre qu’Elias Malka se présenterait à lui comme étant un homme très proche de l’entourage du souverain marocain Hassan II, mettant à contribution ses médailles d’honneur et ses photos avec le souverain du Maroc, et qu’il avait réussit de la sorte à convaincre sa victime de lui remettre une belle somme de l’ordre de 2300000 dollars américains à titre de prêt de courte durée. Dès lors, le prêt s’est avéré une perte irrécouvrable et le nom d’Elias Malka est devenu comme un torchon rouge qui ne peut passer inaperçu devant les yeux d’une victime à la recherche d’un justicier de la providence.

Le nom d’Elias Malka a par ailleurs fait l’objet d’un article du journaliste marocain Abderrahim Khouibaba, le fondateur en mars 1996 du « Maghreb Observateur »,   un journal orienté vers les problèmes de la communauté maghrébine au Québec. Dans un article intitulé (OTAGE D’IMPOSTURES) qui traite des rapports de la communauté avec les autorités marocaines au Canada et de l’historique des associations marocaines au Canada, le journaliste marocain projette un profile d’un Elias Malka très contesté par la communauté marocaine au Québec.

A la lecture de cet article, la victime a réagi par une lettre intitulée « Lettre d’un belge à propos d’un certain M. Malka«  adressée à Abderrahim Khouibaba, dans laquelle il évoque des détails sur les moyens de persuasions deployés par Elias Malka: « Malka nous avait montré ses photos avec Sa Majesté le Roi Hassan II, et même un chèque signé par Sa Majesté, pour million de dollars. Aussi, il se vantait de ses décorations royales« , précise la lettre en question. 

L’auteur de cette lettre va encore un peu plus loin en s’interrogeant sur l’existence même de la-dite Chambre de commerce Maroc-Canada. Je vous laisse le soin de lire cette partie finale de la lettre pour en comprendre la finalié : « Avec ses actes, Malka avait encore utilisé de fausses factures sur des sociétés inexistantes, et s’est maintes fois aussi montré comme le président de la Chambre de commerce, qui d’après mes informations, n’existe que dans l’esprit de ce Malka ?? Je ne sais pas si dans ma quête difficile, vous pourriez m’aider de quelque façon, mais en tout cas, après avoir lu votre article sur OTAGE D’IMPOSTURES, je tenais à vous informer sur cette personne Malka« .

ELIAS MALKA ET LA COMMUNAUTÉ MAROCAINE AU QUÉBEC:

Dans son article intitulé « OTAGE D’IMPOSTURES« , Abderrahim Khouibaba livre un autre récit: il s’agit du démêlé de la communauté marocaine au Québec avec Elias Malka qui, lui, occupait alors les postes de directeur de la chambre de commerce Maroc-Canada et de président d’honneur de l’association de la communauté marocaine au Québc. Elias Malka avait voulu s’accaparer le nom de cette aasociation comme il l’avait fait pour la chambre de commerce du Maroc au Canada, précise le contenu de l’article d’Abderrahim Khouibaba.  

La communauté marocaine a fini par exprimer son mécontentement par le biais d’un communiqué distribué dans toutes les mosquées suivi, plus tard, d’une pétition signée par plus de deux milles musulmans à travers le Canada pour montrer leur désaccord avec cette association, rapporte Abderrahim Khouibaba avant de terminer son article par la note suivante: « Le 4 octobre 1996 à 3h30 du matin au Casino de Montréal, Malka était arrêté pour tricherie par la Sûreté du Québec, depuis ce temps, on a plus revu cet homme de 70 ans. Et aujourd’hui, cet épisode fait aussi parti du passé .« 

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Un suicide qui relance l’égalité des sexes au Maroc

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Qui ne peut être attristé par la nouvelle de suicide d’une adolescente marocaine de 16 ans qui avait été forcée de se marier à l’homme qui l’avait violé auparavant? Le suicide de la jeune Amina Filali était vraiment un évènement sensationnel que des chaines de télévision arabes, comme 2M, Al-Jajeera et MBC, avaient mis en relief à une échelle qui dépasse largement les frontières du Maroc.

Plusieurs millions de personnes à travers le monde ont été touchées par cette nouvelle qui avait surgi dans le sillage d’un printemps arabe qui, lui, devient de plus en plus sanguinaire et chaotique. Personnellement, je suis habitué à lire dans la presse qui, sporadiquement, rapporte les nouvelles de suicides et tentatives de suicide au Maroc. L’opinion publique ne s’y arrête même pas pour en connaître les causes et les effets. A priori, ce n’est pas une priorité de la société.

Le suicide de l’adolescente Amina Filali est sorti des sentiers battus et a fait l’objet d’une large médiatisation. C’était une information de qualité qui pouvait mettre à l’épreuve le nouveau gouvernement d’obédience islamique qui venait juste d’accéder au pouvoir dans l’aura islamiste du printemps arabe en Tunisie, en Égypte et en Libye.

Ce suicide était visiblement une occasion d’or pour les détracteurs des islamistes à l’intérieur comme à l’extérieur du Maroc. Pourtant le mariage vraisemblablement forcé de l’adolescente Amina Filali était conclu sur la base de l’article 475 du code pénal marocain qui n’a jamais été abrogé sous la gouvernance des socialistes. Ce n’était fort probablement pas une priorité. Où est donc le hic?

Des questions s’imposent pour mieux appréhender l’ampleur médiatique donnée au suicide de l’adolescente Amina Filali:
Qui, en fait, avait empêché les partis socialistes d’agir et d’abroger l’article 475 du code pénal? Que faisaient les associations féministes du temps du Premier ministre socialiste Abderrahmane El-Yousfi?
Étaient-elles entrain de manifester pour mettre l’homme et la femme dos à dos dans le chimérique plan de développement de la femme au lieu de s’occuper de la question de la famille face à l’injustice et à l’exclusion sociale et des hommes et des femmes?
Est-ce que ces associations féministes croient vraiment aux droits de l’homme et à l’égalité des sexes à l’occidentale?
L’affaire du suicide de l’adolescente Amina Filali interpelle toute la société. Il n’est pas commode pour une société de tenter d’esquiver les vrai questions. Une crise d’identité entre le traditionalisme et le modernisme, entre l’adolescence et la maturité, ne peut être surmontée en se mettant la tête dans le sable. Il faut que chacun apporte son grain de sel. Je laisse la chance à tout un chacun de méditer sur les questions suivantes :
Pourquoi des hommes se permettent de violer les femmes dans ce pays arabo-islamique?
Pourquoi des personnes du sexe féminin font du mariage une promotion sociale et non pas un mariage pour le bien et pour le pire?
Pourquoi le juge et le tribunal de la famille avaient-ils autorisé ce mariage?
Est-ce que le juge avait un intérêt dans le contrat ou a-t-il tout simplement appliqué la loi? Qu’aurait fait le juge si l’adolescente en question était sa propre fille?
Pourquoi les parents de l’adolescente étaient impuissants tout au long du processus?
Quels droits ont les enfants mineurs sur leurs parents?
Est-ce que les parents sont responsables de leur acte de procréer?
Les femmes et les associations féministes sont-elles prêtes à affirmer l’égalité des sexes en renonçant au droit à la dot que leur confère la loi islamique par exemple pour être plus crédibles?
Est-ce que les associations féministes sont prêtes à demander la participation et de l’homme et de la femme aux charges familiales ou préfèrent-elles, au contraire, s’attacher à la loi islamique qui leur permet de conserver leurs salaires et dépenser les salaires de leurs maris?
Est-ce que les associations féministes croient vraiment à l’égalité des sexes quel que soit le statut social de l’individu?

Personnellement, j’ai été vivement choqué en apprenant la nouvelle de cette adolescente et je n’ai pas pu avaler comment une fille adolescente fut mariée à l’homme qui l’avait violé auparavant. Cette une incitation au viol des adolescentes car, au sens universel de la loi, les filles mineures sont des mineures même si elles consentent.
Je n’ai pas pu avaler comment un tel acte de mariage aurait été conclu à la faveur de l’article dit 475 du code pénal marocain, sous l’égide d’un dit-tribunal de la famille et la bénédiction des parents de la victime? Il devrait y avoir dans cette affaire trop de confusion tant que la société n’est pas prête à se regarder dans le miroir.

C’est une société composite où les ambigüités et les contrastes coexistent. Des femmes sont devenues policières, Caïds d’arrondissements, juges, parlementaires, ministres et ambassadrices au moment où une adolescente qui avait été violé fût mariée à l’homme qui l’avait violé. Le contrat du mariage a été, de surcroit, conclu en application de l’article 475 du code pénal marocain avec l’assentiment des parents de la victime et la bénédiction du tribunal de famille. De quelle famille parle-t-on?!